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Actualités - Reportages

La part du lion aux Britanniques

La victoire de American Beauty était une quasi-certitude. Certes, le film de Sam Mendes se mesurait à des concurrents de poids – notamment The Insider et The Green Mile – mais les paris portaient moins sur sa victoire que sur le nombre de récompenses qu’il allait rafler. Les 5 Oscars remportés par ce film plébiscitent la mode des films de style indépendant, financés par les studios de taille moyenne. On aura rarement vu compétition aussi féroce dans les catégories artistiques. Toutes les prestations dans toutes les catégories d’acteurs étaient fantastiques cette année. La victoire de Kevin Spacey n’était pas tout à fait attendue, on prédisait plutôt l’Oscar à Denzel Washington. Mais Spacey est actuellement en tête des talents de Hollywood. Son assurance et sa rigueur au cinéma sont comparables à celles de Tom Hanks ou de Jack Nicholson. Déjà son rôle dans Usual Suspect (qui lui a valu son premier Oscar) était très proche de la perfection. Cette fois, l’acteur a tenu à changer son image de «vilain» et sa victoire confirme qu’il a atteint cet objectif. Il n’empêche qu’il serait injuste de prétendre que la prestation de Spacey dans American Beauty soit supérieure à celle de Russel Crowe dans The Insider. Crowe a réussi à sortir de lui-même pour entrer dans la peau de son personnage. Côté femmes, la victoire de Hilary Swank sur Annette Bening se justifie par son personnage : ce rôle est tellement difficile et complexe, qu’elle méritait son trophée rien que pour l’énergie consacrée à faire ce film. Le même argument explique la victoire de Angelina Jolie : la fille de Jon Voight est belle et talentueuse, plaît à Hollywood et, surtout, n’hésite pas à être audacieuse dans ses rôles. On lui prédisait un succès fulgurant depuis l’an dernier déjà. C’est dans la catégorie meilleur second rôle masculin que le choix fut le plus difficile. Tom Cruise méritait indubitablement l’Oscar ; sa prestation dans Magnolia est époustouflante! Haley Joel Osment dans The Sixth Sense et Michael Clarke Ducan dans The Green Mile étaient aussi excellents. Il n’empêche que la victoire de Michael Caine (qui en est à son deuxième Oscar après Hannah and her Sister) a plu davantage qu’elle n’a surpris. Cynique et touchant La presse de Londres est en liesse ! Avec Sam Mendes, Michael Caine, Phil Collins (meilleure chanson), deux recompenses à Topsy-Turvy de Mike Leigh (meilleur costume et meilleur maquillage), et un Oscar du meilleur documentaire, le palmarès de cette année rend hommage au talent britannique (certes sous tutelle américaine). Sam Mendes est déjà comparé à Orson Welles puisque tous deux ont réussi leur passage du théâtre au cinéma. Le travail d’équipe dans American Beauty est aussi une raison du succès du film : Sam Mendes, le scénariste Alan Ball et le cinématographe Conrad Hall ont réalisé un véritable parcours du combattant qui s’est achevé par leur consécration. Le scénario de Being John Malkovich, par exemple, était de loin le plus inventif et celui de Magnolia le plus profond, mais l’histoire d’Alan Ball s’est distinguée parce qu’elle est cynique et touchante. The Cider House Rules a finalement réussi à se démarquer grâce aux victoires de Caine et du scénariste romancier John Irving (lauréat de l’Oscar du meilleur scénario adapté), mais il est bien dommage qu’un film aussi excellent que The Insider soit passé inaperçu : il méritait les récompenses de meilleur acteur, meilleure réalisation et meilleure cinématographie. Billy Crystal, de retour après une pause l’an dernier, a confirmé ses talents de présentateur. Il a fait de son mieux pour «épicer» une soirée dont l’atmosphère était légèrement insipide. L’Académie n’a pas cherché très loin : Antonio Banderas et Peneloppe Cruz ont remis le trophée du meilleur film étranger, ce qui confirmait à l’avance que c’était Pedro Almodovar qui allait rafler la récompense ! Un article du New York Times a d’ailleurs fait beaucoup de bruit aux États-Unis : il insinue que l’Académie impose ses préférences quant aux résultats.
La victoire de American Beauty était une quasi-certitude. Certes, le film de Sam Mendes se mesurait à des concurrents de poids – notamment The Insider et The Green Mile – mais les paris portaient moins sur sa victoire que sur le nombre de récompenses qu’il allait rafler. Les 5 Oscars remportés par ce film plébiscitent la mode des films de style indépendant, financés par les studios de taille moyenne. On aura rarement vu compétition aussi féroce dans les catégories artistiques. Toutes les prestations dans toutes les catégories d’acteurs étaient fantastiques cette année. La victoire de Kevin Spacey n’était pas tout à fait attendue, on prédisait plutôt l’Oscar à Denzel Washington. Mais Spacey est actuellement en tête des talents de Hollywood. Son assurance et sa rigueur au cinéma sont comparables à celles de...