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Actualités - Chronologie

Italie - Le symbole du pouvoir des années 80 vivait en exil depuis 1994 Bettino Craxi : splendeur et misère d'un homme politique(photo)

Brillant, autoritaire et puissant du temps de sa splendeur, Bettino Craxi, roi déchu, condamné en Italie à plusieurs années de prison pour corruption, est mort mercredi en exil volontaire en Tunisie, où il s’était réfugié en 1994. Surnommé le «roi Bettino» lorsqu’il était à la tête du gouvernement italien de 1983 à 1987, Craxi, qui aurait eu 66 ans le 24 février, est mort sans avoir revu l’Italie ni affronté la justice de son pays, qui l’a condamné à un total de 27 ans et six mois de prison pour corruption. Une seule de ces condamnations, à cinq ans et six mois, était définitive, les autres affaires devaient être rejugées. Visage rond mangé par de grosses lunettes, autoritaire, voire arrogant, Bettino Craxi était, lorsqu’il était au pouvoir, caricaturé par la presse italienne en chemise et bottes noires, dans une claire allusion à Mussolini. Mais ses dernières années tunisiennes laissent l’image d’un homme malade, souffrant de diabète et de problèmes cardiaques, affecté par l’exil qu’il avait choisi. L’image de sa chute peut être symbolisée par ce jour d’avril 1993, où il quitta sa luxueuse suite de l’hôtel Raphael à Rome, sous une pluie de pièces de monnaie d’une foule lui criant «voleur». Craxi partait dans sa villa tunisienne de Hammamet, officiellement pour raisons de santé. Premier secrétaire (de 1976 à 1993) du Parti socialiste italien (PSI), Craxi a été le premier socialiste à devenir président du Conseil, en 1983. Chef d’un gouvernement de coalition avec la démocratie-chrétienne, il a imprimé au pouvoir un style décidé et volontaire, n’hésitant pas par exemple à tenir tête aux États-Unis qui réclamaient les Palestiniens auteurs du détournement du paquebot Achille Lauro en octobre 1985. Sa stratégie a été la marginalisation du Parti communiste (PCI) d’Enrico Berlinguer, avec qui il a refusé toute alliance, préférant participer à des gouvernements menés par la Démocratie chrétienne. Mais les affaires l’ont rattrapé en 1992. Son entourage à Milan est touché par l’enquête «Mains propres» naissante. Puis c’est lui-même qui est concerné, en novembre 1992. Banco Ambrosiano, Enimont, métro de Milan, Enel,... le nom de Craxi est cité à chaque fois qu’une affaire de corruption et de financement illégal des partis éclate. Il réplique, parlant de «complot» et de «persécution». Il dément avoir personnellement pratiqué la corruption et entend démontrer que le financement non déclaré des partis était une pratique généralisée. Le 11 février 1993, il démissionne de la direction du PSI. De nombreux cadres du parti, décapité par la corruption et privé de chef, iront rejoindre les rangs de Forza Italia, le parti de droite de Silvio Berlusconi. Depuis son exil à Hammamet, Craxi ne renoncera jamais à se mêler de la politique italienne et à poursuivre ses «ennemis», déposant plusieurs dossiers contre le Parti démocratique de la gauche (PDS, héritier du PCI et aujourd’hui baptisé Démocrates de gauche), pour démontrer qu’il est impliqué dans la corruption, ou accusant l’ancien juge de «Mani pulite», Antonio Di Pietro, d’avoir fomenté un complot politico-juridique. Mi-octobre 1999, alors que son état avait empiré, M. Craxi avait lancé par voie de presse un appel aux autorités italiennes pour pouvoir rentrer en Italie. «Pendant toute ma vie, j’ai rendu de nombreux services à mon pays, et je suis traité comme un des plus grands criminels du monde», se lamentait-il.
Brillant, autoritaire et puissant du temps de sa splendeur, Bettino Craxi, roi déchu, condamné en Italie à plusieurs années de prison pour corruption, est mort mercredi en exil volontaire en Tunisie, où il s’était réfugié en 1994. Surnommé le «roi Bettino» lorsqu’il était à la tête du gouvernement italien de 1983 à 1987, Craxi, qui aurait eu 66 ans le 24 février, est mort sans avoir revu l’Italie ni affronté la justice de son pays, qui l’a condamné à un total de 27 ans et six mois de prison pour corruption. Une seule de ces condamnations, à cinq ans et six mois, était définitive, les autres affaires devaient être rejugées. Visage rond mangé par de grosses lunettes, autoritaire, voire arrogant, Bettino Craxi était, lorsqu’il était au pouvoir, caricaturé par la presse italienne en chemise et bottes...