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Actualités - Interviews

Poutine évoque pour la première fois une guerre longue et difficile

Le président russe par intérim Vladimir Poutine a reconnu pour la première fois que la guerre de Tchétchénie risquait d’être longue et difficile et s’est efforcé de montrer qu’elle n’était absolument pas liée à l’élection présidentielle pour laquelle il est favori. «C’est seulement en élargissant notre base parmi les civils qui soutiennent le pouvoir fédéral (russe) que nous pourrons obtenir (en Tchétchénie) un succès définitif, et pas avec un tapis de bombes. Cela demande du temps et de la patience», a déclaré M. Poutine dans une interview à la télévision russe ORT. «Nous estimons que les civils de Tchétchénie sont nos citoyens. Et nous ne les sacrifierons pas pour atteindre des objectifs militaires. Nous ne ferons jamais cela», a affirmé le numéro un russe, qui accordait sa première longue interview télévisée depuis son arrivée au Kremlin le 31 décembre. Au délai que les généraux russes se fixaient pour remporter la victoire, M. Poutine n’a voulu donner aucune date limite. Son prédécesseur Boris Eltsine avait indiqué le 6 janvier, lors d’un déplacement à Jérusalem, que les troupes russes en auraient fini avec les indépendantistes tchétchènes «dans un mois». «Les délais seront déterminés en fonction de ce qui se justifie militairement. Nous agirons avec fermeté, mais pas avec cruauté», a affirmé M. Poutine. «Qu’est-ce que ça veut dire? (...) Quand dans une maison on rencontre une résistance armée, qui met en danger la vie de nos militaires, ces endroits seront détruits. Mais s’il n’y a pas de résistance, si les civils au péril de leur vie chassent les bandits de leur localité, on va coopérer avec eux et pas seulement coopérer, mais les attirer de notre côté», a-t-il ajouté. Alors que beaucoup d’analystes estiment que le Kremlin s’est lancé dans une nouvelle guerre de Tchétchénie afin de permettre à M. Poutine de remporter facilement le siège laissé vacant par Boris Eltsine, le président en exercice a essayé de dissocier au maximum la campagne de «l’opération antiterroriste» dans la république indépendantiste. «Si nous lions ces mesures antiterroristes à la mort de civils et à une campagne électorale, alors on n’obtiendra rien de bon ni pour la campagne ni pour l’opération antiterroriste», a-t-il souligné. M. Poutine doit son énorme popularité au lancement de la guerre, le 1er octobre dernier, et à la fermeté dont il a fait preuve envers les «bandits» tchétchènes. L’opinion et les médias soutiennent globalement la guerre, à l’exception de quelques critiques qui sont apparues après que les indépendantistes ont infligé de violentes contre-attaques aux troupes russes, le week-end dernier. M. Poutine a néanmoins démenti que les Russes aient subi dans la république indépendantiste des revers qui l’obligeraient à repenser sa stratégie. «Tout avance conformément à notre plan, et le plan n’a pas changé, il n’y a rien qui nous oblige à penser qu’il se passe quelque chose d’inhabituel», a-t-il assuré. Le plan, a-t-il précisé, consiste à «prendre d’abord Grozny, définitivement. Puis nous terminerons notre opération dans les montagnes quels que soient ceux qui courent et se cachent dans les grottes». Enfin, M. Poutine, auquel certains reprochent d’être trop secret et de vouloir renforcer les prérogatives des services secrets dont il est issu, s’est efforcé de montrer qu’il est un homme de transparence. Il a démenti avoir secrètement négocié un accord avec les chefs des groupes parlementaires pour permettre à l’ancien Premier ministre Evgueni Primakov de devenir président de la Douma, moyennant son renoncement à faire campagne contre lui.
Le président russe par intérim Vladimir Poutine a reconnu pour la première fois que la guerre de Tchétchénie risquait d’être longue et difficile et s’est efforcé de montrer qu’elle n’était absolument pas liée à l’élection présidentielle pour laquelle il est favori. «C’est seulement en élargissant notre base parmi les civils qui soutiennent le pouvoir fédéral (russe) que nous pourrons obtenir (en Tchétchénie) un succès définitif, et pas avec un tapis de bombes. Cela demande du temps et de la patience», a déclaré M. Poutine dans une interview à la télévision russe ORT. «Nous estimons que les civils de Tchétchénie sont nos citoyens. Et nous ne les sacrifierons pas pour atteindre des objectifs militaires. Nous ne ferons jamais cela», a affirmé le numéro un russe, qui accordait sa première longue...