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Actualités - Reportage

Les outils technologiques, précieux pour les personnes en difficulté(photo)

Toutes les ONG membres du réseau Franconet ont profité des formations mises à leur disposition, chacune à sa façon et selon ses besoins à l’origine. Selon Pierre Issa, directeur général d’Arcenciel, une association rompue aux moyens technologiques avant même l’adhésion au programme, « nos hôtes canadiens ont été ravis de constater que nous avons maximisé le budget qui nous a été réservé. » En effet, la participation à Franconet a permis l’accès à des informations spécifiques concernant l’appui et la réinsertion sociale des personnes handicapées et en difficulté, sans compter qu’elle a développé la diffusion sur Internet des activités de l’association. Faire partie d’un réseau a également poussé Arcenciel à établir des liens avec d’autres organismes francophones. Arcenciel a également profité des formations et des fonds issus du programme Franconet pour développer sa gestion interne et l’enrichir d’outils nouveaux. La mise en réseau des archives, par exemple, en facilite la consultation à tous les membres de cette association qui possède plusieurs centres. D’autre part, l’installation d’un système de communication interne sur le réseau, soit l’Intranet, a facilité les échanges, permis des économies en factures téléphoniques et évité les déplacements inutiles. Ce dernier point est extrêmement important pour une association dont plusieurs membres et bénéficiaires sont à mobilité réduite. Même des consultations médicales par Internet sont devenues possibles, économisant aux handicapés de longs trajets pour des questions simples. Un futur projet de l’association dans le cadre du programme sera la création d’une banque d’images, soit la numérisation des photos. De nouvelles portes Rappelons qu’Arcenciel se définit comme « une association pour le développement durable qui travaille avec et pour toute personne en difficulté ». Elle cible plusieurs catégories vulnérables de la population, dont les enfants, les jeunes, les personnes âgées, les handicapés, les prisonniers, les toxicomanes, etc., sans distinction entre femmes et hommes, ou entre Libanais et non-Libanais. En fait, plusieurs ONG qui se sont associées dans le cadre de Franconet œuvrent pour les droits de l’homme, plus particulièrement pour la promotion des femmes et des jeunes. L’Orient-Le Jour a eu des entretiens avec les représentantes de deux de ces associations, l’une roumaine, l’autre rwandaise. Elles donnent des informations sur les problèmes auxquels elles font face et sur les bénéfices qu’elles ont tiré de leur participation à Franconet. Amca Jugaru est la représentante de la Société d’analyses féministes roumaine AnA, fondée en 1990 mais fonctionnant depuis 1993. « Notre organisation constitue une sorte de pont entre le féminisme académique, vu que nombre de ses membres sont issus du milieu universitaire, et le travail sur le terrain pour les droits des femmes et les questions du genre », explique-t-elle. « L’intervention de Franconet dans notre travail a été très positive, poursuit-elle. Nous avions déjà accès à l’Internet, mais Franconet nous a ouvert de nouvelles portes. Nous nous sommes fait connaître et nous avons établi des contacts avec de nouvelles organisations. Grâce aux formations technologiques que nous avons reçues, nous avons pu placer sur notre site un guide des ONG spécialisées dans la cause des femmes et des jeunes. » À la question de savoir si l’organisation roumaine serait capable de préserver ses réalisations après la fin du programme, Mme Jugaru estime que la difficulté de collecter des fonds est commune à toutes les ONG. « Pour le futur proche, nous avons assuré les fonds nécessaires, et nous espérons trouver un financement pour les années qui viennent », dit-elle. Odette Kabaya, du Collectif pro-femmes THC (tous ensemble) au Rwanda, pense que l’utilisation d’Internet dans son pays a connu une évolution au cours des dernières années, mais que, dans ce contexte, les femmes sont restées défavorisées. « Elles n’ont toujours pas accès à l’information de manière suffisante, particulièrement en ce qui concerne les nouvelles technologies, déplore-t-elle. Dans le cadre de mon organisation, qui est un collectif d’ONG œuvrant pour la promotion de la femme, nous avons réalisé que nous ne pouvons rien faire sans développer cet outil et transmettre le savoir. » Quel est l’intérêt de réunions comme celles-ci ? « Elles nous permettent d’effectuer des échanges avec les partenaires de Franconet sur la base de nos différentes expériences, explique Mme Kabaya. Nous avons aussi bénéficié d’une formation technologique supplémentaire. Notre site Internet n’était pas suffisamment développé, et nous avons profité de l’expérience des autres pour maximiser les échanges internes dans l’organisation, ou externes, ou même régionaux et internationaux. » Elle précise, par ailleurs, que les bénéficiaires des services des ONG qui forment le collectif sont au nombre de 230 000 femmes, et leur effectif est proche de 44 000. « Il y a donc un grand nombre de personnes qui profitent aujourd’hui de cet outil grâce à nous, d’autant plus que le prix de l’accès Internet est moins cher dans notre cybercafé », conclut-elle. Eugénie Aw, chargée d’enseignement à l’Université de Dakar, Sénégal, avait une mission pas comme les autres au cours de la réunion, celle de parler de la place qu’occupent les femmes dans les sociétés africaines. « J’ai voulu montrer qu’il était important, pour pouvoir instaurer des programmes cohérents, de faire une analyse différenciée des besoins des différents groupes, raconte-t-elle. C’est d’autant plus important que dans notre éducation traditionnelle, on tend plus à considérer que les femmes doivent gérer l’espace privé plutôt que faire partie de l’espace public. D’où le fait que les technologies qui étaient réservées aux femmes étaient plutôt d’ordre domestique, ne valorisant pas les capacités intellectuelles. Il fallait donc déterminer les moyens à prendre pour que les femmes s’approprient les nouvelles technologies, qu’elles leur permettent de se mettre en réseau, de faire entendre leur voix, de valoriser leurs initiatives. » Interrogée sur les moyens pratiques qui leur permettraient d’y accéder, elle reconnaît que ce n’est pas facile parce que les femmes n’ont pas toujours les bons contacts. « Par le biais de la coopération internationale, ou par le biais de programmes nationaux et des organisations féminines, elles pourront accéder à ces moyens, poursuit Mme Aw. Mais il faut qu’elles osent prendre l’initiative et le temps de s’initier, qu’elles osent aller vers le savoir et le produire elles-mêmes. »
Toutes les ONG membres du réseau Franconet ont profité des formations mises à leur disposition, chacune à sa façon et selon ses besoins à l’origine. Selon Pierre Issa, directeur général d’Arcenciel, une association rompue aux moyens technologiques avant même l’adhésion au programme, « nos hôtes canadiens ont été ravis de constater que nous avons maximisé le budget qui nous a été réservé. » En effet, la participation à Franconet a permis l’accès à des informations spécifiques concernant l’appui et la réinsertion sociale des personnes handicapées et en difficulté, sans compter qu’elle a développé la diffusion sur Internet des activités de l’association. Faire partie d’un réseau a également poussé Arcenciel à établir des liens avec d’autres organismes francophones. Arcenciel a également...