Rechercher
Rechercher

Actualités - Reportages

Arc-en-ciel : la différence, un facteur d'enrichissement (photo)

À Arc-en-ciel, ce n’est pas un service que l’on vient solliciter, c’est un esprit. Cette association de réinsertion sociale, «travaillant avec et pour les personnes handicapées» comme le précise sa brochure à la couleur de l’amitié, a été bien au-delà des prestations ponctuelles rendues aux handicapés. Arc-en-ciel, c’est avant tout une mentalité, illustrée – dès l’accès à cet oasis de bienfaisance – par un accueil qui en dit long sur la philosophie de l’institution. Car ici, la bienfaisance n’est pas comprise comme un acte philanthropique et charitable. Ici on «aide la personne handicapée à devenir l’artisan de son propre développement», on lui apprend à devenir aussi indépendante que possible. Ce choix de l'autonomie est peut-être la clé même du succès de cette ONG, qui traite avec «des personnes différentes», une différence qui doit être considérée comme «facteur d’enrichissement possible» précisent les responsables . Organisation, ordre et convivialité, le tout accompagné d’une chaleur humaine dispensée à profusion, confèrent à l’endroit sa personnalité, son caractère propre. Comment professionnaliser le travail associatif et le gérer à la manière d’une entreprise privée ? Comment mettre en place un processus de partenariat avec le secteur public sans lequel aucun processus de développement ne peut être enclenché ? À Arc-en-ciel, c’est ce type d’interrogations que l’on a soulevé, depuis bien longtemps déjà. Les réponses sont venues l’une après l’autre «en fonction des nécessités relevées sur le terrain» et sur la base d’une gestion rationnelle, digne d’une grande entreprise privée . En bref, la philosophie de son action se résume par la formule suivante : «La gestion par les systèmes et non pas par les hommes». Les systèmes, souligne le directeur de l’institution M. Pierre Issa, servent à «garantir non seulement la régularité et la pérennité de l’œuvre sociale, mais aussi à la soustraire au clientélisme et l’arbitraire». Résultat : la personne handicapée dispose aujourd’hui d’une carte d’invalidité qui lui donne accès à certains services et droits qu’elle peut réclamer auprès d’institutions elles-mêmes accréditées, selon des normes officiellement reconnues. Armée d’une stratégie globale, et d’un ensemble de règles et de normes, qui servent à déterminer le cadre du travail, l’association a initié et collaboré à nombre de projets qui profitent à la personne souffrant d’une invalidité quelconque au plan individuel, mais aussi en tant que groupe. Ses responsables s’activent, depuis longtemps déjà, dans les coulisses des institutions publiques, afin de mettre en place et de consolider un partenariat avec tous les acteurs en présence, en premier avec l’État et les administrations concernées . Ainsi, dans le cadre de son action auprès des institutions publiques, visant à infléchir les différentes législations, Arc-en-ciel assure un appui au fameux programme «Accès et droits» développé par le ministère des Affaires sociales et le comité national pour les handicapés. On est déjà bien loin de l’amateurisme. Et l’idée d’une assistance reçue passivement par une personne dans le besoin a été longtemps bannie des pratiques de l’institution. «Notre mission, dira Pierre Issa, est d’aider la personne handicapée à s’aider elle-même». Le slogan n’a pas tardé à devenir réalité. Arc-en-ciel s’est convertie aux principes sacro-saints de la gestion privée avec pour simple devise : «Le client est roi», le client étant dans ce cas précis le bénéficiaire, en l’occurrence la personne handicapée. «Notre seule force, c’est notre clientèle», répètera sans cesse le directeur de l’association. Et ce n’est pas parce que le dévouement et la générosité humaine font partie intégrante de la culture associative qu’une ONG devrait pour autant dénigrer les lois du marché dont celle de proposer des produits et des services concurrentiels, même si ces termes peuvent avoir une résonance toute particulière dans le monde caritatif. «Ce n’est pas parce que nous traitons avec le social que notre gestion ne doit pas être performante et compétitive. Au contraire, c’est une raison de plus», affirme M. Issa. En tous les cas, la formule marche à merveille. Là réside tout le secret de la réussite de cette ONG, qui est parvenue à rationaliser le travail social. Comptant sur ses propres revenus, dans une proportion de 64 %, Arc-en-ciel aura réussi à imprégner les handicapés de cet esprit : travailler pour eux, et avec eux. Résultat : une structure organisationnelle exemplaire et une production importante d’équipements : conception, fabrication ou adaptation d’aides techniques diverses (fauteuils roulants, béquilles, cannes, etc.). Arc-en-ciel s’est fait également connaître à travers ses travaux d’artisanat, comprenant la production de faïence et de porcelaine, la restauration de tapis, et. le tout géré et produit en grande partie par les handicapés eux-mêmes... Bref, une formule à succès qui n’attend plus qu’à être appliquée dans d’autres secteurs. Ce qui ne tardera pas à venir, promettent les responsables .
À Arc-en-ciel, ce n’est pas un service que l’on vient solliciter, c’est un esprit. Cette association de réinsertion sociale, «travaillant avec et pour les personnes handicapées» comme le précise sa brochure à la couleur de l’amitié, a été bien au-delà des prestations ponctuelles rendues aux handicapés. Arc-en-ciel, c’est avant tout une mentalité, illustrée – dès l’accès à cet oasis de bienfaisance – par un accueil qui en dit long sur la philosophie de l’institution. Car ici, la bienfaisance n’est pas comprise comme un acte philanthropique et charitable. Ici on «aide la personne handicapée à devenir l’artisan de son propre développement», on lui apprend à devenir aussi indépendante que possible. Ce choix de l'autonomie est peut-être la clé même du succès de cette ONG, qui traite avec «des...