« La récompense de mon attitude si sincère pour la littérature »
le 13 octobre 2000 à 00h00
Gao Xingjian a estimé jeudi que le prix Nobel de littérature qui lui a été décerné compensait son «attitude si sérieuse et si sincère pour la littérature». Interrogé à son domicile de Bagnolet (Seine-Saint-Denis, banlieue est de Paris), l’écrivain a accueilli le prix comme «une reconnaissance, une appréciation de mon travail». «Cette récompense-là, c’est une reconnaissance parce que je n’écris pas pour le marché, pour gagner des sous ou bien pour la propagande, pour servir un pouvoir», a-t-il expliqué. «Depuis mon enfance, j’écris, j’ai pris cette manie d’écrire tout le temps. Cela a causé mes souffrances et mes malheurs en Chine mais vraiment, je n’arrive pas à m’arrêter. Même dans la période la plus dure en Chine, j’ai continué à écrire en cachette, sans penser à être publié un jour. C’est pourquoi je n’attends rien», a-t-il poursuivi. Interrogé sur sa volonté ou non de tirer profit de son prix pour s’impliquer davantage dans la lutte contre le régime chinois, Gao Xingjian a répondu : «Je ne fais pas de politique. Mais ça ne m’empêche pas de critiquer la politique. Je dis ce que j’ai envie de dire. Si je mène cette vie en exil, c’est pour avoir cette liberté de critiquer». L’écrivain, dont les œuvres sont toujours interdites en Chine, n’a plus de contacts avec sa famille «pour ne pas leur causer de soucis et pour avoir toute ma liberté d’expression». Quant à sa vie présente, Gao Xingjian explique qu’il «aime Paris». «Je trouve que c’est la ville la meilleure pour vivre en tant qu’artiste (...). Paris m’inspire. Mon prochain roman doit être sur Paris», a-t-il déclaré, non loin d’un fenêtre de son séjour offrant une vue générale sur la capitale. Gao Xingjian a appris la nouvelle de sa récompense alors qu’il finissait de préparer une exposition de peinture prévue le 19 octobre au Carroussel du Louvre, à Paris.
Gao Xingjian a estimé jeudi que le prix Nobel de littérature qui lui a été décerné compensait son «attitude si sérieuse et si sincère pour la littérature». Interrogé à son domicile de Bagnolet (Seine-Saint-Denis, banlieue est de Paris), l’écrivain a accueilli le prix comme «une reconnaissance, une appréciation de mon travail». «Cette récompense-là, c’est une reconnaissance parce que je n’écris pas pour le marché, pour gagner des sous ou bien pour la propagande, pour servir un pouvoir», a-t-il expliqué. «Depuis mon enfance, j’écris, j’ai pris cette manie d’écrire tout le temps. Cela a causé mes souffrances et mes malheurs en Chine mais vraiment, je n’arrive pas à m’arrêter. Même dans la période la plus dure en Chine, j’ai continué à écrire en cachette, sans penser à être publié un...
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