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Actualités - Opinion

Les 100 jours

100 jours nous séparent de la date fixée par les Israéliens pour leur retrait du Liban-Sud. Comment s’effectuera ce retrait ? Se fera-t-il en accord avec la Syrie ou sans accord du tout ? En application de la résolution 425 ou sans référence à cette résolution ? Quel sera le rôle des Nations unies ? Autant de questions qui sont, dans l’état actuel des choses, sans réponses. Le seul fait certain est que le retrait aura lieu. Pour les Libanais, l’événement est capital. Le départ des troupes israéliennes est une victoire, la première dans l’histoire du conflit arabo-israélien. Et cette victoire est l’œuvre des Libanais. Le pays le plus faible militairement parmi les pays arabes a réussi là où tous les autres ont échoué. Pourquoi ? Pour deux raisons essentielles: • La première est que son combat s’est fait dans le cadre défini par la légalité internationale puisque l’objectif était de forcer Israël à appliquer la résolution 425. • La seconde est que la société libanaise, contrairement aux autres sociétés arabes, a pu conserver sa vitalité et développer des moyens de lutte adaptés à sa situation. Elle l’a fait parce que le climat de liberté qui est essentielle au développement des sociétés et des individus a continué d’exister alors que partout ailleurs la liberté a été supprimée au nom de l’impératif de la lutte contre Israël. «Le Liban est un pays qui dévore ses conquérants». Cette mise en garde prémonitoire avait été faite par un journaliste israélien deux semaines seulement après le début de l’invasion israélienne de 1982. Les dirigeants israéliens ne l’ont pas prise en considération, estimant que les moyens qui leur ont permis de briser les armées arabes pouvaient également servir à casser la résistance des Libanais. Ils se sont trompés. Le Liban a été pour Israël ce que le Vietnam a été pour les États-Unis, le lieu où la force a dû s’incliner devant le droit. Mais cette victoire, avec le retrait israéliens qu’elle entraîne, semble poser problème à nos dirigeants. Pourquoi ? Parce qu’ils considèrent – à juste titre d’ailleurs – que l’objectif israélien est de parvenir à séparer les deux volets libanais et syrien de la négociation, ce qui aurait pour effet de vider la coordination entre les deux pays de tout contenu et d’affaiblir de ce fait la position syrienne.` Le but recherché par les Israéliens est évident. Ce qui l’est moins, c’est la tactique adoptée par nos dirigeants pour contrer les Israéliens. Pendant 22 ans, le Liban a réclamé avec insistance l’application de la résolution 425, rejetant toutes les conditions posées par Israël pour le retrait de ses troupes du Liban-Sud. Or cette position semble avoir changé: cette résolution est désormais assortie de conditions par nos dirigeants eux-mêmes, puisque son application est liée à la solution du problème des réfugiés palestiniens. Faute de quoi, le gouvernement libanais ne pourrait empêcher les Palestiniens de tenter d’obtenir leurs droits par la force en lançant, à partir du Liban-Sud, une guerre de libération contre Israël. La confusion est totale: la question des réfugiés n’a rien à voir avec la résolution 425. Elle ne peut être envisagée que dans le cadre des deux résolutions 242 et 338, et donc en relation directe avec la négociation syro-israélienne en cours. Le comportement de nos responsables est inquiétant. Mettre en échec la tactique israélienne en remettant en question ce qui, jusqu’aujourd’hui, a fait la force du Liban, à savoir respect du droit et son attachement aux principes de la légalité internationale, est une démarche éminemment dangereuse qui ne peut servir nos adversaires. Le retour des Palestiniens sur la scène libanaise, en tant que force militaire, remet également en cause le consensus national et menace, de ce fait, la résistance libanaise dont la force provient essentiellement de l’appui de la majorité des Libanais toutes communautés confondues. À cent jours du retrait israélien, le gouvernement ferait mieux de commencer à affronter la réalité et de laisser de côté la langue de bois que même les Arabes n’utilisent plus qu’avec parcimonie. Les pays de la région se préparent au changement. La Syrie a formé un nouveau gouvernement dans l’attente d’un congrès général du parti Baas. Les Iraniens sont engagés dans un débat décisif sur l’avenir de leurs relations avec les États-Unis après la reconnaissance par les Américains de leurs erreurs historiques concernant l’Iran. L’Égypte s’active pour la tenue d’un sommet arabe. Bref, l’ensemble de la région bouge. Il serait peut-être utile, dans ce moment crucial pour l’avenir du Liban, que le gouvernement fasse quelque chose, quelque chose d’utile. La polémique sur les prérogatives du Premier ministre, la propension du ministre de l’Intérieur à combler les «vides» du pouvoir, la reconnaissance par le président Hoss de la présence de criminels qui mériteraient la peine capitale à des postes-clés sont aujourd’hui des questions secondaires. L’essentiel est ailleurs.
100 jours nous séparent de la date fixée par les Israéliens pour leur retrait du Liban-Sud. Comment s’effectuera ce retrait ? Se fera-t-il en accord avec la Syrie ou sans accord du tout ? En application de la résolution 425 ou sans référence à cette résolution ? Quel sera le rôle des Nations unies ? Autant de questions qui sont, dans l’état actuel des choses, sans réponses. Le seul fait certain est que le retrait aura lieu. Pour les Libanais, l’événement est capital. Le départ des troupes israéliennes est une victoire, la première dans l’histoire du conflit arabo-israélien. Et cette victoire est l’œuvre des Libanais. Le pays le plus faible militairement parmi les pays arabes a réussi là où tous les autres ont échoué. Pourquoi ? Pour deux raisons essentielles: • La première est que son combat s’est...