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Le chef-d’œuvre de Christine Arron

Christine Arron avait réalisé l’exploit de la dernière édition des championnats d’Europe d’athlétisme, en 1998 à Budapest, en réussissant un doublé 100 m et relais 4x100 m, avec le record d’Europe de la ligne droite, ce qui reste jusqu’à ce jour son chef-d’œuvre. Quatre ans plus tard, les préoccupations de la Guadeloupéenne sont bien différentes avec une autre magnifique victoire acquise en donnant naissance à son premier enfant, un petit garçon né le 28 juin dernier. Deux jours après l’ouverture de l’Euro, le 19 août 1998 restera le jour de Christine Arron. Celui qui a fait d’elle la troisième femme la plus rapide de l’histoire avec un chrono de 10 sec 73/100. En début de journée, la jeune femme de 24 ans avait prévenu de son état de forme. En demi-finale, elle avait amélioré de 15/100 le record de France, détenu par Marie-José Pérec depuis plus de sept ans, en bouclant sa course en 10 sec 81/100, devant l’Ukrainienne Zhanna Pintusevich. Quelques heures plus tard, Arron est la dernière à se caler dans les starting-blocks, avec la Russe Irina Privalova, la Grecque Katerina Thanou et Pintusevich, à ses côtés. Malgré un bon temps de réaction, la mise en action de la Française est comme souvent laborieuse, au contraire de Privalova, qui détient encore pour quelques secondes le record d’Europe. En tête pendant plus de 80 mètres, la Russe, qui pense alors pouvoir conserver sa couronne continentale, voit débouler une bombe aux cheveux orange. Extraordinaire dans les 20 derniers mètres, Arron franchit la ligne en 10 sec 73, poussée par un vent qui a le bon goût de souffler à l’exacte limite autorisée (2 m/s). Derrière, Privalova (10’’83), Thanou (10’’87) et Pintusevich (10’’92) s’inclinent dans l’une des lignes droites les plus rapides de l’histoire du sprint féminin. Et le trio ne peut que contempler le sourire éclatant de Arron, qui se lance dans un tour d’honneur habillée du drapeau tricolore. Plus tard, l’élève de Piasenta se dira même « stupéfaite » par sa performance, qui la plaçait juste derrière l’extraterrestre américaine Florence Griffith-Joyner (10’’49) et sa compatriote Marion Jones (10’’71, à l’époque), qui allait devenir la reine du sprint. Dans la foulée, Arron allait réaliser une autre ligne droite parfaite pour donner le titre à ses copines du relais. La suite de la carrière devait malheureusement ne pas être à la hauteur des espoirs nés de la soirée hongroise. Régulièrement blessée, Arron manquait les Mondiaux l’année suivante, seulement 6e, et les Jeux olympiques de Sydney, demi-finaliste. Son exil aux États-Unis dans le groupe de John Smith sera un échec, qu’elle préfère achever par un retour en France avec son ami Dan Philibert, spécialiste du 110 m haies. « En 1998, j’ai suivi toutes ses courses devant ma télévision en Guadeloupe, glisse admirative Muriel Hurtis, qui avait 19 ans à l’époque. Même si je ne la connaissais pas vraiment, j’étais une vraie supportrice. » À partir de jeudi, Muriel Hurtis, qui partagera son entraîneur Guy Ontanon avec Arron l’an prochain, a aussi l’occasion de réaliser son doublé européen en courant le 200 m et le relais à l’Euro de Munich.
Christine Arron avait réalisé l’exploit de la dernière édition des championnats d’Europe d’athlétisme, en 1998 à Budapest, en réussissant un doublé 100 m et relais 4x100 m, avec le record d’Europe de la ligne droite, ce qui reste jusqu’à ce jour son chef-d’œuvre. Quatre ans plus tard, les préoccupations de la Guadeloupéenne sont bien différentes avec une autre magnifique victoire acquise en donnant naissance à son premier enfant, un petit garçon né le 28 juin dernier. Deux jours après l’ouverture de l’Euro, le 19 août 1998 restera le jour de Christine Arron. Celui qui a fait d’elle la troisième femme la plus rapide de l’histoire avec un chrono de 10 sec 73/100. En début de journée, la jeune femme de 24 ans avait prévenu de son état de forme. En demi-finale, elle avait amélioré de 15/100 le...