Le marché des changes de Beyrouth s’est un peu agité hier au lendemain des raids de l’aviation israélienne contre des stations électriques au Liban entraînant des coupures de courant dans plusieurs régions du pays et causant de graves dégâts matériels. Mais la demande du dollar ne devait pas prendre de l’ampleur surtout après que la Banque du Liban (BDL) se fut déclarée prête à le vendre à 1 514,00 LL et à l’acheter à 1 501,00 LL par un geste qui a stimulé l’offre d’un côté et l’a fait clôturer d’un autre côté au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Cela étant, les établissements de crédit ont été amenés à négocier finalement le billet vert entre 1 504,50 et 1 505,50 LL, après un plus haut entre 1 506,00 et 1 508,00 LL, ont indiqué les cambistes. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires de la journée d’hier est resté assez modéré, ne dépassant pas au total quelque neuf millions de dollars entièrement échangés par les banques de la place à l’achat et à la vente, sans aucune intervention de la BDL. Raffermissement de l’euro et du sterling À l’étranger, l’euro s’est très légèrement raffermi hier sur les marchés des changes internationaux, après la publication de chiffres sur l’emploi en Allemagne meilleurs que prévu, tandis que la livre sterling s’est appréciée, regagnant le terrain perdu de la semaine précédente dans la perspective d’une nouvelle hausse des taux d’intérêt britanniques. Selon les cambistes, l’euro, qui présentait des signes de faiblesse, a amorcé une certaine reprise grâce à la vigueur des Bourses européennes d’un côté et de l’autre au réexamen par le marché des chiffres sur le chômage en Allemagne jugés encourageants. À cet égard, les investisseurs ont été très sensibilisés hier par l’annonce par l’Office du travail en Allemagne que le nombre de chômeurs dans ce pays a diminué en données corrigées des variations saisonnières (CVS) de 10,1 % le mois dernier – un ratio jamais atteint depuis janvier 1996 – contre 10,2 % en décembre 1999. Ce rebond de l’euro face au dollar a été toutefois ralenti après l’ouverture en hausse de Wall Street consécutivement à la publication de nouvelles statistiques aux États-Unis écartant les risques de surchauffe économique. Ainsi, l’annonce d’une hausse de la productivité de 5 % au lieu de 4,3 % attendu au quatrième trimestre 1999 selon une première estimation, comme au troisième trimestre, a été favorablement accueillie par la communauté financière. Cela d’autant que cette progression s’est accompagnée d’une baisse de 1 % des coûts du travail contre 0,3 % pendant la même période. Ces chiffres, qui confirment que l’économie américaine bénéficie toujours d’une forte productivité associée à un coût de travail faible permettant de limiter toute dérive inflationniste et de rassurer les marchés sur les taux d’intérêt, sont venus donc stopper l’élan de la monnaie unique européenne. De son côté, la livre sterling s’est appréciée après la publication de la dernière étude du British Retail Consortium (BRC) faisant état d’une poussée des ventes de détail le mois dernier au Royaume-Uni, renforçant l’hypothèse d’une hausse des taux d’intérêt britanniques demain par la Banque d’Angleterre à l’issue de la réunion de son comité de politique monétaire. Quant au yen, il est resté sous pression en raison des inquiétudes sur la reprise économique au Japon, redonnant plus d’actualité aux placements en dollar face à cette monnaie seulement pour se négocier finalement à New York comme suit : – 0,9860 pour un euro contre 0,9810, la veille – 1,6105 pour un sterling contre 1,5975 – 1,9835 DM contre 1,9935 – 6,6530 FF contre 6,6855 – 1,6310 FS contre 1,6375 – 1 963,75 lires contre 1 973,40 – 109,30 yens contre 108,60. Bourse de Beyrouth : en baisse À la Bourse de Beyrouth, toujours délaissée par les investisseurs, la tendance s’est ressentie hier par la baisse des actions B de Solidere et C de la Byblos Bank, dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a diminué de 0,49 % à 77,07 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a abandonné 0,11 % à 176,60 points. Tout cela s’est produit dans un marché manquant toujours d’ampleur avec seulement 6 756 actions négociés d’une valeur globale de 40 863 dollars. Wall Street : au beau fixe Sur les places boursières internationales, l’humeur était hier au beau fixe à Wall Street avec la double hausse de l’indice Dow Jones des vedettes industrielles et de celui de la Bourse électronique Nasdaq des valeurs de la haute technologie. À cela aurait contribué la baisse des tensions sur le marché obligataire américain consécutivement à la détente intervenue hier sur le rendement moyen sur les bons du Trésor à 30 ans. A cet égard, de nouveaux espoirs de maintien en l’état des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine (Fed), après le relèvement d’un quart de point en pourcentage de la semaine dernière, semblent être à l’origine de la bonne humeur sur les marchés boursiers et obligataires. Ces espoirs ont été suscités par la publication d’un fort regain de productivité aux États-Unis au quatrième trimestre 1999 accompagné d’une nette baisse des coûts du travail. Ces statistiques ont fait donc espérer une rapide conclusion de la phase de relèvement des taux directeurs de la Fed cette année pour éviter une surchauffe de l’économie américaine. Les valeurs financières et de la haute technologie ont été les grandes gagnantes de ces nouvelles perspectives au niveau des taux. C’est ainsi que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a opéré un bond d’un plus bas à 10 904,26 points à un plus haut à 11 023,06 points, avant d’afficher en préclôture 10 980,03 points, en hausse de 74,24 points sur la veille. Records sur les Bourses européennes Les marchés européens ont terminé sur des records hier, les investisseurs se ruant sur les valeurs technologiques, les bancaires et les médias. À Paris, le CAC 40 a terminé en hausse de 1,52 %, soit une progression de 94,08 points, à 6 297,66 points, sa troisième clôture record de l’année mais en ayant réduit son avance en fin de journée. À Londres, l’indice FTSE 100 a gagné 2,7 %, soit 167,2 points, à 6 285,8 points. Il s’agit de la plus forte progression en séance depuis sept mois de l’indice britannique, tiré par les valeurs des médias. À Francfort, le DAX a terminé sur un record de 7 549,88 points, en hausse de 253,56 points ou 3,48 %, bénéficiant de la flambée des télécoms et notamment de Mannesmann et de Deutsche Telekom qui ont contribué pour 172 points à la progression de l’indice. Milan a gagné 3 %, Madrid 2,85 %, Amsterdam 2,34 %, Bruxelles 0,67 %, tandis que Zurich se singularisait en perdant 0,01 %. L’indice paneuropéen Eurotop 300 a progressé de 2,07 % tandis que l’Euro STOXX 50, plus sélectif, gagnait 2,68 % pour terminer à 5 176,17 points, battant son précédent record du 4 février. «Les investisseurs achètent des valeurs technologiques, considérées comme les grandes gagnantes dans l’environnement actuel, mais ils vendent tout le reste pour participer à la nouvelle économie», a estimé un intervenant à Londres. Dans le secteur des télécoms, Deutsche Telekom a terminé sur une progression de 9,43 % à 88,20 euros. France Télécom, de son côté, a grimpé de 5,04 points, soit 5,26 % à 160,1 euros. Les investisseurs misent sur ces deux titres et sur le néerlandais KPN, qui a gagné 5,52 %, pour participer à la prochaine phase de concentration du secteur. Mannesmann a fini sur une hausse de 4,44 % à 329,50 euros. Vodafone AirTouch, après trois jours de baisse, s’est adjugé 6,13 % à 340 pence à Londres. Parmi les valeurs médias en vedette, BSkyB, qui doit publier ses résultats trimestriels aujourd’hui, s’est octroyé 10,3 % à 1 580 pence tandis que l’éditeur Pearson a progressé de 7,62 %. Mais la plus forte progression du secteur a été enregistrée par Reuters Group qui a gagné 23 % à 1 240,24 pence. L’agence mondiale de presse et d’informations financières a annoncé qu’elle consacrerait 500 millions de livres sur les cinq prochaines années pour porter ses principales activités sur l’Internet. Les valeurs de la distribution, de l’industrie lourde et de la construction, moins attrayantes, ont subi des pertes ou n’ont enregistré que de faibles hausses. Les analystes mettent en garde contre une hausse très sélective des marchés européens, uniquement centrée sur les secteurs en forte croissance. Ainsi les valeurs médias, technologiques et télécoms de l’EuroStoxx ont respectivement progressé de 32 %, 21 % et 17 % depuis le début de l’année tandis que les autres secteurs, hormis les services publics, sont en baisse. Tokyo : prises de bénéfices La Bourse de Tokyo a terminé en baisse de 0,4 % mardi, les investisseurs ayant pris leurs bénéfices après une nette hausse du marché la veille. L’indice de référence Nikkei-225 a cédé 76,55 points à 19 868,88, après avoir clôturé lundi pour la première fois depuis le 31 juillet 1997 au-dessus de la barre des 20 000 points. L’indice élargi Topix a quant à lui perdu 17,23 points à 1 737,55 points. Les échanges ont porté sur 663 millions d’actions contre 635,8 millions lundi. «Après que l’indice eut atteint le seuil des 20 000 points, il a souffert des participations croisées qui se dénouent», a estimé Masanobu Takeyasu, analyste de Dai-Ichi Securities. «Les valeurs du secteur de la haute technologie ont également été soumises à des prises de bénéfices, suite aux fortes hausses enregistrées au cours de la précédente séance», a-t-il ajouté. Les valeurs bancaires ont également «fait l’objet de ventes généralisées dès le début de la séance», après l’annonce que la ville de Tokyo, lourdement endettée, allait imposer aux grandes banques une taxe spéciale sur les bénéfices. Selon les opérateurs, le marché a montré peu d’intérêt pour des achats, excepté pour les titres majeurs de la haute technologie et des télécommunications. Avec la baisse de ces derniers, il ne restait plus grand-chose pour faire repasser le marché au-dessus des 20 000 points. Toutefois, une chasse aux bonnes affaires a commencé en fin d’après-midi dans le secteur des télécoms, ont constaté des sources de marché. La tendance à la baisse du marché a également été freinée par la hausse constante des valeurs de la biotechnologie, notamment les pharmaceutiques et chimiques.
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