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Actualités - Chronologie

Berlin prend ses distances avec Londres

L’Allemagne a durci le ton hier dans son opposition à une intervention militaire américaine en Irak et mis en garde Washington contre ce qui pourrait être « la décision la plus risquée depuis la guerre du Vietnam ». Le chancelier allemand Gerhard Schröder, en réaffirmant que des soldats allemands ne participeraient pas à une telle intervention, a clairement pris ses distances avec le Premier ministre britannique Tony Blair. Les informations dont dispose l’Allemagne ne montrent pas de nouvelles menaces de l’Irak, a souligné le chancelier lors d’une conférence de presse. « Nous n’avons donc aucune raison de changer notre position bien fondée », a-t-il précisé. Répondant à Tony Blair, qui avait parlé d’« antiaméricanisme pur et simple » à propos de nombreuses critiques contre les États-Unis, Gerhard Schröder a réfuté tout antiaméricanisme dans la position allemande. Son ministre des Affaires étrangères, Joschka Fischer, a enfoncé le clou en déclarant au quotidien régional Mittelbayerische Zeitung : « Aux États-Unis même, on considère qu’il s’agit là de la décision la plus risquée depuis la guerre du Vietnam (...) C’est pourquoi le gouvernement allemand est convaincu qu’une intervention militaire est une mauvaise décision ». Selon M. Fischer, Washington devrait s’attendre à une longue occupation de l’Irak en cas d’intervention militaire, une « tâche énorme » selon lui. M. Schröder a avancé trois arguments pour expliquer le non allemand à toute intervention militaire en Irak : en premier lieu, selon lui, une telle attaque risquerait d’ébranler la coalition internationale contre le terrorisme. Autre argument : l’opération internationale de lutte contre le terrorisme, Liberté immuable, lancée par les États-Unis à la suite des attentats du 11 septembre, n’est pas encore terminée. Enfin, selon M. Schröder, les réflexions sur « un nouvel ordre politique au Proche-Orient » et sur les conséquences d’un éventuel conflit avec l’Irak sur la région ne sont pas suffisamment avancées. Interrogé sur l’hypothèse d’une intervention militaire des États-Unis en Irak, le chancelier a refusé de dire si l’Allemagne autoriserait ou non aux avions américains d’emprunter son espace aérien. « Doute sur l’intensité des relations » germano-américaines L’ambassadeur des États-Unis en Allemagne, Daniel Coats, a, de son côté, estimé hier dans une interview qu’il planait côté américain « un certain doute sur l’intensité des relations » entre Washington et Berlin. La position de l’Allemagne sur l’Irak « ne renforce naturellement pas notre relation, mais cela ne veut pas dire non plus qu’elle la ruine », a-t-il toutefois tempéré, dans un entretien à l’agence de presse allemande DPA. « La politique actuelle du gouvernement isole l’Allemagne de la majorité des opinions, même au sein de l’Union européenne », a ajouté M. Coats. La décision du gouvernement allemand de retirer les six blindés de l’armée allemande, la Bundeswehr, stationnés actuellement au Koweït en cas d’intervention américaine en Irak, n’est « pas d’une grande aide », a conclu l’ambassadeur.
L’Allemagne a durci le ton hier dans son opposition à une intervention militaire américaine en Irak et mis en garde Washington contre ce qui pourrait être « la décision la plus risquée depuis la guerre du Vietnam ». Le chancelier allemand Gerhard Schröder, en réaffirmant que des soldats allemands ne participeraient pas à une telle intervention, a clairement pris ses distances avec le Premier ministre britannique Tony Blair. Les informations dont dispose l’Allemagne ne montrent pas de nouvelles menaces de l’Irak, a souligné le chancelier lors d’une conférence de presse. « Nous n’avons donc aucune raison de changer notre position bien fondée », a-t-il précisé. Répondant à Tony Blair, qui avait parlé d’« antiaméricanisme pur et simple » à propos de nombreuses critiques contre les États-Unis, Gerhard...