La Californie, ancienne terre de Reagan, est devenue démocrate
le 10 novembre 2000 à 00h00
La Californie, l’ancienne «terre de Reagan», est aujourd’hui clairement passée dans le camp démocrate. Tous les scrutins de mardi, de la présidentielle aux élections locales, en passant par les référendums, ont montré que l’État le plus peuplé des États-Unis avait basculé nettement plus à gauche que le reste du pays, poussé par un électorat jeune, diversifié et plus progressiste que les «révolutionnaires» reaganiens du temps jadis. Au niveau présidentiel, environ 54 % des électeurs californiens ont voté en faveur de Gore, contre 42 % pour George W. Bush, soit à peine moins que lors du triomphe de Bill Clinton en 1996. Au Congrès, tous les représentants démocrates sortants ont conservé leur siège et le «parti de l’âne» a enregistré quelques beaux succès. Jane Harman, qui brigue le poste de gouverneur et est considérée comme l’une des femmes les plus en vue au sein du parti, a repris son siège à la Chambre aux dépens du républicain Steve Kuykendall. Dans un autre duel médiatisé, le démocrate Adam Schiff a battu le républicain James Rogan, un des grands pourfendeurs de Bill Clinton dans l’affaire Lewinski. Les électeurs ont également nettement rejeté un projet soutenu par les républicains d’élargir l’accès aux «bourses» pour les écoles privées, les fameux «vouchers». En revanche, ils ont approuvé un traitement médical obligatoire pour les toxicomanes non violents. Femmes et minorités Les politologues notent que les démocrates ont renforcé leur assise depuis la victoire de Clinton de 1992, qui avait vu un démocrate l’emporter en Californie pour la première fois depuis 1952. Il y a deux ans, s’appuyant sur le vote des femmes, des hispaniques et des jeunes, Gray Davis avait gagné la bataille pour le poste de gouverneur avec plus de 20 % d’avance sur le républicain Dan Lungren, qui s’était dépeint comme le fils spirituel de Richard Nixon et Ronald Reagan. «L’avenir du parti démocrate, c’est la Californie. Et la Californie, ce sont les femmes et les minorités», note Bob Mulholland, un stratège du parti d’Al Gore. «Les républicains doivent totalement revoir leur copie. Ils se reposent depuis bien trop longtemps sur l’électorat masculin blanc». Pour tenter de renverser la vapeur, les républicains comptent notamment mener une campagne de charme auprès de l’électorat hispanique, à condition que celui-ci oublie ou ignore les diatribes anti-immigration du début des années 1990. Pour Dan Schnur, ancien chef des relations presse du candidat républicain à l’investiture John McCain, la clé d’un sursaut est sans doute là : «Beaucoup de thèmes que les républicains défendent peuvent bien marcher auprès de la communauté latino si un effort est fait pour les expliciter». Selon M. Schnur, l’électorat hispanique est en effet plus enclin à envoyer ses enfants dans les écoles privées, plus enclin à servir dans l’armée et plus enclin à gérer des petites entreprises que la moyenne de l’électorat américain.
La Californie, l’ancienne «terre de Reagan», est aujourd’hui clairement passée dans le camp démocrate. Tous les scrutins de mardi, de la présidentielle aux élections locales, en passant par les référendums, ont montré que l’État le plus peuplé des États-Unis avait basculé nettement plus à gauche que le reste du pays, poussé par un électorat jeune, diversifié et plus progressiste que les «révolutionnaires» reaganiens du temps jadis. Au niveau présidentiel, environ 54 % des électeurs californiens ont voté en faveur de Gore, contre 42 % pour George W. Bush, soit à peine moins que lors du triomphe de Bill Clinton en 1996. Au Congrès, tous les représentants démocrates sortants ont conservé leur siège et le «parti de l’âne» a enregistré quelques beaux succès. Jane Harman, qui brigue le poste de...
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