Une nouvelle géographie de l’islamisme armé algérien s’est peu à peu dessinée depuis la dissolution de l’Armée islamique du salut (AIS) en 1999 et l’éclatement du Groupe islamique armé (GIA) en au moins quatre groupes dissidents, selon les révélations samedi d’un général de l’armée algérienne. Le GIA, resté seul sur le terrain, a connu plusieurs dissidences dont la plus importante a entraîné la création en 1998 du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) d’Hassan Hattab, a déclaré le chef d’état-major de la première région militaire, le général Maïza, lors d’un colloque sur le terrorisme. Le GSPC, affilié au groupe el-Qaëda d’Oussama Ben Laden, est le groupe le plus important avec 350 à 380 hommes, agissant essentiellement dans l’est algérien, en Kabylie, dans les Aurès et Tébessa (extrême est), a-t-il estimé. Avec la disparition de l’AIS, le vieil antagonisme entre salafistes (fidèles aux doctrines originelles de l’islam) et djaz’aristes (algérianistes) prônant un islam politisé aux couleurs algériennes ne subsistait plus sur le terrain. D’où la création du GSPC, se prévalant du salafisme. Le GSPC est actif dans l’Est algérien dans les régions de Tizi Ouzou, Boumerdès et Bouira (Kabylie), de Batna dans les Aurès et Tébessa (extrême Est). Le GIA, affaibli, ne compte plus qu’une soixantaine d’hommes, des inconditionnels, anciens de la guerre d’Afghanistan et fidèles à leur chef Antar Zouabri, tué en février et remplacé par Rachid Abou Tourab, de son vrai nom Rachid Ouakali. Il est présent dans la Mitidja, autour de son fief Boufarik (35 km au sud d’Alger), et au sud d’Alger. Le général Maïza a également fait part de l’existence de groupes « autonomes » n’obéissant qu’à leur chef direct. Ces groupes restent toutefois proches du GIA et s’inspirent de sa doctrine extrémiste et sanguinaire, qui a déclaré impie tout le peuple algérien, permettant ainsi le massacre de civils. La plupart de ces massacres ont d’ailleurs lieu au sud et à l’ouest d’Alger où sont implantés ces groupes. Ainsi le groupe Houmat Daawa salafia (HDS), les défenseurs de la prédication salafiste, dirigé par Mohammed Benslim, dit Salim el-Abassi, compte 70 hommes dans les régions d’Aïn Defla et Relizane (ouest d’Alger). Le Groupe salafiste pour le djihad (GSD), avec 60 éléments obéissant à Abdelkader Souane, dit Abou Thamana, opère dans les régions d’Aïn Defla et Tissemsilt (ouest d’Alger). Le Groupe salafiste combattant (GSC) de Yahia Djouadi, alias Abou Amar, fort de 80 hommes, est en revanche plutôt proche du GSPC, selon le général Maïza. Ce groupe serait installé dans le massif de l’Ouarsenis dans le triangle Chlef-Tiaret-Tissemsilt. Après s’être regroupés à partir de 1994 pour mieux s’organiser, les groupes armés algériens sont en train de se séparer pour se retrouver presque au même point qu’entre 1992 et 1994. Le GIA, en tant qu’organisation nationale d’inspiration djaz’ariste, avait été créé en mai 1994 sur les cendres de plusieurs groupes armés et du Mouvement de l’État islamique (MEI) du « général » Abdelkader Chebouti, alors dirigé par Saïd Mekhloufi. Le premier des GIA avait été créé dès décembre 1991 par Mansouri Meliani, pour la guérilla urbaine. Condamné à mort, il est exécuté en 1993.
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