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Tel-Aviv a libéré Ghassan Dirani détenu sans jugement depuis 13 ans(photo)

CHRONOLOGIE
06/04/2000
Israël a libéré hier Ghassan Dirani, âgé d’une trentaine d’années, détenu sans jugement dans une prison de l’État hébreu depuis 13 ans, et l’a conduit à la frontière libano-israélienne, où il a été remis à la Croix-Rouge internationale. Ghassan Dirani, neveu du chef intégriste Moustapha Dirani – qui avait été enlevé par Israël en 1994 – a été conduit jusqu’à la Porte de Fatima, un des points de passage sur la frontière internationale entre Israël et la zone occupée par l’État hébreu au Liban-Sud, où une délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) l’a pris en charge. Il a été aussitôt embarqué à bord d’un véhicule du CICR, qui devait le conduire à Kfarfalous, où il devait être remis à l’armée libanaise. À Beyrouth, la délégation du CICR avait indiqué auparavant que Ghassan Farès Dirani, fait prisonnier en 1987 à l’âge de 18 ans, devait être libéré. «Des représentants du CICR sont allés à la frontière libano-israélienne pour organiser le transfert du prisonnier au Liban. Il devrait cet après-midi (hier) être réuni avec sa famille en présence des autorités libanaises, à Kfarfalous», a déclaré le délégué du CICR au Liban, Henry Fournier. «J’ai été kidnappé à l’âge de 22 ans dans les “régions Est” par les Forces libanaises de Samir Geagea, qui m’ont ensuite livré à Israël, où je suis resté 13 ans en prison», a déclaré Ghassan Dirani à l’AFP. À Jérusalem, une source judiciaire citée par l’AFP a indiqué que la décision de libérer Ghassan Dirani a été prise parce que ce dernier était souffrant. «La mesure de détention administrative de Ghassan Dirani sera levée aujourd’hui à la suite d’une décision du président du tribunal de district de Tel-Aviv, Uri Goren», a pour sa part annoncé une porte-parole du tribunal, Anat Naor. Moustapha Dirani, chef d’Amal croyant est pour sa part toujours détenu en Israël après son enlèvement de son domicile dans la Békaa par un commando israélien. Il est considéré comme un «détenu administratif», c’est-à-dire maintenu en prison sans jugement pour des périodes indéfiniment reconductibles de six mois. Récemment, son avocat israélien a accusé ses geôliers de lui faire subir toutes sortes de sévices, y compris sexuels, ce qui a conduit les autorités judiciaires israéliennes à ouvrir une enquête. Un autre chef chiite libanais, cheikh Abdel Karim Obeid, a été enlevé en 1989 au Liban, également par un commando israélien, et ramené en Israël où il est toujours au secret. Les autorités israéliennes entendent se servir d’eux comme monnaie d’échange contre la libération éventuelle de prisonniers de guerre israéliens ou récupérer les dépouilles de leurs militaires portés disparus. Elles entendent aussi se servir de ces deux otages libanais pour obtenir des informations sur le sort de l’aviateur israélien Ron Arad. Ce dernier est porté disparu depuis 1986 au Liban, mais Israël le considère comme vivant jusqu’à preuve du contraire. Israël détient par ailleurs 19 autres détenus administratifs libanais.

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