L’actrice française Jeanne Moreau, qui préside le jury des longs métrages du Festival de Marrakech, estime que cette manifestation est « une passerelle » entre cultures et cinémas et une « leçon de tolérance », dans un entretien avec l’AFP. «Marrakech, ce n’est pas tellement loin mais c’est un festival sur un autre continent, c’est promouvoir la présence d’un cinéma africain, nord-africain, c’est créer des liens. C’est une passerelle, car l’ignorance entretient la haine », dit-elle, deux mois après avoir accompagné les films français au Festival de Yokohama, au Japon. « La première édition du festival était plus modeste, c’était si près du 11 septembre. J’étais à Toronto à ce moment-là », se souvient Jeanne Moreau, âgée de 74 ans. « Ça a été un choc, une douleur, une incompréhension de voir que les leçons du passé ne portent pas leurs fruits. Il n’y a pas de mémoire. Moi, je n’ai pas de place pour la haine, l’idée de revanche, la violence pour la violence, ça provoque un profond désarroi ; ça perturbe... Le conflit israélo-palestinien est une vraie douleur », ajoute-elle. La star, révélée il y a 45 ans pour ses rôles dans Ascenseur pour l’échafaud et Les amants de Louis Malle, pense que le cinéma a un rôle à jouer dans les pays arabes. « Du moment où il existe et qu’il y a une liberté d’expression, l’intolérance recule. Dans les pays soumis à la dictature, le cinéma est contrôlé, la censure ominiprésente. Les religions intégristes interdisent les images », estime-t-elle. « Moi, quand on dit religion, je pense spiritualité, dit Jeanne Moreau. C’est quelque chose qui nous appartient à tous, c’est une recherche. Ce qui est mortel et dangereux, ce sont les dogmes », alors que « le crime c’est le miroir du monde, il y a le rire, les larmes et l’émotion. Le langage cinématographique peut toucher au cœur. » La star, qui a tourné plus d’une centaine de films, mais jamais sur le continent africain, souligne qu’elle découvrira pendant le festival des cinémas qui lui sont inconnus, des films du Bangladesh, du Burkina Faso, de l’Iran ou du Mali. Elle repartira ensuite au Japon, à la mi-octobre, pour le 15e anniversaire du Festival de films des femmes du cinéma asiatique, dont elle était la marraine lors de sa création. Cet anniversaire coïncide avec la sortie du film de Josée Dayan Cet amour-là, son dernier rôle, où elle incarne l’écrivain français Marguerite Duras.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’actrice française Jeanne Moreau, qui préside le jury des longs métrages du Festival de Marrakech, estime que cette manifestation est « une passerelle » entre cultures et cinémas et une « leçon de tolérance », dans un entretien avec l’AFP. «Marrakech, ce n’est pas tellement loin mais c’est un festival sur un autre continent, c’est promouvoir la présence d’un cinéma africain, nord-africain, c’est créer des liens. C’est une passerelle, car l’ignorance entretient la haine », dit-elle, deux mois après avoir accompagné les films français au Festival de Yokohama, au Japon. « La première édition du festival était plus modeste, c’était si près du 11 septembre. J’étais à Toronto à ce moment-là », se souvient Jeanne Moreau, âgée de 74 ans. « Ça a été un choc, une douleur, une...