Le cinquième constructeur japonais Mazda, tombé dans le rouge au premier semestre, a annoncé un programme de redressement spectaculaire, avec notamment la fermeture d’une usine, la suppression de 1 800 emplois et des transferts de production vers l’Europe, mais cela ne sera pas suffisant, selon les experts. Pour la première fois depuis sa sortie du tunnel il y a deux ans, Mazda Motor, filiale de l’américain Ford, a accusé une perte nette au premier semestre de son exercice financier de 9,6 milliards de yens (89,7 millions de dollars) tandis que les ventes ont nettement reculé (-7,5 % à 1 006,1 milliards de yens). Le groupe a expliqué ses mésaventures essentiellement par la vigueur du yen face à l’euro et au dollar. Mazda réalise environ un quart de ses ventes sur le Vieux continent, notamment en Allemagne, et s’estime particulièrement fragile puisque dépourvu d’une base de production régionale. Les ventes européennes ont chuté de 10 % à 100 000 unités et le groupe y a subi une perte d’exploitation de 1,8 milliard. La firme a également souffert du durcissement de la concurrence entre constructeurs, notamment en Amérique du Nord, son deuxième grand marché à l’export, où elle a accusé des pertes en dépit d’un accroissement du volume vendu (+4,2 % à 147 000 unités). En dépit de ces mauvaises nouvelles, le patron du groupe, ancien cadre de Ford, Mark Fields, a estimé que les résultats étaient «meilleurs que prévu» notamment parce que «les pertes de changes ont été limitées en augmentant la production hors du Japon». Le PDG a jugé que «Mazda est à un tournant de son histoire». «Nous avons fait des progrès significatifs (...), mais nous devons faire davantage parce que nous n’avons pas suffisamment réalisé de recettes compte tenu de notre structure de coûts», a-t-il indiqué. C’est la raison pour laquelle Mazda a annoncé une vaste réorganisation de ses activités, avec la fermeture en septembre 2001 d’une de ses trois usines au Japon et le transfert à partir de 2003 de la production des nouvelles Demio et Familia sur une usine Ford en Europe. Parallèlement, le groupe va lancer un programme de départs en retraite anticipés pour 1 800 de ses 24 000 salariés. Compte tenu des coûts de ces mesures, Mazda prévoit une perte nette de 49,5 milliards de yens en fin d’exercice sur un chiffre d’affaires de 2 100 milliards de yens. Mais le groupe compte revenir à l’équilibre dès l’exercice suivant (2001/2002). «Nous sommes sur la bonne voie, il n’y aura pas besoin d’autres efforts massifs», a assuré M. Fields. La Bourse a accueilli avec enthousiasme les mesures de restructuration : le titre Mazda a terminé en hausse de 13 yens ou 6,1 % à 227 yens. Mais les analystes spécialisés étaient plus divisés, estimant que le groupe n’a pas résolu tous ses problèmes. «Mazda n’avait pas le choix. Tôt ou tard, il devait prendre des mesures concrètes», a estimé Yasuaki Iwamoto, un analyste automobile chez Cosmo Securities. Akira Tanaka, analyste pour la Société Générale, a estimé que Mazda avait été le constructeur le plus défavorisé par la chute de l’euro «parce qu’il dépend fortement de ses exportations, notamment de voitures de petite dimension» qui offrent des marges réduites. «Pour ce type de véhicule, le groupe ne peut absolument pas augmenter le prix pour tenter de compenser l’effet négatif de l’appréciation du yen», a-t-il noté. Mais Takaki Nakanishi, analyste auto pour Merrill Lynch, a émis des doutes sur l’efficacité de la restructuration de Mazda. «Ce qu’ils ont décidé, c’est juste pour arrêter l’hémorragie. Ils n’ont pas réglé le problème de la rentabilité», a-t-il indiqué. «J’ai toujours été sceptique sur leurs mesures de restructuration et je suis déçu par la lenteur du processus de restructuration de Mazda», a-t-il ajouté.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le cinquième constructeur japonais Mazda, tombé dans le rouge au premier semestre, a annoncé un programme de redressement spectaculaire, avec notamment la fermeture d’une usine, la suppression de 1 800 emplois et des transferts de production vers l’Europe, mais cela ne sera pas suffisant, selon les experts. Pour la première fois depuis sa sortie du tunnel il y a deux ans, Mazda Motor, filiale de l’américain Ford, a accusé une perte nette au premier semestre de son exercice financier de 9,6 milliards de yens (89,7 millions de dollars) tandis que les ventes ont nettement reculé (-7,5 % à 1 006,1 milliards de yens). Le groupe a expliqué ses mésaventures essentiellement par la vigueur du yen face à l’euro et au dollar. Mazda réalise environ un quart de ses ventes sur le Vieux continent, notamment en Allemagne, et...