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Actualités - Chronologie

Embarras croissant des pays arabes face à la crise

Pressés par Washington d’accepter une offensive contre l’Irak et par Bagdad de voler au secours d’un voisin menacé, les pays arabes multiplient les prises de position ambiguës ou discordantes, exprimant un embarras chaque jour grandissant. « L’action commune arabe vise actuellement à prévenir une guerre contre l’Irak », a déclaré hier le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, se déclarant convaincu qu’» aucun pays arabe ne participera à une action militaire contre l’Irak ou à une invasion de son territoire ». Pour le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG) Abdel Rahmane al-Attiya, les monarchies de la région sont opposées à toute action militaire contre n’importe quel pays arabe, « y compris l’Irak ». « Nous sommes pour une option diplomatique et des choix pacifiques pour éviter à la région et à l’Irak toute action militaire », a ainsi ajouté le responsable de cette organisation dont les six membres – Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Koweït, Qatar, Bahreïn et Oman – ouvrent pourtant leur porte à l’armée américaine, qui a déployé 65 000 soldats dans la région et s’apprête à y envoyer 50 000 autres hommes. Interrogé sur ce déploiement militaire d’un pays qui menace d’envahir l’Irak, dont les dirigeants sont accusés de développer des armes de destruction massive, M. Attiya a répondu, contre toute évidence : « Il y a des relations qui dictent ces arrangements militaires, qui ne sont pas dirigés contre un quelconque pays arabe ou islamique, y compris l’Irak. » Dans le communiqué final de son 23e sommet, le 22 décembre, le CCG s’était contenté de rappeler la nécessité de « respecter l’indépendance et l’intégrité territoriale » de l’Irak et de « ne pas s’ingérer dans ses affaires intérieures ». Pour Bagdad, il est pourtant grand temps que les Arabes agissent pour soutenir un des leurs, face à la menace américaine. « Ce que l’Irak demande, c’est une action concrète et une position effective et non des appels » à une solution de la crise, s’impatiente le quotidien Babel, dirigé par Oudaï Saddam Hussein, le fils aîné du président irakien. Stratégiquement liée aux États-Unis et tenant d’un islam rigoriste, l’Arabie saoudite peine à adopter une position concernant l’utilisation des bases américaines qu’elle accueille. Le vice-ministre saoudien de la Défense Abdel Rahmane ben Abdel Aziz a démenti hier que son pays ait accepté de mettre ses installations militaires à la disposition des États-Unis en cas de guerre en Irak, comme l’a affirmé le quotidien américain New York Times. « Je crois fermement que les Saoudiens nous apporteront toute la coopération dont nous avons besoin. D’après les indications que j’ai, nous avons grosso modo ce que nous avons demandé », avait déclaré au journal le général John Jumper, chef d’état-major de l’US Air Force. L’essentiel de l’effort de guerre américain lors de la guerre du Golfe en 1991 avait été mené à partir de l’Arabie saoudite, mais face aux réticences récentes de Ryad, le Pentagone construit actuellement un centre de commandement au Qatar. Autres alliés de Washington, l’Égypte et la Jordanie ont eu moins de difficulté que les régimes du Golfe à arrêter une position. Partenaires des États-Unis dans la recherche d’une solution au conflit israélo-palestinien, signataires de traités de paix avec Israël, Le Caire et Amman ont répété à Washington qu’un conflit déstabiliserait toute la région. Et annoncé leur refus d’y participer. Le ministre jordanien des Affaires étrangères Marwan Moasher a averti samedi que la « Jordanie ne participera pas à une guerre contre l’Irak », ajoutant que « son territoire ne servira pas de base arrière aux attaques » américaines. Quant à son homologue égyptien Ahmed Maher, il a déclaré jeudi que « l’Égypte ne fera pas partie d’une offensive, de quelque manière que ce soit ».
Pressés par Washington d’accepter une offensive contre l’Irak et par Bagdad de voler au secours d’un voisin menacé, les pays arabes multiplient les prises de position ambiguës ou discordantes, exprimant un embarras chaque jour grandissant. « L’action commune arabe vise actuellement à prévenir une guerre contre l’Irak », a déclaré hier le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, se déclarant convaincu qu’» aucun pays arabe ne participera à une action militaire contre l’Irak ou à une invasion de son territoire ». Pour le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG) Abdel Rahmane al-Attiya, les monarchies de la région sont opposées à toute action militaire contre n’importe quel pays arabe, « y compris l’Irak ». « Nous sommes pour une option diplomatique et des choix...