Avec une élimination de la Ligue des champions de football et même de la Coupe de l’UEFA, une image écornée par des exclusions répétitives et une équipe sans fond de jeu, la Juventus de Turin a subi un rude camouflet mercredi à Athènes contre le Panathinaïkos (3-1). Les vice-champions d’Italie, terminent en effet leur parcours en Ligue des champions à la dernière place du groupe E, en s’inclinant deux fois sur le même score de 3 à 1 contre le Panathinaïkos et Hambourg, deux formations issues du tour préliminaire. Dans ces deux matches, la Juventus a terminé à neuf contre onze. Après Zinedine Zidane et Edgar Davids contre Hambourg, ce sont le très flegmatique gardien Edwin Van der Sar et l’attaquant Darko Kovacevic qui ont vu rouge à quelques minutes d’intervalle à Athènes, quatre étrangers qui ont craqué. «Cet excès d’énervement me préoccupe», déplore l’entraîneur Carlo Ancelotti. En fait, il a coûté à la Juve son élimination. Cette année, l’équipe avait été taillée sur mesure pour le meneur de jeu français, Zinédine Zidane, resté à Turin pour tenter de gagner la Ligue des champions après deux échecs en finale. Mais, Zidane pour une fois n’a pas été fidèle au rendez-vous. Expulsé une première fois contre La Corogne, il a rechuté contre Hambourg, se laissant aller à un coup de tête aussi inutile que spectaculaire, ce qui lui a coûté cinq matches de suspension. Et, cette saison, la Juve sans Zidane est orpheline, d’autant plus qu’Alessandro Del Piero n’est toujours pas revenu à son meilleur niveau. Ancelotti : « Je ne pense pas démissionner » D’un strict point de vue sportif, les Turinois peuvent se mordre les doigts, car l’équipe grecque était largement à leur portée. Les Grecs sont rapides, mais ils n’ont peut-être pas la technique suffisante pour gagner beaucoup d’autres matches en Ligue des champions, a d’ailleurs reconnu en substance Ancelotti. Bien avant l’exclusion de Van der Sar et Kovacevic, la Juve a péché. Sur le premier but des Grecs – un coup franc du Portugais Paulo Sousa –, Filippo Inzaghi quitte ainsi inopinément le mur formé à deux avec Alesandro Del Piero, et Van der Sar se place au mauvais poteau. À 1-1 après l’égalisation d’Inzaghi, la Juve n’a pas su imposer son jeu, alors que l’équipe grecque subissait une perte de rendement avec la blessure de Paolo Sousa, son meilleur joueur remplacé à la mi-temps. En l’absence de «Zizou», réduit à souffrir en solitaire dans les tribunes, les Italiens ont ainsi perdu la bataille du milieu de terrain, d’autant plus que l’Uruguayen Fabian O’Neill, qui remplaçait Gianluca Zambrotta blessé, n’a récupéré que très peu de ballons. «Le responsable, c’est moi», affirme Ancelotti, qui ne pense cependant pas démissionner. De son côté, le capitaine Antonio Conte plaide pour la responsabilité collective et demande à ses équipiers de «changer de route» et «de recommencer à manger du ballon». Il faudra cependant tourner rapidement cette page car, dès samedi, le championnat reprend ses droits, avec un visiteur de luxe, la Lazio de Rome, le champion en titre.
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