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Actualités - Conferences Internationales

Kostunica reçu dans la « famille européenne »

Accueilli par les Quinze comme un membre de la «famille européenne», le président yougoslave Vojislav Kostunica a fait un geste, samedi à Biarritz (sud-ouest), en n’excluant pas totalement de livrer un jour Slobodan Milosevic à la justice internationale. Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne ont reçu M. Kostunica pour un déjeuner à l’issue de leur sommet européen. Il s’agissait de son premier déplacement international, une dizaine de jours seulement après le soulèvement de Belgrade. Vojislav Kostunica a fait de la reconstruction économique de son pays sa priorité et sollicité des investissements occidentaux, ainsi que des «pactes de coopération et de stabilité» avec les Européens. «Il nous faudra des années pour reconstruire notre économie», a-t-il affirmé, estimant que celle-ci avait été ruinée par les raids de l’Otan, pendant la guerre du Kosovo, mais surtout par la «mauvaise gestion» du pouvoir précédent. Le président yougoslave a reçu, dès samedi, un chèque de 200 millions d’euros, aide économique d’urgence pour la Serbie et gage de l’engagement de l’Union européenne à soutenir le processus de démocratisation. «Nous souhaitons le succès de cette rénovation car elle remet la Serbie sur la route qui va vers sa maison, sa famille, c’est-à-dire l’Europe», a déclaré le président français Jacques Chirac, au nom des Quinze. Il a ajouté que les pays issus de l’ex-Yougoslavie auraient «leur place pleine et entière au sein de l’Union européenne de demain» et avaient «vocation à adhérer à l’Union». Après un tel accueil, Vojislav Kostunica a semblé adoucir sa position sur le Tribunal pénal international (TPI) en ne fermant pas la porte à une collaboration avec la juridiction de La Haye. Le dirigeant yougoslave a reconnu que la coopération avec le TPI était une obligation internationale, découlant en particulier des accords de Dayton sur la Bosnie. «L’obligation existe quelles que soient les difficultés juridiques et politiques», a-t-il déclaré. «Mais notre collaboration avec le TPI ne peut pas constituer la première de nos priorités», a-t-il ajouté. Au cours de sa campagne électorale, le nouveau président yougoslave avait exclu d’arrêter son prédécesseur Slobodan Milosevic, inculpé de crime de guerre et de crime contre l’humanité par le TPI, qu’il avait qualifié d’«instrument politique et non juridique». Vojislav Kostunica a trouvé de la compréhension chez ses interlocuteurs européens qui se sont montrés patients. Selon le chancelier allemand Gerhard Schröder, il ne fait aucun doute que l’ancien maître de Belgrade devra être jugé. Mais «il n’y a pas de calendrier» et «il faut attendre que la situation politique soit plus stable» en Yougoslavie, a-t-il déclaré. «Il faut d’abord consolider la démocratie», a ajouté le chef du gouvernement italien Giuliano Amato. Vojislav Kostunica a également voulu apaiser les inquiétudes nées de la volonté de Slobodan Milosevic de continuer à jouer un rôle politique en Serbie. «La position politique de Milosevic et de son cercle restreint n’a jamais été aussi faible ; de jour en jour, d’heure en heure, Milosevic perd de son influence», a-t-il déclaré. L’aide d’urgence de 200 millions d’euros de l’UE permettra à la Serbie d’améliorer ses infrastructures de santé et d’éducation, ainsi que son système énergétique. Comme la levée des sanctions, en début de semaine, son octroi n’a suscité aucune discussion entre les Quinze. «La venue du président Kostunica est un signal très important de la volonté de l’Europe d’abattre les barrières qui avaient existé entre elle et la Serbie», a déclaré le Premier ministre britannique Tony Blair.
Accueilli par les Quinze comme un membre de la «famille européenne», le président yougoslave Vojislav Kostunica a fait un geste, samedi à Biarritz (sud-ouest), en n’excluant pas totalement de livrer un jour Slobodan Milosevic à la justice internationale. Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne ont reçu M. Kostunica pour un déjeuner à l’issue de leur sommet européen. Il s’agissait de son premier déplacement international, une dizaine de jours seulement après le soulèvement de Belgrade. Vojislav Kostunica a fait de la reconstruction économique de son pays sa priorité et sollicité des investissements occidentaux, ainsi que des «pactes de coopération et de stabilité» avec les Européens. «Il nous faudra des années pour reconstruire notre économie», a-t-il affirmé, estimant que celle-ci...