Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

DÉLINQUANCE Marc, 16 ans, apprivoisé par les sangliers

Marc avait 14 ans et déjà un passé de délinquant persévérant quand il est arrivé à la bergerie de Faucon, où l’équipe du père Guy Gilbert lui confia d’emblée la responsabilité des sangliers. «Au début, je ne voulais pas y aller parce que c’était chez un curé, se souvient l’adolescent, 18 mois plus tard. Regardez-le, maintenant, ce petit macho à la carrure d’athlète ! », lance fièrement le prêtre éducateur, en désignant son torse bronzé et ses bras musclés par les travaux divers sur les 25 hectares qu’occupent 300 animaux. « Il a pris 10 centimètres en 18 mois, lui qui avait la stature d’un adolescent bloqué. » Quand Marc (dont ce n’est pas le prénom) découvrit les gorges du Verdon, ça lui parut « trop beau ». Au début, l’enfant grandit en HLM à Digne-les-Bains, élevé en foyers jusqu’à 14 ans, « ne parlait pas et ne voulait rien faire ». « Je me suis ouvert petit à petit », dit-il. « Dans les autres centres, ils ne te surveillent pas. Les éducateurs sont dans un bureau. Ici, ils font attention à ce qu’on est », dit-il devant Guy. Sur les contraintes quotidiennes, le pensionnaire est intarissable : « On se couche vers 22h30 et on se lève à 7h30. On s’occupe des bêtes. Pendant un an, j’ai été responsable des sangliers, maintenant, j’ai les lamas. Après, on mange le petit déjeuner, on fait le ménage dans le dortoir et la salle de lecture. De 10h à 12h, on travaille sur la propriété. Le lundi, il y a le fumier. À 11h30, il y en a un qui rentre mettre la table et aider la cuisinière. À midi, on fait le service, on débarrasse, on balaie, puis on se repose. De 15h à 18h, il faut à nouveau travailler, débroussailler, s’occuper des fleurs, refaire des cabanes pour les bêtes... Quelquefois, c’est soûlant. Mais hier, on est allés au lac avec les éducateurs pour se baigner. Et un soir sur deux, on regarde une vidéocassette. Le vendredi, c’est le jour du ménage, le seul moment où on a droit à la musique à fond. » Même si la loi oblige à scolariser les enfants jusqu’à 16 ans, Marc passa un an sans aller à l’école. « La loi, je m’en tape dans ce cas-là, dit Guy Gilbert. Il a attendu que Marc soit « prêt à comprendre qu’il ne deviendrait mécanicien qu’en retournant à l’école ». L’adolescent dit que « ça l’a changé grave en tout, avec sa famille, les conneries... Avant, je ne pouvais pas rentrer chez moi. Maintenant, je voudrais vivre près de ma mère et de mon petit frère ». Marc s’est quand même « fait virer » il y a peu. « J’ai fugué, pour aller voir ma copine à Rougon. Guy m’a demandé de m’éloigner huit jours pour réfléchir. Je me suis dit que je foutais mon avenir en l’air si je partais d’ici. »
Marc avait 14 ans et déjà un passé de délinquant persévérant quand il est arrivé à la bergerie de Faucon, où l’équipe du père Guy Gilbert lui confia d’emblée la responsabilité des sangliers. «Au début, je ne voulais pas y aller parce que c’était chez un curé, se souvient l’adolescent, 18 mois plus tard. Regardez-le, maintenant, ce petit macho à la carrure d’athlète ! », lance fièrement le prêtre éducateur, en désignant son torse bronzé et ses bras musclés par les travaux divers sur les 25 hectares qu’occupent 300 animaux. « Il a pris 10 centimètres en 18 mois, lui qui avait la stature d’un adolescent bloqué. » Quand Marc (dont ce n’est pas le prénom) découvrit les gorges du Verdon, ça lui parut « trop beau ». Au début, l’enfant grandit en HLM à Digne-les-Bains, élevé en foyers...