Maroun Asmar, doyen de l’Esib, vit à cent à l’heure. Ses lectures sont nombreuses et à dominante scientifique, des «lectures de travail», comme il les qualifie lui-même. Quant aux «lectures de repos», ses souvenirs datent de 1990. Blessé à la jambe par un obus, il a découvert, le temps de l’hospitalisation, Samarcande et Les croisades vues par les Arabes d’Amin Maalouf, ainsi que L’un sans l’autre d’André Fontaine. «Les deux derniers m’ont marqué par leur actualité historique, et les troublantes ressemblances politiques qu’il peut y avoir entre deux pays. Samarcande est un beau roman qui réveille l’imaginaire et les sentiments romantiques...». Les lectures quotidiennes de Maroun Asmar sont tournées vers l’information, où il y a peu de place pour la rêverie et les prouesses de style : articles, études et recherches sur les technopoles, les produits technologiques et la «société du XXIe siècle» (titre d’un papier de Jacques Attali récemment paru dans Le Monde) accaparent son attention. Sans parler de l’ordinateur et d’Internet, outils à double tranchant : «Ils aident évidemment la recherche et facilitent la concentration, commente-t-il, mais ils conduisent inévitablement vers une déshumanisation des rapports humains». L’intellectuel : en voie de disparition Et la lecture, dans tout cela ? La réponse de Maroun Asmar est claire : «Sans elle, nous sommes soumis et perpétuellement insatisfaits, car elle repose en permanence le problème de la vie : elle est une curiosité». Les avancées gigantesques de la technologie inquiètent le doyen de l’Esib : «L’information et la remise à jour sont si rapides qu’il est presque impossible de les suivre. Les premiers à en pâtir seront les “intellectuels” qui, selon moi, risquent de devenir une espèce en voie de disparition : la disparition du livre relié, au profit d’une utilisation de plus en plus machinale de l’informatique et du Web, va pousser les individus vers la perte de la mémoire et de la réflexion». Quant au livre électronique, qui sera présenté en mars prochain au Salon du livre de Paris, il laisse Maroun Asmar sceptique : «Où est l’aspect personnel?», demande-t-il. Une réaction que l’on comprend aisément lorsqu’il confie qu’il deviendrait «volontiers conservateur de bibliothèque». Sans doute pour le plaisir de prendre le temps de lire.
Maroun Asmar, doyen de l’Esib, vit à cent à l’heure. Ses lectures sont nombreuses et à dominante scientifique, des «lectures de travail», comme il les qualifie lui-même. Quant aux «lectures de repos», ses souvenirs datent de 1990. Blessé à la jambe par un obus, il a découvert, le temps de l’hospitalisation, Samarcande et Les croisades vues par les Arabes d’Amin Maalouf, ainsi que L’un sans l’autre d’André Fontaine. «Les deux derniers m’ont marqué par leur actualité historique, et les troublantes ressemblances politiques qu’il peut y avoir entre deux pays. Samarcande est un beau roman qui réveille l’imaginaire et les sentiments romantiques...». Les lectures quotidiennes de Maroun Asmar sont tournées vers l’information, où il y a peu de place pour la rêverie et les prouesses de style : articles,...
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