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Actualités - Reportages

Période de fêtes, période de faste

La période des fêtes se caractérise par une boulimie d’achat : cadeaux divers, vêtements, aliments, liqueurs, douceurs, etc. De plus, le marché durant cette période est spécial, en ce sens que l’on trouve une autre catégorie de produits que ceux disponibles durant tout le reste de l’année. Côté pâtisserie, la bûche de Noël se taille la part du lion parmi les achats. Il en est de même pour la dinde, le vin et les marrons glacés... Un changement important touche les habitudes alimentaires durant la période des fêtes. Le mezzé libanais n’est plus le roi des dîners, le café turc est remplacé par tout genre de liqueurs, les gâteaux laissent la place aux bûches… bref, c’est le menu au complet qui subit les modifications liées aux circonstances. Des modifications qui nous viennent d’ailleurs. Les vedettes du menu De nos jours, quel que soit le nombre de personnes réunies, le festin de Noël doit être riche et varié. Mais ce qui est encore plus important, c’est que le menu doit inclure certaines spécialités qui s’imposent comme condition sine qua non de la réussite du réveillon : la dinde (à l’orientale, à la crème de foie gras, farcie aux marrons…), la bûche (au chocolat, à la vanille, aux noisettes…), les truffes et les marrons glacés : spécialités que nos traiteurs et pâtissiers produisent avec excellence. Très souvent, les gens ont recours aux traiteurs pour réussir leurs repas, ce qui permet à ces derniers de lancer leurs dernières créations et de dévoiler leur génie de l’art culinaire. Le prix du plaisir Le troisième millénaire est là, et il entraîne avec lui un nouveau mode de vie. Désormais, la vie professionnelle de chacun s’avère surchargée. Nombreux sont ceux qui ont plus d’un emploi à la fois, pour pouvoir joindre les deux bouts. L’expression française «boulot, métro, dodo» est aujourd’hui applicable à la vie d’une grande majorité de Libanais, sans le métro bien sûr! Ce changement se fait aux dépens de la vie familiale qui, pourtant, caractérise depuis toujours notre pays. On ne se voit plus aussi souvent qu’avant ; du coup, on s’accroche davantage aux réunions de famille en période de fêtes. Tout est permis alors, et l’économie est hors de question. Les plats et les cadeaux affluent : on ne cuisine que la plus grosse dinde, on ne présente que le meilleur chocolat... Pour l’occasion, nous offrons à notre famille le meilleur; les économies seront le souci de la nouvelle année. Malgré la crise, les traiteurs et les pâtissiers n’ont pas noté une baisse dans les achats durant cette période de l’année. Comme l’explique Joy Majdalani, directeur général de Commercial & Trading Resources: «Bien que les chocolats Villars ne soient pas chers et qu’ils aient un parfait rapport qualité/prix, c’était un défi pour nous d’introduire un nouveau produit sur le marché, vu le contexte économique du pays. Mais les ventes n’ont pas tardé à dépasser toutes les espérances. Cela est probablement dû au fait que les Libanais sont très généreux et très accueillants, et qu’ils préfèrent toujours offrir un chocolat suisse de renommée mondiale». Il y a aussi le fameux côté snob des Libanais qui les pousse à dépasser quelquefois leurs limites financières. L’économie touche alors ce que nous consommons, mais jamais ce que nous offrons. Il est néanmoins important de souligner que «le chocolat suisse n’est pas plus cher que le chocolat local; et s’il l’est, la différence est légère. Le chocolat local devrait s’améliorer et remettre en question ses prix, pour la seule raison que le chocolat suisse de bonne qualité, dans certains cas et dans certains emballages, se vend à un prix très compétitif», selon Joy Majdalani. La complexité des mets Plus les mets sont complexes, plus ils sont appréciés pour les repas de fête. Une dinde tout court ne capte l’attention de personne et ne se montre pas digne d’être la vedette de ce festin. Wajih Karam, directeur général de Larissa, observe : «On opte aujourd’hui pour une dinde à la crème de foie gras aux champignons sauvages, ou pour une dinde rôtie au thym sauvage, servie avec une timbale de légumes. La dinde toute simple est moins demandée, d’autant que nous offrons actuellement une panoplie de recettes qui font notre fierté et celle de l’hôte». Partout dans le monde, on honore ses invités en leur offrant le repas le plus recherché et le plus généreux. Mais les Libanais se distinguent par les quantités qu’ils étalent sur leur table comme preuve de générosité, de sens de l’accueil et d’hospitalité. Pour dix personnes, on prépare un repas qui suffit pleinement à vingt, car il ne faut pas se montrer économe en calculant la quantité. L’acceptation de la nouveauté Les Libanais tiennent à leurs coutumes et à leurs traditions, sans toutefois y être cramponnés. Ils privilégient ce à quoi ils sont habitués, sans pour autant refuser ce qui est nouveau. Une des nouveautés apparues dernièrement sur le marché alimentaire au Liban est le café espresso. L’introduction de ce concept n’a pas été sans risque, surtout si l’on prend en considération l’attachement des Libanais à leur café traditionnel, le café turc. Mais l’espresso a prouvé sa dimension pratique. Élias Daniel, directeur général d’Automatic Breuers, indique: «D’une part, le café Barista est déjà moulu, dosé et facile à utiliser. D’autre part, l’arôme est intact puisque les paquets sont scellés hermétiquement sous atmosphère inerte; la consistance est toujours la même dans la tasse et son grand choix de parfums vous permet de varier les plaisirs». Ce concept n’appartient plus à la catégorie des nouveautés pour les Libanais qui, désormais, le boivent partout: dans les hôtels, les cafés, les restaurants (même les restaurants spécialisés en cuisine libanaise). Pour ce qui est de l’acceptation, les Libanais ont prouvé encore une fois leur aptitude à s’adapter au nouveau. «L’espresso est facile à introduire, le choix d’arômes proposés ne pouvant que réveiller la curiosité du dégustateur. Puisque l’arôme dépend de l’origine du café, Barista offre un tour du monde avec le kényan, le colombien et le jamaïcan “Blue Mountain”», précise Élias Daniel. Le Libanais étant curieux par nature, il a hâte d’essayer les nouveautés, surtout si cette nouveauté lui vient d’un autre coin du monde. Une qualité surveillée ? Pour ce qui est du chocolat importé de Suisse, le problème de la qualité ne se pose pas, contrairement à ce qui est produit au Liban, où les lois et les normes ne s’appliquent que très rarement. En effet, les traiteurs et les pâtissiers ne sont pas soumis à des règles d’hygiène, sauf celles qui datent des années 1950. «Ce qui était vrai lorsque ces normes ont été établies, ne l’est plus aujourd’hui, en l’an 2000, explique Wajih Karam. Chacun est livré à sa conscience professionnelle. En ce qui nous concerne, nous avons décidé de suivre les normes européennes, à cause de l’absence de normes libanaises modernes». À qui se fier? De qui se méfier? Deux questions que l’on se pose, à l’heure où les risques touchant à la nourriture préoccupent le monde entier. Mais il existera toujours des traiteurs et des pâtissiers qui nous aideront à réveillonner en joie et sécurité, ce qui est rassurant.
La période des fêtes se caractérise par une boulimie d’achat : cadeaux divers, vêtements, aliments, liqueurs, douceurs, etc. De plus, le marché durant cette période est spécial, en ce sens que l’on trouve une autre catégorie de produits que ceux disponibles durant tout le reste de l’année. Côté pâtisserie, la bûche de Noël se taille la part du lion parmi les achats. Il en est de même pour la dinde, le vin et les marrons glacés... Un changement important touche les habitudes alimentaires durant la période des fêtes. Le mezzé libanais n’est plus le roi des dîners, le café turc est remplacé par tout genre de liqueurs, les gâteaux laissent la place aux bûches… bref, c’est le menu au complet qui subit les modifications liées aux circonstances. Des modifications qui nous viennent d’ailleurs. Les...