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Humour pour le seul regard africain sur le 11 septembre

Le seul cinéaste africain à participer au film collectif «11’09”01» présenté à la Mostra de Venise, le Burkinabe Idrissa Oueadraogo, est aussi le seul à choisir le mode de l’humour pour évoquer, à travers les regards d’enfants, les attentats du 11 septembre 2001. Des gamins dans les rues de Ouagadougou décident d’enlever un homme qu’ils croient être Ben Laden pour toucher une rançon, acheter crayons et cahiers et, surtout, des médicaments pour la mère malade de l’un d’eux. Mais le rapt échoue et le barbu prend l’avion. « Ben Laden, reviens s’il te plaît, on a besoin de toi ici, implorent-ils. Sinon, George Bush, quand tu viendras en Afrique, on t’attrapera et on demandera une rançon. » « On peut faire passer des messages forts par la comédie même si un petit film de 11 minutes ne va pas changer la situation », dit le cinéaste réalisateur de Yaaba. « Ces enfants, qui ont entre 10 et 12 ans, sont l’avenir de l’Afrique, mais aussi du monde. Bien sûr les évènements du 11 septembre sont importants pour eux, mais pour l’enfant dont la mère est malade, le plus urgent, c’est sa propre survie et celle des siens », dit-il encore. «Les attentats du 11 septembre nous poussent à réfléchir, affirme le cinéaste. On ne peut pas justifier cette violence, mais on peut essayer d’analyser les mécanismes qui font que, çà et là dans le monde, de tels événements peuvent arriver. » « On oublie surtout que, çà et là dans le monde, tous les jours il y a des centaines, des milliers de morts dans les pays économiquement faibles qui n’ont pas de voix. » « Il y a des gens qui meurent tous les jours de façon violente en Afrique. Les tours qui s’effondrent, c’est ce qu’on a vu en direct grâce au pouvoir des médias. Mais il y a plein de choses dramatiques qu’on ne voit pas : ce sont ces millions de gens qui meurent du paludisme, du sida, de la méningite. C’est comme si on assistait, impuissant, à la destruction d’un continent. » «C’est sur ça que ma réflexion porte: le visible à cause des médias et le non-visible à cause du désintérêt des médias. Le monde ne peut pas continuer ainsi, sinon il y aura toujours des gestes fous. » Idrissa Ouedraogo est le seul cinéaste africain à la Mostra, avec Flora Gomes, le Bissau-Guinéen, qui présente Nha Fala, une comédie musicale en compétition pour le Lion d’or, et Victor Viyuoh, un jeune Camerounais, qui présente un court métrage dans la section Nouveaux territoires. Le cinéaste burkinabé vient de créer l’association des auteurs, réalisateurs, producteurs africains, « avec des créateurs et des producteurs exerçant réellement en Afrique. Car dans le domaine de l’audiovisuel, on n’a pas notre place pendant que les satellites déversent des images sur tout le continent, dit-il. S’il est normal que les peuples échangent et que ces satellites véhiculent les images d’ailleurs en Afrique, il est inadmissible que nous ne soyons pas présents. C’est une forme de colonisation ».
Le seul cinéaste africain à participer au film collectif «11’09”01» présenté à la Mostra de Venise, le Burkinabe Idrissa Oueadraogo, est aussi le seul à choisir le mode de l’humour pour évoquer, à travers les regards d’enfants, les attentats du 11 septembre 2001. Des gamins dans les rues de Ouagadougou décident d’enlever un homme qu’ils croient être Ben Laden pour toucher une rançon, acheter crayons et cahiers et, surtout, des médicaments pour la mère malade de l’un d’eux. Mais le rapt échoue et le barbu prend l’avion. « Ben Laden, reviens s’il te plaît, on a besoin de toi ici, implorent-ils. Sinon, George Bush, quand tu viendras en Afrique, on t’attrapera et on demandera une rançon. » « On peut faire passer des messages forts par la comédie même si un petit film de 11 minutes ne va pas...