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L’Afrique de l’Ouest redoute les soubresauts de la crise

Difficultés d’approvisionnement, hausse des prix, mais aussi crainte de voir affluer des dizaines de milliers de réfugiés : les premiers effets de la crise en Côte d’Ivoire commencent à se faire sentir dans les pays de la sous-région après seulement trois semaines de conflit. Le Niger, un des pays les plus pauvres de la planète, enclavé et situé à plus d’un millier de kilomètres de la mer, dépend de la Côte d’Ivoire pour l’importation de bon nombre de ses produits de consommation courante, qu’ils soient ivoiriens ou non. Déjà la semaine dernière, diverses denrées commençaient à manquer et les prix s’envolaient pour les derniers stocks restants. Noix de cola, fruits et légumes, peinture, bois, la pénurie se profile et inquiète autant les habitants que les commerçants. Le prix d’une huile de cuisine ivoirienne très prisée a ainsi augmenté de près de 15 % depuis le début de la rébellion armée, le 19 septembre. Le Burkina, pointé du doigt par les autorités ivoiriennes qui l’accusent de soutenir les rebelles, a bien tenté de diversifier ses sources d’approvisionnement dans le passé, à la suite de tensions avec son voisin ivoirien. Mais, comme le Niger, il reste majoritairement dépendant de la Côte d’Ivoire pour nombre de ses importations. La fermeture de sa frontière terrestre avec la Côte d’Ivoire dès les premiers jours de la crise et l’interruption de facto des trains de marchandises entre Abidjan et le Burkina risquent de porter un coup dur à son économie. Le Mali, dans une moindre mesure, pourrait, lui aussi, souffrir de la fermeture de la frontière et de la partition du pays, dont la moitié nord est sous le contrôle des mutins. Les retombées négatives les plus redoutées dans la sous-région restent cependant un exode massif des millions d’immigrés ouest-africains installés en Côte d’Ivoire ou de réfugiés ivoiriens. Le Programme alimentaire mondial de l’Onu (PAM) avait annoncé vendredi dernier se préparer à une « crise humanitaire de grande ampleur » craignant une « situation comparable à celle des Grands Lacs ». Pour parer à toute éventualité, le PAM va lancer « une opération d’urgence régionale » dépassant le seul cadre de la Côte d’Ivoire. « Des structures d’assistance du PAM au Ghana – qui risque de servir de corridor pour les déplacés – et à Ouagadougou » se mettent en place, a indiqué un responsable du PAM à Abidjan. Dénonçant les exactions dont sont, selon eux, victimes leurs ressortissants en Côte d’Ivoire, de nombreux pays de la sous-région ont pris les devants et adopté des mesures d’urgence en cas d’afflux massif de déplacés ou de réfugiés. Le Ghana s’est doté d’un plan d’évacuation de ses nationaux, estimés entre 500 000 et un million en Côte d’Ivoire, et Niamey a annoncé le début prochain du rapatriement d’« un maximum » de Nigériens, estimés à 700 000 sur le sol ivoirien. Samedi matin, les premiers d’entre eux, quelques centaines, sont arrivés à la gare routière de Niamey. Même le géant nigérian, par le voix de son vice-ministre des Affaires étrangères, a annoncé avoir débuté des opérations de rapatriement de ses ressortissants qui en exprimeraient le souhait. Le principal pays concerné est, une fois encore, le Burkina Faso, dont quelque 3 millions de ressortissants travaillent en Côte d’Ivoire. Selon des sources concordantes, 4 000 ressortissants burkinabés ont notamment été chassés par des populations « autochtones » de la région de Duékoué (ouest de la Côte d’Ivoire), mais aucun départ massif de cette communauté, installée souvent depuis des décennies en Côte d’Ivoire, n’a pour l’instant été signalé. La crise ivoirienne pourrait cependant avoir des retombées positives pour certains pays de la région, comme le Ghana, le Togo ou le Bénin, dotés d’importantes installations portuaires, vers lesquelles une partie du trafic et du commerce ivoirien pourrait être détournée.
Difficultés d’approvisionnement, hausse des prix, mais aussi crainte de voir affluer des dizaines de milliers de réfugiés : les premiers effets de la crise en Côte d’Ivoire commencent à se faire sentir dans les pays de la sous-région après seulement trois semaines de conflit. Le Niger, un des pays les plus pauvres de la planète, enclavé et situé à plus d’un millier de kilomètres de la mer, dépend de la Côte d’Ivoire pour l’importation de bon nombre de ses produits de consommation courante, qu’ils soient ivoiriens ou non. Déjà la semaine dernière, diverses denrées commençaient à manquer et les prix s’envolaient pour les derniers stocks restants. Noix de cola, fruits et légumes, peinture, bois, la pénurie se profile et inquiète autant les habitants que les commerçants. Le prix d’une huile de cuisine...