Absents des programmes de la télévision, en raison des soirées du ramadan, le cinéma fait son retour sur vos petits écrans en cette période de fin d’année. Un retour bien modeste en somme, car le ton reste résolument celui du divertissement familial, les enfants étant en vacances. Il y a même, par-ci par-là, des relents (tardifs) de Noël ! Heureusement qu’il y aura pour les adultes le film du Chinois Wayne Wong «Eat a Bowl of Tea» qui n’avait pas été diffusé (cela arrive si souvent, hélas !) à l’époque où nous l’avions annoncé une première fois ! L’esprit de Noël sera donc présent tout au long de cette semaine, à commencer par Scrooged de Richard Donner où les «esprits» seront au nombre de trois. Scrooged est, en effet, une version moderne de A Christmas Carol de Dickens. Il y a des sujets inusables en cette période de l’année. Pour en revenir au film de Richard Donner, celui-ci se déroule de nos jours, dans une compagnie de télévision, où Frank Cross l’ambitieux et insupportable directeur de la chaîne a décidé de réaliser pour Noël une parodie de l’œuvre de Dickens. Il sera donc visité par trois esprits qui lui feront comprendre que Noël est la plus belle fête de l’année et qu’on ne peut pas s’en moquer ! Les occasions de rire dans cette satire sont rares d’autant plus que, vers la fin, le film se prend de plus en plus au sérieux. Le tout est extrêmement laborieux et le passage de quelques vedettes invitées comme Robert Mitchum, Lee Majors, ou Michael J. Pollard, ne suffit pas à soutenir l’intérêt. Diffusion lundi à 13h30 sur LBCI Le réalisateur John Avildsen est à l’affiche cette semaine avec deux films, le premier étant For Keeps, qui est totalement différent de Happy New Year. Alors que le second est un «polar», For Keeps est une histoire qui s’adresse à une audience de jeunes. Darcey et Stanley sont deux étudiants qui s’aiment tout en poursuivant leurs études. Un jour, Darcey découvre qu’elle est enceinte. Que faire ? Les parents, alertés, leur conseillent de garder l’enfant et de se marier. Les deux jeunes gens se rangent à leur avis. Mais avec la naissance d’un bébé, comment vont-ils pouvoir poursuivre leurs études ? Le film pose au départ le très grave problème de la maternité chez les jeunes. Les difficultés que les deux adolescents doivent affronter sont réelles. Malheureusement le scénario cède vite le pas aux situations convenues et à la moralité. C’est dommage : For Keeps méritait un traitement moins léger que celui qui lui a été imparti... Diffusion mardi à 08h25 sur LBCI Dans les années 80, Jim Henson créa les plus célèbres marionnettes de l’histoire de la télévision et du cinéma. Le triomphe sans précédent des Muppets sur le petit écran leur valut, bien entendu, de devenir des vedettes du grand écran et elles participèrent à plusieurs films dont celui qui vous est proposé aujourd’hui The Muppets Take Manhattan, réalisé par Frank Oz. Selon un canevas traditionnel (la participation de nombreuses vedettes invitées !), ce film nous raconte les déboires de la troupe lorsque celle-ci décide de partir à la conquête du monde théâtral à New York. Et la morale de cette histoire est que le succès se paie généralement très cher... Entre-temps vous aurez eu l’occasion de passer un merveilleux moment avec Kermit, la grenouille et son éternelle fiancée Miss Piggy ! Diffusion mercredi à 08h30 sur LBCI Place à une comédie qui se veut à la fois sentimentale et familiale : Corinna, Corinna de Jessie Nelson. Une petite ville de banlieue américaine, à la fin des années 50. La femme de Manny Singer, jeune compositeur, vient de mourir d’un cancer et il se retrouve seul avec Molly, sa fille de 8 ans. Celle-ci, traumatisée, s’est réfugiée dans un mutisme total. Débordé par les tâches ménagères, Manny décide de prendre une gouvernante pour l’aider et il engage Corinna Washington, une femme noire aux qualités étonnantes. Molly l’adopte très vite et Manny ne tarde pas à tomber sous son charme. Un cocktail d’émotion et d’humour, sur un registre de comédie familiale déjà éprouvé avec Madame Doubtfire. Whoopi Goldberg est plus sobre qu’à l’ordinaire. Diffusion mercredi à minuit sur LBCI Ce n’est pas le remake, réalisé aux États-Unis dans les années 50, mais l’original The Man Who Knew Too Much qui nous est proposé ce soir dans le cadre de cette rétrospective Hitchcock. Beaucoup de critiques affirment que ce sont les films de la période anglaise, donc des débuts, qui constituent les meilleures réussites du maître du suspense. Il est certain, en tout cas, que cette première version, anglaise, de 1934, est bien meilleure que la monture américaine qui pourtant suit fidèlement le récit original. Seule l’action avait été transposée de Suisse au Maroc, dans le remake. Un espion français (Pierre Fresnay), avant de mourir assassiné, confie un grand secret à un touriste anglais (Leslie Banks) en vacances en Suisse pour qu’il le révèle aux autorités. Afin de le forcer à demeurer silencieux, les Allemands, qui sont concernés par le secret en quesiton, enlèvent la fille de l’Anglais... Évidemment, le suspense fonctionne parfaitement dans ce film où le sujet, très aisé à suivre, est raconté avec maestria, pour culminer avec une séquence d’anthologie, celle au cours de laquelle, durant un concert, un politicien doit être abattu au moment d’un coup de cymbales, celui-ci devant couvrir le bruit de la détonation. Et l’humour n’est jamais absent de cette histoire qui déjà dénonçait, comme le fit Hitchcock dans tous les films de cette époque-là, le danger de l’infiltration des espions nazis en Europe. Diffusion jeudi à 23h15 sur MTV Wayne Wong est un très grand metteur en scène asiatique, qui a glané dernièrement de nombreuses récompenses dans les festivals internationaux et non des moindres. Admis dans le cercle des grands réalisateurs internationaux, Wayne Wong n’en continue pas à s’intéresser qu’aux problèmes de ses compatriotes et de réaliser des films qui ne se coulent dans un aucun moule défini. C’est notamment le cas de Eat a Bowl of Tea qui se déroule à la fin de la Seconde Guerre mondiale. À cette époque-là, les femmes chinoises, dans leur grande majorité, n’étaient pas autorisées à accompagner leurs époux qui émigraient aux États-Unis. Ben Loy Wang, profitant de la dispense accordée aux Chinois nés aux États-Unis, décide de revenir en Chine pour y choisir une épouse. Son choix se porte sur Mei, qu’il épouse et ramène avec lui à New York. Mais là, le jeune homme apprend qu’il ne peut avoir d’enfants... Or, Mei découvre qu’elle est enceinte... C’est là un parfait exemple du cinéma de Wayne Wong, parfaitement subtil, toujours intelligent et lucide et qui porte sur sa communauté un regard d’observateur intègre et impartial. Une découverte pour ceux qui ne connaissent pas Wayne Wong. Diffusion jeudi à minuit sur LBCI Il était une fois... Ainsi commencent tous les contes, y compris celui de Pinocchio. Un pauvre marionnettiste, du nom de Geppetto, n’a pour famille que les pantins de bois qu’il sculpte avec amour dans son modeste atelier. Bien des années plus tôt, il a aimé une jeune fille, Leona, mais sans oser lui déclarer sa flamme, se contentant de graver leurs initiales sur un tronc d’arbre en forêt. Un jour, cherchant des souches pour en faire commerce, le hasard le remet en présence du vieil arbre, dont un morceau, s’étant détaché comme par enchantement, vient rouler jusque dans sa brouette. N’ayant pas réussi à le vendre, ni à le brûler, il décide d’en tirer une nouvelle marionnette qu’il baptise Pinocchio. Autrement dit «Œil de pin»... Mais ce pantin de bois, doué de parole et capable de se déplacer sans fil, voudrait vivre comme un humain. Sa découverte du monde l’entraînera dans bien des mésaventures. Il y avait un risque à transposer, hors du dessin animé, le merveilleux conte initiatique de Carlo Collodi. Mais, loin de l’affadir, l’utilisation de la technique de l’animatronique, mêlant marionnettes et comédiens, lui apporte une dimension nouvelle, où la poésie flirte avec le fantastique. Diffusion vendredi à 08h30 sur LBCI Happy New Year de John Avildsen ne cache pas ses origines : même le titre est celui de l’original qui l’inspira, autrement dit La bonne année, film de Claude Lelouch. Nick et Charlie sont deux arnaqueurs professionnels. Ils ont préparé le vol d’une luxueuse bijouterie à Palm Beach. Et tandis qu’ils mettent la main aux derniers préparatifs, Charlie rencontre une belle antiquaire et s’éprend d’elle. Elle va lui faire découvrir la culture et découvre elle-même un type d’homme qu’elle ignorait. Le cambriolage a lieu mais Nick se retrouve en prison. Il va en sortir quelques années plus tard – c’est par là que le film commence – un soir du Nouvel An... Pas de chance pour ce film de John Avildsen qui connut d’énormes problèmes de production et ne fit pas carrière aux États-Unis. Les distributeurs hésitèrent longtemps à le sortir avant de le sortir mal ! Et pourtant Peter Falk est époustouflant dans le rôle que tenait Lino Ventura, et l’actrice australienne Wendy Hughes est charmante, dans celui de Françoise Fabian. Même Claude Lelouch fait une apparition éclair dans la séquence d’ouverture. Diffusion samedi à minuit sur LBCI It Takes Two d’Andy Tennant se présente comme un spectacle familial. Comme tel, il tient toutes ses promesses. Mary-Kate Olson et Ashley Olson sont des jumelles dans la vie et... à l’écran. Dans le film, elles appartiennent à deux milieux complètement différents. La première est la fille d’un milliardaire qui est sur le point de se remarier avec une horrible bonne femme. La seconde est une orpheline qui est sur le point de perdre sa seule amie, l’assistante sociale qui s’occupe d’elle. Afin de s’entraider à résoudre leurs problèmes, les jumelles échangent de situation : l’orpheline remplace la fille de riche qui se retrouve au pensionnat... Sur une idée qui a fait son chemin dans plusieurs films, Andy Tennant a construit une comédie sympathique, bien jouée et bien rythmée. Diffusion dimanche à 17h30 sur LBCI
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