Dans son bureau de l’Assemblée nationale, dominant la place du palais Bourbon, Philippe Séguin admire une grande photo encadrée de la tour Eiffel. Au premier plan, un panneau publicitaire portant une affiche de son dernier livre (NOTRE TÉLÉPHOTO AFP). Depuis sa démission fracassante de la présidence du RPR, le 16 avril 1999, en pleine campagne des élections européennes, l’ancien président de l’Assemblée nationale, 56 ans, s’est replié dans ce bureau tapissé de livres et de photos, situé dans une aile isolée de l’Assemblée, le «Pavillon A». À l’étage en dessous sont installés deux de ses fidèles, François Fillon et Étienne Pinte, mais aussi... Françoise de Panafieu. Au début, il craignait l’inaction. Mais il a rapidement trouvé à s’occuper. Un premier livre : C’est quoi la politique ? manuel d’instruction rédigé avec une classe de CM2. Du sport pour perdre du poids. Une semaine par mois au Canada, où il donne des conférences à l’université de Montréal. Un deuxième ouvrage : Plus Français que moi tu meurs, sur les liens entre la France et le Québec. Et des interventions nombreuses dans les médias qui, bien qu’il n’ait plus de fonctions de premier plan, pensent toujours à lui pour réagir à la politique gouvernementale. Enfin, une interminable montée en puissance de sa candidature à la mairie de Paris. Jacques Chirac lui avait proposé le poste en 1995, au lendemain de sa victoire à la présidentielle. Il n’en avait pas voulu. Pour lui, c’était Matignon ou rien. Mais Matignon ne fut proposé qu’à Alain Juppé, renforçant la rivalité entre les deux hommes. Fils mal aimé de Chirac Philippe Séguin entretient d’ailleurs avec le président de la République une relation de fils mal aimé. Jacques Chirac, dit-on, supporte mal le caractère ombrageux de ce pied-noir député des Vosges. Philippe Séguin, incontrôlable, ne s’était-il pas opposé à lui dès 1990, en menant la fronde avec Charles Pasqua au congrès du Bourget ? Pourtant, il fut l’un des principaux artisans de la victoire de Jacques Chirac en 1995, en incarnant le thème de la «fracture sociale». Et c’est lui qui reprend la présidence d’un RPR abasourdi par la défaite provoquée par la dissolution de 1997. Quand il claque la porte de la rue de Lille, il l’explique par le manque de soutien de l’Élysée. Né à Tunis le 21 avril 1943, il n’a que 17 mois lorsque son père meurt à 22 ans sous les balles allemandes, en libérant la Franche-Comté. Il en tire un attachement viscéral à la nation, à la république, qui explique, en partie, son opposition au traité de Maastricht en 1992. Un épisode qui a fondé sa stature politique mais qui, aujourd’hui, constitue pour lui une difficulté. Certains, comme Charles Pasqua, lui reprochent de s’être converti un peu trop facilement au traité d’Amsterdam. L’UDF, en revanche, en avait fait son principal argument pour justifier sa décision de ne pas se ranger derrière lui pour les européennes.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Dans son bureau de l’Assemblée nationale, dominant la place du palais Bourbon, Philippe Séguin admire une grande photo encadrée de la tour Eiffel. Au premier plan, un panneau publicitaire portant une affiche de son dernier livre (NOTRE TÉLÉPHOTO AFP). Depuis sa démission fracassante de la présidence du RPR, le 16 avril 1999, en pleine campagne des élections européennes, l’ancien président de l’Assemblée nationale, 56 ans, s’est replié dans ce bureau tapissé de livres et de photos, situé dans une aile isolée de l’Assemblée, le «Pavillon A». À l’étage en dessous sont installés deux de ses fidèles, François Fillon et Étienne Pinte, mais aussi... Françoise de Panafieu. Au début, il craignait l’inaction. Mais il a rapidement trouvé à s’occuper. Un premier livre : C’est quoi la politique ? manuel...