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Actualités - Interviews

Dans le monde Entrevue avec Kevin Spacey à propos d'American Beauty (photos)

Qui peut oublier sa prestation dans «Usual Suspects» de Brian Singer ? Son incarnation de l’handicapé mental schizophrène a valu à Kevin Spacey l’Oscar du meilleur second rôle. Malgré près de 20 ans d’expérience dans le cinéma et le théâtre, il n’a connu la gloire que depuis «Seven» de David Fincher. Ses rôles dans «Midnight in the Garden of Good and Evil» de Clint Eastwood ou «L.A. Confidential» de Curtis Hanson marquent une envie de changer le cours de sa carrière. L’objectif fut atteint avec «American Beauty», où son incarnation de Lester Burnham lui a valu sa première nomination aux Oscars dans un rôle principal. Raya Abi-Rached l’a interviewé à Londres. L’Orient-Le Jour : Quelle a été votre première impression en lisant le script de American Beauty ? Kevin Spacey : J’ai pensé que ce scénario était la manière la plus subversive et hystérique de raconter une histoire. Un scénario parfait pour son temps, parfait pour moi. O.J. : Les dialogues vous ont-ils beaucoup fait rire sur le tournage ? K.S. : Énormément, surtout que Sam Mendes avait une approche très spécifique, celle de nous laisser essayer de nouvelles choses sur le plateau avant de nous rappeler à l’ordre. Ce qui devint très difficile à un moment donné, parce que Annette Benning est devenue comme «possédée» par son rôle (rires). Elle improvisait constamment. C’était assez terrifiant (rires). Elle riait presque sur tout. Il y eut des moments où nous avons dû répéter près de 15 fois la même scène avant qu’elle ne marche. Sam a su capter ces moments d’hystérie qui ont conféré un aspect «spontané» au film. O.J. : Donc aucune scène n’a été réécrite durant le tournage ? K.S. : Non, nous avions une confiance aveugle dans le scénario d’Alan Ball. Sam a coupé les mauvais bouts mais aucun changement n’a été opéré. Nous changions une ligne par-ci par-là, qui n’avait pas un ton comique, mais c’est tout ! O.J. : Dans le film il y a une grande ambiguïté entre tragique et comique. Était-ce voulu ? K.S. : Ce n’était pas à moi de prendre cette décision. Cet aspect a toujours existé dans le script et dans la tête de Sam. Il s’est amusé à montrer des émotions diverses. Nous avons tous senti beaucoup de choses, rires par-ci émotions par-là ! O.J. : Comment avez-vous opéré la transformation physique de Lester ? K.S. : J’ai fait de l’exercice pendant quatre mois, et tous les jours sur le plateau. C’était ennuyant, mais je l’ai fait ! (rires). Parfois, j’ajustais mes abdominaux pour paraître encore plus musclé, parce que les scènes où je devais paraître en forme physique se confondaient durant le tournage avec celles où je ne l’étais pas encore. C’était le seul moyen car le programme était très serré, parce que je me produisais en parallèle au théâtre dans The Iceman Cometh. Sam devenait fou ; il avait passé toute sa vie à remanier les horaires de théâtre en fonction de ses comédiens qui devaient tourner des films. Et quand il se met à la réalisation de films, il est contraint de remanier ses horaires pour ses acteurs qui font du théâtre ! O.J. : Vous avez un excellent flair pour choisir le «bon film», sur quoi vous basez-vous ? K.S. : Sur l’histoire. Peu m’importe qui jouera dedans – bien que parfois, on apprend le projet d’un certain réalisateur et on veut absolument s’y incruster ! Mais j’essaie de me concentrer sur l’histoire. Je réfléchis en trois étapes : d’abord, je ne veux pas savoir quel rôle m’est destiné. Dans ce cas, c’était évident, mais dans Usual Suspects, par exemple, j’ignorais qui j’allais jouer et j’ai moi-même demandé de jouer l’handicapé. Je recherche les scènes que je pense savoir bien jouer. Parfois, je lis un scénario et me dis : «C’est une histoire fantastique». Parfois, je sens que c’est un film génial, mais que je ne suis pas approprié. Et en troisième étape, je vérifie que le réalisateur a bien lu le scénario avec la même optique que moi. Avec Sam, cela a pris 30 secondes ! O.J. : Vous avouez vouloir changer votre image de «méchant» dans les films. Pourquoi ? K.S. : J’ai décidé que je ne voulais pas rester le nouveau «méchant» de Hollywood pour les 15 ans à venir, bien que cela aurait pu me rapporter beaucoup d’argent ! Et cela prend beaucoup de temps de changer son image. Mais le jeu en vaut la chandelle.
Qui peut oublier sa prestation dans «Usual Suspects» de Brian Singer ? Son incarnation de l’handicapé mental schizophrène a valu à Kevin Spacey l’Oscar du meilleur second rôle. Malgré près de 20 ans d’expérience dans le cinéma et le théâtre, il n’a connu la gloire que depuis «Seven» de David Fincher. Ses rôles dans «Midnight in the Garden of Good and Evil» de Clint Eastwood ou «L.A. Confidential» de Curtis Hanson marquent une envie de changer le cours de sa carrière. L’objectif fut atteint avec «American Beauty», où son incarnation de Lester Burnham lui a valu sa première nomination aux Oscars dans un rôle principal. Raya Abi-Rached l’a interviewé à Londres. L’Orient-Le Jour : Quelle a été votre première impression en lisant le script de American Beauty ? Kevin Spacey : J’ai pensé que ce...