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Actualités - Reportages

De l'assistanat au développement un pas qualitatif à franchir (photo)

Tous les responsables d’ONG sont d’accord pour le dire : l’assistanat, s’il est encore inévitable, surtout en période de crise économique, n’est pas la solution à nos problèmes sociaux. C’est la raison pour laquelle plusieurs ONG ont récemment révisé leur orientation, en tentant de redéfinir leur mission sur le terrain. À défaut de pouvoir complètement se défaire de la «culture de l’assistance», les ONG se sont aujourd’hui converties à l’idée qu’il faut désormais promouvoir une culture de développement. Plusieurs se sont mises à redéfinir leurs objectifs à long terme, pour parvenir, petit à petit, à substituer à l’assistanat des projets de développement. Cette conversion est d’autant plus difficile que dans certains cas, la fonction caritative constitue l’activité de base de certaines ONG, comme c’est le cas pour Caritas . «Plusieurs personnes comptent sur nous et il nous est quasiment impossible de couper les aides sous prétexte qu’on fait du développement» affirme Mme Blanche Massaad, assistante sociale au sein de cette organisation et qui travaille sur le terrain depuis près de 15 ans. Elle connaît bien la misère, pour avoir accompagné les laissés-pour-compte dans leurs souffrances quotidiennes . «Ceux-là ont considérablement augmenté, et les gens ont plus que jamais besoin de nous», témoigne l’assistante sociale, qui reconnaît toutefois que leur action est aujourd’hui régie par une philosophie différente, plus orientée vers la recherche des solutions. «Tant que l’État n’assure pas une couverture médicale totale, l’assistance continuera», affirme Blanche Massaad. Responsable au sein du collectif des ONG, Ziad Abdel Samad réfute l’appellation de bienfaisance donnée à certaines ONG, de même qu’il rejette la distinction entre celles-ci et les ONG de défense des droits. «Car, dit-il, quand on parle de développement, on se dirige de plus en plus vers la notion de réalisation des droits économiques et sociaux». M. Abdel Samad soutient qu’il n’est plus possible de nos jours, de fournir sur «le marché caritatif» des services dont les coûts sont élevés. «D’où, la nécessité pour les ONG de faire pression sur le gouvernement, relève-t-il, afin d’infléchir la politique sociale et économique en fonction des besoins réels sur le terrain». De même, dit-il, il y a urgence à définir une politique globale de santé publique, une initiative incontournable pour épauler les ONG dans leurs efforts disparates. «Pour engager le processus de développement, une collaboration permanente entre l’État et la société civile s’impose», souligne un expert. «Il faut que la bienfaisance aboutisse au social et le social au développement et que le développement soit secondé par le politique», dit-il en faisant allusion à la nécessité de définir, au plus tôt, des politiques publiques. Malheureusement, ajoute cet expert, «la coopération entre le secteur public et le secteur associatif n’a pas encore été établie. Parfois, ce sont les ONG elles-mêmes qui ne sont pas à la hauteur. Mais il faut également reconnaîtr que les responsables ne sont pas encore convaincus qu’il faut faire participer l’action civile au domaine public». Encore faut-il que la concertation existe entre les différentes administrations, la communication entre les ministères concernés (Affaires sociales, Santé, Éducation, Environnement, Affaires municipales etc.) étant pratiquement inexistante, relève un responsable. Au plan local, quelques municipalités ont déjà engagé, très timidement, un processus de partenariat avec la société civile, et des initiatives éparses commencent à poindre à l’horizon. C’est peut-être le début d’un long chemin qui reste à parcourir.
Tous les responsables d’ONG sont d’accord pour le dire : l’assistanat, s’il est encore inévitable, surtout en période de crise économique, n’est pas la solution à nos problèmes sociaux. C’est la raison pour laquelle plusieurs ONG ont récemment révisé leur orientation, en tentant de redéfinir leur mission sur le terrain. À défaut de pouvoir complètement se défaire de la «culture de l’assistance», les ONG se sont aujourd’hui converties à l’idée qu’il faut désormais promouvoir une culture de développement. Plusieurs se sont mises à redéfinir leurs objectifs à long terme, pour parvenir, petit à petit, à substituer à l’assistanat des projets de développement. Cette conversion est d’autant plus difficile que dans certains cas, la fonction caritative constitue l’activité de base de certaines...