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Actualités - Opinion

HOMMAGE Georges Acra, l’autre médecine

Le Dr Georges Acra s’est éteint à l’âge de 84 ans : avec lui une page de la cardiologie libanaise s’est tournée. Je ne vais pas m’étendre sur les diplômes et la formation parisienne de l’après-guerre qu’a reçus ce pionnier de la cardiologie libanaise au milieu du siècle dernier ; je voudrais simplement rendre hommage à cette race de cardiologues de ville qui, avec la disparition du Dr Acra, est en voie d’extinction ; cette cardiologie, qui est basée sur une connaissance profonde et précise de la sémiologie, c’est-à-dire sur l’observation et l’écoute du patient, où chaque signe et chaque plainte ont leur place dans l’analyse diagnostique et la démarche thérapeutique. Cette pratique de la médecine est basée non seulement sur un sens clinique exacerbé, mais sur un dévouement vocationnel et une disponibilité physique et morale à toute épreuve. Cette médecine où l’on commence à soigner des malades et l’on finit par gagner des amitiés. Cette médecine où les prestations du médecin sont essentiellement rémunérées par la reconnaissance et de profonds remerciements. Cette médecine où les malades ne sont pas reconnus par leur numéro de lit mais par leur nom et prénom ; cette médecine où l’on ne se fixe pas seulement sur la maladie mais sur l’être humain qui en subit les conséquences. Il est décédé comme il avait vécu dans le calme et la sérénité. Sa façon de pratiquer sa profession et de vivre sa médecine restera pour nous une leçon d’humanisme réconfortante dans cette époque où la médecine, par ses avancées technologiques, dévie de sa vocation et se trouve menacée par des tourbillons économiques, financiers et juridiques. La pratique humanitaire de la médecine telle que Georges Acra l’avait pratiquée durant sa vie restera pour nous une leçon d’espoir pour rééquilibrer un dérapage inhumain de notre profession et réinventer une autre médecine. Le Dr Georges GHANEM
Le Dr Georges Acra s’est éteint à l’âge de 84 ans : avec lui une page de la cardiologie libanaise s’est tournée. Je ne vais pas m’étendre sur les diplômes et la formation parisienne de l’après-guerre qu’a reçus ce pionnier de la cardiologie libanaise au milieu du siècle dernier ; je voudrais simplement rendre hommage à cette race de cardiologues de ville qui, avec la disparition du Dr Acra, est en voie d’extinction ; cette cardiologie, qui est basée sur une connaissance profonde et précise de la sémiologie, c’est-à-dire sur l’observation et l’écoute du patient, où chaque signe et chaque plainte ont leur place dans l’analyse diagnostique et la démarche thérapeutique. Cette pratique de la médecine est basée non seulement sur un sens clinique exacerbé, mais sur un dévouement vocationnel et une...