Le Suédois Magnus Norman (n°12), en se qualifiant pour les demi-finales des Internationaux d’Australie face à l’Allemand Nicolas Kiefer (n° 4), a repris le flambeau échappé des mains de son compatriote Thomas Enqvist (n° 6), finaliste en 1999 et éliminé au premier tour cette année. En quart de finale, Norman a surmonté un départ tonitruant de son adversaire avec une victoire 3-6, 6-3, 6-1, 7-6 (7/4). Kiefer, qui se méfiait de l’attaquant de fond de court suédois, s’était empressé de prendre les devants avec deux jeux blancs sur son service, puis un break au huitième jeu, pour remporter le premier set. Deux joueurs de tempérament se faisaient face, adeptes des attaques de fond du court sans fignolages. À une différence près, Kiefer, quand l’ouvrage n’avance pas à son goût, pratique volontiers le service-volée. Cela ne devait pas lui réussir quand, après avoir perdu le deuxième set, il concéda deux balles de break pour une volée bâclée. Bientôt victime d’un double break pour être mené 4-0, il était perdu. Kiefer friable Ce fier-à-bras peut être friable comme le sable. Il l’avait déjà montré en quart de finale, voici deux ans, en perdant contre le Français Nicolas Escudéen après avoir mené deux sets à rien. Ce fut à nouveau évident mercredi par la perte du troisième set et du jeu décisif du quatrième sur double faute. En revanche, Norman, c’est du béton, même s’il lui est arrivé d’avoir des ratés cardiaques. Le quart de finale précédent, gagné par le Russe Evgueni Kafelnikov (no 2) face au Marocain Younes el-Aynaoui, 6-0, 6-3, 7-6 (7/4), avait pourtant montré qu’un premier set peut être capital. Car le Marocain joua immédiatement très bien. Mais «Kafel», faisant tout mieux et plus vite avec facilité, le surclassa. Notamment avec de formidables retours de service. Il y avait de quoi décourager un novice des quarts de finale. Cependant que le Russe baissait de ton, el-Aynaoui remonta néanmoins la pente en réussissant de jolis coups, avec abnégation et talent. Mais il ne parvint pas à lui prendre une seule fois son service. Pas plus qu’il ne lui a jamais pris un set depuis la première de leurs trois rencontres, en 1994. Douze à zéro pour Hingis L’Espagnole Arantxa Sanchez (no 13) n’avait jamais battu la Suissesse Martina Hingis (no 1) au cours de leurs douze rencontres précédentes depuis 1996. Elle n’y est pas davantage parvenue cette fois-ci et a même essuyé sa plus sévère défaite, 6-1, 6-1. La même que l’année dernière à l’Open de Montréal. À plus de vingt-huit ans, elle a passé la moitié de sa vie à courir sur le circuit et récupère moins bien. Éprouvée par son dur match contre la puissante Autrichienne Barbara Schett (no 6) au tour précédent, elle dut attendre d’être menée 4-0 dans le deuxième set avant de remporter pour la première fois son service, en dépit de 84 % de réussite sur sa première balle dans la première manche. Au total, elle accumula 24 fautes directes, contre 7 seulement pour la Suissesse. Son calvaire n’avait duré que 45 minutes, soit près de deux heures de moins que l’épreuve d’endurance qui a vu sa compatriote Conchita Martinez (no 10) souffler la victoire à la Russe Elena Likhovtseva (no 16), 6-3, 4-6, 9-7. En 1996, celle-ci s’était illustrée en éliminant la Française Mary Pierce, tenante du titre, au deuxième tour. Toujours aussi pur et varié, son jeu a gagné en maturité alors que celui de Martinez aurait tendance à se scléroser, d’autant que le célèbre coup droit de l’Espagnole lui vaut désormais presqu’autant de faute que de points. Mais la Russe dut attendre sa septième balle de break pour prendre pour la première fois le service de l’Aragonaise. Cette inefficacité sur les points importants aura coûté la victoire à Likhovtseva. Déclarations Younès el-Aynaoui (battu par Evgueni Kafelnikov) : «J’étais physiquement épuisé et, maintenant, j’ai très mal aux jambes. Je jouais un quart de finale sur le central pour la première fois et j’avais les jambes lourdes. Mais je ne voulais pas partir en étant battu 6-0, 6-3, 6-1. J’ai vraiment tout fait pour gagner quelques jeux, mais contre un joueur comme lui, il faut posséder tous ses moyens, ce qui n’était pas le cas. À cause de ma jambe gauche, j’ai eu des problèmes avec mon service et, à la fin, il a fallu me manipuler le dos sur le court. N’oubliez pas que j’avais disputé trois matches en cinq sets. Enfin, je suis content de lui avoir donné pas mal de travail». Evgueni Kafelnikov (vainqueur de Younès el-Aynaoui) : «C’est la première fois que je me fais plaisir sur le court, à cause de la façon dont j’ai joué les deux premiers sets. Les deux matches qui restent ne vont pas être faciles et je dois me préparer pour vendredi. Je n’aurais jamais pensé aller aussi loin dans le tournoi. Mais je sais maintenant par expérience que, si je passe deux tours, j’ai mes chances ensuite. Je commence alors à croire un peu plus en moi. Quand on gagne cinq matches de suite, c’est sans doute qu’on a bien joué. Mais je ne sais pas encore si j’ai été vraiment mis à l’épreuve». Conchita Martinez (vainqueur d’Elena Likhovtseva) : «Je voulais gagner ce match et je pense que j’ai mieux joué les points importants. Je ne me suis pas sentie très à l’aise dès le début. J’étais un peu fatiguée aujourd’hui et nous avons joué longtemps. Je n’aime pas jouer si tôt et voilà trois semaines que je joue des matches durs. J’aimerais monter au filet plus souvent, mais pour cela il faudrait que je sois suffisamment confiante». Martina Hingis (vainquer d’Arantxa Sanchez) : «J’ai joué mon jeu sans m’occuper de son coup droit. Contre Barbara Schett, elle avait fait 20 fautes directes en coup droit au premier set avant de ne plus en manquer pratiquement un seul. Moi, j’ai fait 7 fautes directes en tout au cours de ce match. J’ai beaucoup travaillé au cours des six derniers mois et je suis persuadée que je frappe plus fort la balle des deux côtés. Pour affronter des joueuses comme Lindsay (Davenport), Mary (Pierce) ou Monica (Seles), j’avais besoin de développer mon jeu si je ne voulais pas me retrouver 30e ou 40e mondiale. Surtout de la façon dont je suis bâtie !».
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