Le climat d’enthousiasme entourant le marché des changes de Beyrouth observé depuis la formation du nouveau gouvernement a continué à se faire sentir davantage en ce début de semaine. Ce phénomène s’est encore une fois traduit par un certain regain d’intérêt pour les placements en livre libanaise comme en témoigne le développement de l’offre du dollar à cette fin. Mais après que la Banque du Liban (BDL) eut maintenu sa fourchette traditionnelle d’intervention en l’état entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente du billet vert, celui-ci devait être fixé au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999. Pourtant, certains opérateurs ont continué de rechercher le dollar soit pour subvenir à leurs besoins commerciaux courants en cette monnaie, soit à des fins de couverture de quelques positions de change. De ce fait, les établissements de crédit ont été amenés à le négocier finalement en clôture entre 1 510,50 et 1 511,50 LL, après qu’il eut ouvert entre 1 509,50 et 1 510,50 LL, ont indiqué les cambistes. Toutefois, compte tenu de l’étroitesse de la demande en général et de l’attentisme de plusieurs opérateurs, l’activité du marché ne s’est accrue que modérément avec un volume d’affaires ne dépassant pas au total quelque quinze millions de dollars, entièrement échangés par les banques de la place à l’achat et à la vente dans un marché équilibré de lui-même sans aucune intervention de la BDL. L’euro ballotté au gré des chiffres américains À l’étranger, l’euro est repassé brièvement au-dessus de 0,85 dollar, hier, sur les marchés des changes internationaux. Il a été soutenu par le ralentissement de la croissance aux États-Unis tel qu’illustré par la faible progression du Produit intérieur brut (PIB) américain de 2,7 % au troisième trimestre contre 5,6 % au second ainsi que par des spéculations sur une intervention des banques centrales du Groupe des sept, avant de se replier à l’annonce d’une hausse des revenus des Américains et de leur consommation le mois dernier. De plus, l’euro a profité dans la matinée d’une déclaration faite par le président de la Bundesbank, Ernst Welteke, à Bloomberg Television selon laquelle le paiement en euro plutôt qu’en dollar des importations pétrolières serait excellent pour le développement à long terme de la monnaie unique, tout en refusant de s’engager sur l’aspect politique de la question lié à la demande de l’Irak que ses exportations pétrolières soient payées en euro. Toutefois la tendance haussière de l’euro s’est heurtée après l’ouverture de New York à l’annonce par le département du Commerce aux États-Unis que les revenus personnels des Américains auraient augmenté de 1,1 % le mois dernier, soit leur plus haut niveau jamais enregistré depuis octobre 1999, contre 0,4 % en août, ainsi que leurs dépenses à la consommation de 0,8 %, pour la première fois depuis février dernier, contre 0,5 % pendant la même période, témoignant d’une certaine surchauffe économique génératrice d’inflation. Cela étant, les opérateurs ne tardaient pas à se faire ajuster en dollar aux dépens de l’euro après ces chiffres américains, faisant perdre à la monnaie unique une partie du terrain qu’elle avait gagné dans la matinée. Mais il n’en demeure pas moins que le marché paraît d’ores et déjà avoir les yeux braqués sur la publication après-demain de l’indice de la productivité aux États-Unis au troisième trimestre et vendredi des chiffres du chômage américain en octobre pour se faire une idée plus précise sur la situation de l’économie dans ce pays et de ses tendances inflationnistes. Compte tenu de toutes ces considérations, l’euro a dû donc réduire ses gains, faisant négocier le dollar à New York sur un ton irrégulier comme suit : – 0,8428 pour un euro contre 0,8395, vendredi dernier – 1,4525 pour un sterling contre 1,4545 – 2,3205 DM contre 2,3300 – 7,7830 FF contre 7,8135 – 1,8070 FS contre 1,8060 – 2 297,40 lires contre 2 306,45 – 109,00 yens contre 108,65. Bourse de Beyrouth : légère hausse de Solidere A À la Bourse de Beyrouth, la tendance était légèrement à la hausse en ce début de semaine avec la remontée des actions A de Solidere de 7 1/4 à 7 3/8 dollars dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a augmenté de 0,17 % à 65,63 points, tandis que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu invariablement à 141,32 points. Ce mouvement s’est déroulé dans un marché modérément étoffé avec 193 212 actions négociées d’une valeur globale de 764 034 dollars. Les Bourses américaines diversement orientées Sur les places boursières internationales, les valeurs de la haute technologie et de la biotechnologie ont été franchement délaissées hier sur les marchés américains au profit des titres plus sûrs de la vieille économie cotés à Wall Street. Les investisseurs ont continué donc de se dégager nettement en ce début de semaine des titres des équipementiers de réseaux, ainsi que des valeurs de l’Internet et des biotechnologiques. En revanche, les industrielles, les bancaires et les télécommunications ont été recherchées. Cisco Systems a baissé fortement après la décision de la banque d’affaires Lehman Brothers d’abaisser significativement l’objectif du prix de l’action de 90 à 60 dollars. Dans le sillage de Cisco plusieurs autres valeurs du secteur ont perdu du terrain ainsi que les titres de téléphonie par satellite sur des craintes au sujet de résultats de plusieurs sociétés montrant une croissance beaucoup trop faible du nombre d’abonnements. À Wall Street, la tendance a été plus soutenue malgré l’accès de faiblesse de Procter & Gamble après la recommandation de J.P. Morgan de rester à l’écart de cette action du groupe de biens de consommation courante. Les titres de Microsoft, WorldCom, AT & T et tant d’autres du secteur des télécoms ont été activement recherchés ainsi que les industrielles. En effet, l’indice Nasdaq est retombé au-dessous de la barre des 3 200 points pour frôler le seuil des 2 150 points, alors que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait à la hausse entre un plus bas à 10 578,49 points et un plus haut à 10 847,15 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 844,88 points, en hausse de 254,26 points sur vendredi dernier. Les Bourses européennes soutenues par Wall Street Les Bourses européennes ont fini en hausse lundi, essentiellement soutenues par les valeurs traditionnelles, tandis que les technologiques étaient encore une fois malmenées comme sur le Nasdaq et que les pétrolières suivaient le repli du brut après le relèvement attendu de 500 000 barils de la production quotidienne de l’Opep. «Le marché reste nerveux et totalement concentré sur l’évolution de New York. Il y a un peu plus d’intérêt sur les industrielles et des cycliques comme la chimie et le bâtiment», a noté Nola Vousden (Merrill Lynch). En début d’après-midi, le Dow Jones gagnait 1,45 % tandis que le Composite du Nasdaq tombait de 3,47 %. Les financières, l’alimentation et les boissons, les producteurs de matières brutes, l’automobile et les détaillants ont été recherchés. L’indice Eurotop 300 s’est octroyé 0,21 % et l’Eurostoxx 50 a progressé de 0,36 %. Londres a gagné 0,34 % et Paris 0,45 %. Moins de deux heures avant la clôture, Francfort avançait de 0,02 %. Telefonica et Repsol ont pesé sur la Bourse de Madrid qui a reculé de 0,85 %. Telefonica a perdu 3,3 % et Repsol 4,1 %. Parmi les financières, le néerlandais ING Group a pris 4,46 % après un pic à 80,10 euros. Morgan Stanley Dean Witter a porté de 90 à 100 euros son objectif de cours sur le titre. Le recul de 33 cents à $31,28 du baril de Brent à Londres après la décision de l’Opep a favorisé les compagnies aériennes dont la facture de kérosène est ainsi susceptible de baisser. Pour cette raison et aussi à cause de bons résultats, KLM a pris 6,58 %. British Airways a bondi de 9,53 % et Lufthansa a grignoté 0,9 %. En dépit de bonnes perspectives, les laboratoires Schering AG reculent de 4,75 %. La firme de courtage Schröder Salomon Smith Barney est optimiste sur les perspectives des Bourses européennes. Elle pense que l’indice Eurotop 300 pourrait monter de jusqu’à 24 % d’ici à un an. Tokyo : au plus bas depuis le 4 mars 1999 Le principal indice de la Bourse japonaise a reculé lundi à un nouveau plus bas pour ces 19 derniers mois, entraîné par des dégagements sur des valeurs technologiques à forte cote, telles que Sony, dont les récents résultats ont déçu le marché. Des petits investisseurs qui s’étaient récemment portés acheteurs, avec des capitaux empruntés, sur Sony, sur le spécialiste de l’investissement Internet Softbank et sur d’autres technologiques de premier plan, ont vendu pour réduire leurs pertes, et les écarts de cours ont été accentués par la faiblesse du volume des échanges. Les institutionnels et les investisseurs étrangers ont quant à eux été peu actifs, incités à la prudence par les incertitudes politiques après la démission, vendredi, du secrétaire général du gouvernement, Hidenao Nakagawa, impliqué dans un scandale, et par l’attente de résultats de sociétés au cours des deux semaines à venir. L’indice Nikkei 225 a terminé en baisse de 117,64 points, soit 0,81 %, à 14 464,56, son plus bas en clôture depuis le 4 mars 1999. L’indice pondéré Topix, à plus large base de calcul, a abandonné quant à lui 15,03 points, soit 1,07 %, à 1 385,24. C’est la première fois depuis le 18 juin 1999 que cet indice, particulièrement suivi par les gérants de portefeuille, termine à moins de 1 400 points. Quant au contrat décembre sur indice Nikkei, il a perdu 160 points, à 14 480. Les échanges sur la première section de la cote ont porté seulement sur 429,48 millions d’actions, contre 507,80 millions vendredi et l’on a dénombré 706 valeurs en baisse contre 547 en hausse.
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