Les quatre coins du monde sont désormais reliés, et c’est là une des caractéristiques essentielles de la vie du nouveau millénaire. Les immigrations, le développement de l’industrie et du commerce ont multiplié les échanges et les transactions. En conséquence, la création de réseaux de communication comme le téléphone, l’ordinateur et Internet s’est avérée essentielle... Mais rien cependant n’a pu remplacer le système de courrier express. Le courrier express connecte le monde entier par le déplacement de biens entre différentes régions, aussi éloignées qu’elles soient les unes des autres, du simple document à des tonnes de marchandises. «La seule exigence imposée par notre travail, c’est la rapidité, explique Brendan Cody, directeur commercial de DHL. Tout ce que l’on veut expédier de manière express est notre cible, sans tenir compte du contenu ou du volume». En effet, ce système se caractérise plus par la rapidité que par le contenu des courriers et des colis. Le fonctionnement des courriers rapides s’est encore perfectionné et détaillé ces derniers temps ; Mourad Aoun, directeur général de Skynet, souligne : «Nous offrons au client un service personnalisé. S’il a besoin de faire signer un document dans un pays étranger, nous pouvons le faire pour lui en envoyant quelqu’un dans l’avion». Le but n’est plus uniquement alors de déplacer des objets mais de satisfaire le client, quelle que soit sa demande. Le service ne se limite pas à l’expédition. L’opération peut aussi se faire dans le sens inverse, d’un pays étranger vers le nôtre, par le transport de documents et de produits achetés sur le Net, par exemple. Il est même possible désormais de pister le colis sur Internet, recevant ainsi tout genre d’information sur son emplacement dans le monde et sur les détails de sa livraison. Le contenu des colis : interdits et garanties Que peut-on expédier ? Tout, sauf bien sûr quelques objets interdits par le système ou par les législations. Au niveau de l’État, les interdictions englobent la drogue et tout ce qui touche à la morale, comme le matériel pornographique. Quant au système de courrier express international, il exclut l’argent en liquide et les bijoux, ce qui s’explique logiquement par l’absence d’assurance sur ces deux produits. Pour les autres biens, la compagnie est responsable et devra rembourser une somme pouvant atteindre 100 $ en cas de perte. De plus, elle devra offrir un nouveau transport gratuit. Néanmoins, si le client désire expédier un objet de très grande valeur, il lui est conseillé d’assurer cet objet, pour éviter ainsi tout problème éventuel. Mais il faut noter que les pertes sont rares, étant donné le sérieux du système et l’élargissement des moyens dont disposent ces entreprises. Un service express, mais à quel prix ? Le service express propose une livraison qui va de 12 heures à 72 heures, selon la destination du colis. En un maximum de trois jours, on peut atteindre n’importe quel coin du monde. Les distances et les océans ne sont plus alors des obstacles à la communication. L’urgence est le slogan de ces compagnies, dont le travail représente constamment une course contre le temps. En comparaison avec la qualité des services perfectionnés que proposent les compagnies de courrier express, les prix sont raisonnables. Ce n’est pas le déplacement de biens qui est seulement à prendre en compte, mais aussi le luxe de la rapidité. L’envoi d’un document en courrier ordinaire coûtera 3 000 LL contre 20 000 LL s’il est expédié en courrier express. Mais ce qu’une compagnie de courrier régulier n’offre pas, c’est la rapidité et le contrôle continu du colis. Nul n’enverra une lettre à un ami en courrier rapide, mais personne ne fera parvenir un document original et irremplaçable en courrier ordinaire. Roger Saadeh, directeur général de UPS, précise : «Le prix de l’expédition d’un colis dépend de plusieurs critères : le poids, le contenu et la destination. Ce dernier volet est déterminé par la distance et la facilité que nous trouvons à l’arrivée». En effet, vers un pays où les procédures sont faciles et la perte de temps est minime, le prix est fixé plus bas que vers d’autres destinations. En d’autres termes, ce n’est pas le transport seul qui est évalué, mais aussi la difficulté du service. Les lois, un obstacle ? Les compagnies internationales de courrier express n’ont pas le droit de travailler sur le marché local, autrement dit, d’opérer des déplacements de biens sur le territoire libanais. La distribution sur le territoire libanais est réservée aux entreprises libanaises qui ne possèdent pas de réseau international. D’une part donc, «le client est obligé de travailler avec deux compagnies, de suivre deux procédures différentes et de payer deux fois. Cela n’est pas à son avantage, car on lui complique la tâche», déclare Roger Saadeh. Mais d’autre part, cette législation a pour but de diviser le marché, qui est d’ailleurs large, afin d’empêcher la formation de monopole et de garder à chacun sa place. Un autre point pose problème : celui des douanes. Tout est taxé, du document d’une seule page aux colis de grand volume : rien en effet n’échappe aux douanes. Mourad Aoun explique : «On croit qu’un produit dont la valeur ne dépasse pas 50 $ ne doit pas être taxé. Mais chez nous, rien n’est “Free of Charge”. Avec le droit de douane, les timbres et le prix des procédures, on se retrouve avec une somme de 20 $ à payer pour quelque chose sans valeur matérielle concrète». Les compagnies de courrier rapide paient les taxes directement et, par la suite, les répercutent sur les prix. Par ailleurs, la vérification effectuée par les douanes est faite manuellement, colis par colis. Cela retarde le travail des compagnies de courrier express et donc les clients. Ce qui prend une demi-heure à l’aéroport dans presque tous les pays européens et quelques pays du Golfe prend deux heures et demi au départ de Beyrouth. Or les méthodes adoptées dans le monde sont nombreuses. «Ailleurs, on procède par vérification d’échantillons. On choisit quelques colis au hasard ou, selon le besoin, on décide de contrôler tous les colis provenant d’une destination précise», expose Mourad Aoun. En effet, le problème du retard que causent les douanes étant important, «nous avons besoin d’un système qui soit plus moderne, plus rapide et plus informatisé», espère Brendan Cody. Enfin, les lois interdisent que les avions de transport privés des compagnies de courrier express atterrissent à l’aéroport de Beyrouth. Ces entreprises sont alors obligées d’utiliser les lignes commerciales, du Liban vers le plus proche centre de la compagnie. Ce centre ou «Hub» se situe généralement dans l’un des pays du Golfe pour la région du Moyen-Orient : Dubaï pour UPS et Bahreïn pour DHL. Beyrouth n’est donc pas un centre dans le monde du courrier express, vu les difficultés et le retard que cause le système lent et manuel du transit. La guerre a aussi retardé de manière importante le développement du système, étant donné le nombre d’autres priorités. À certains moments, il était impossible d’accéder à l’aéroport à cause du danger que cela représentait, ou tout simplement parce qu’il était fermé dans les périodes de crises aiguës. Dès lors, et afin d’encourager l’installation de compagnies étrangères au Liban, il est nécessaire que ces dernières puissent avoir confiance dans le système de douanes et de sécurité. Mais plus que cela, il faut que les Libanais soient convaincus de l’efficacité du système de contrôle.
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