À l’occasion de la parution du livre de Nina Jidejian, consacré à son mari, le Pr Yervant Jidejian, nous avons reçu ce témoignage du Dr Gédéon Mohasseb : La médecine, c’est bien connu, est à la fois une science et un art. Et le chirurgien, doté de doigts de pianiste, peut alors manier le bistouri à la place du pinceau et faire de sa carrière une véritable œuvre d’art, puisque son tableau est rempli d’une multitude de vies humaines sauvées. Tout récemment, au nom de tous les chirurgiens libanais, les professeurs Ghossain, Boustany, Boulos et Geahchan ont rendu un vibrant hommage au professeur Yervant Jidejian. En des termes émouvants – et avec une petite pincée d’humour – ,ils ont bien campé le personnage. « Un saint triste est un triste saint » : un chirurgien triste l’est autant, sinon plus. Et Jidejian savait manier l’humour avec élégance et sobriété. Ayant eu le privilège d’avoir été opéré par lui, il y a près de soixante ans, je me demande s’il n’a pas influé sur ma carrière. L’admiration d’adolescent – toujours vive à cet âge –, et que je vouais à mon “ sauveur ”, a dû être déterminante. Vingt ans plus tard, le dieu des rencontres nous met tous les deux face à face, au chevet d’un bébé comateux, que je devais opérer à la clinique Rizk. Les parents font alors appel à ce vétéran de la chirurgie, grand ami de la famille, pour juger le nouveau venu. Pour moi, sa caution a été très encourageante. Ce gosse opéré du cerveau est devenu maintenant un grand gaillard. Quelques années plus tard, je le revois de nouveau à l’Hôtel-Dieu de France. Il préparait son livre sur les kystes hydatiques. Il était venu colliger nos observations, au Pr Ghossain et à moi-même, pour les inclure dans son livre. Nous étions honorés et flattés. Je le revois encore, au faîte de sa gloire, en homme sage, enthousiaste, curieux, chaleureux et d’une politesse exquise. Parlant d’art, comment résister à la tentation de le comparer à un autre grand géant de ses compatriotes, mon ami disparu Paul G. ? Ce maître incontesté de la peinture libanaise, admirable et admiré, avec sa palette de lumière, a su dépouiller à l’extrême ses magnifiques silhouettes longilignes, mystérieuses et mystiques. Un grand hommage est à rendre à Nina Jidejian, véritable pasionaria des villes phéniciennes. En archéologue scrupuleuse, elle a fait revivre ces cités glorieuses : Tyr, Sidon, Beryte, Byblos, Tripoli et Baalbeck. Son dernier livre, consacré à son mari, semble être le couronnement de sa carrière, le 7e de la série. Ce septième ouvrage, serait-il le septième pilier de la sagesse ? Dr Gédéon MOHASSEB
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats À l’occasion de la parution du livre de Nina Jidejian, consacré à son mari, le Pr Yervant Jidejian, nous avons reçu ce témoignage du Dr Gédéon Mohasseb : La médecine, c’est bien connu, est à la fois une science et un art. Et le chirurgien, doté de doigts de pianiste, peut alors manier le bistouri à la place du pinceau et faire de sa carrière une véritable œuvre d’art, puisque son tableau est rempli d’une multitude de vies humaines sauvées. Tout récemment, au nom de tous les chirurgiens libanais, les professeurs Ghossain, Boustany, Boulos et Geahchan ont rendu un vibrant hommage au professeur Yervant Jidejian. En des termes émouvants – et avec une petite pincée d’humour – ,ils ont bien campé le personnage. « Un saint triste est un triste saint » : un chirurgien triste l’est autant, sinon plus. Et...