Le coureur cycliste lituanien Raimondas Rumsas, fortement soupçonné de dopage, a reporté sa venue à Lyon, où il devait s’expliquer devant les enquêteurs, dans l’attente d’une démarche diplomatique sur le sort de sa femme incarcérée depuis mardi en France, a annoncé son avocat. « Il ne viendra pas aujourd’hui. L’affaire s’est déplacée sur le plan diplomatique », a déclaré hier à Reuters Me Pierre-Louis Piloix. Raimondas Rumsas, qui se trouve actuellement en Italie, a fait savoir qu’il attendait, pour faire le voyage à Lyon, que l’ambassadrice de Lituanie en France ait rencontré sa femme, a précisé l’avocat. Cette visite est théoriquement prévue aujourd’hui à Bonneville (Haute-Savoie) où l’épouse du coureur, Edita, a été placée en détention provisoire, a-t-il poursuivi. Pendant toute la journée, Raimondas Rumsas a laissé planer le doute sur sa venue en France, où il doit répondre à une convocation de la police judiciaire chargée de l’enquête sur la saisie de produits dopants dans la voiture de sa femme. Après avoir indiqué que son client se présenterait dans la journée à la PJ lyonnaise, Me Piloix avait annoncé à la mi-journée que le coureur avait raté son avion, probablement à Milan, puis qu’il ne s’était plus manifesté. « Je me fais du souci. J’espère que Raimondas Rumsas n’a pas suivi un autre conseil que celui que nous lui avons donné avec son avocat italien, c’est-à-dire se présenter devant les policiers lyonnais », avait dit l’avocat. Me Piloix précisait avoir informé son client des « risques d’une venue à Lyon, c’est-à-dire qu’il risque de subir le même sort que son épouse et d’être placé en détention provisoire ». Le procureur de la République de Bonneville, Vincent Le Pannerer, a déclaré pour sa part que Rumsas risquait de faire l’objet d’un mandat d’arrêt ou d’une commission rogatoire internationale s’il ne se décidait pas à venir s’expliquer. « S’il ne vient pas dans les jours qui viennent, il faudra songer à autre chose qu’à le convoquer », a-t-il dit à Reuters. « Bande organisée » Mardi, l’avocat de Rumsas avait déclaré que le coureur voulait s’expliquer devant les policiers « pour que l’on ne puisse pas se servir de sa femme comme otage ». Il avait ajouté que Rumsas, qui s’était envolé pour l’Italie dimanche après l’arrivée du Tour de France, où il a fini à la troisième place, contestait « intégralement » les soupçons de dopage qui ont surgi après l’arrestation de sa femme. Celle-ci a été mise en examen pour « administration, offre, session et aide à l’usage de produits dopants », a précisé un communiqué du parquet. Selon Me Véronique Coudray, avocate de la femme du coureur, le parquet a omis de préciser dans son texte que ces chefs s’accompagnaient de la mention « en bande organisée » ce qui laisse penser que les enquêteurs soupçonnent, au-delà du cas Rumsas, un trafic de produits interdits. L’épouse du coureur de la Lampre a été arrêtée dimanche lors d’un contrôle des douanes de Chamonix, près du tunnel du Mont-Blanc, alors qu’elle s’apprêtait à gagner l’Italie à bord d’une voiture immatriculée en Lituanie, en possession de produits interdits. Des « quantités importantes » de médicaments ont été saisies dans le coffre du véhicule, « dont une partie est classée produits dopants », a indiqué le parquet. Il a cité la découverte de « corticoïdes, de testostérone, d’EPO, d’hormones de croissance et d’anabolisants ». Selon Me Coudray, la jeune femme a maintenu qu’elle « transportait des produits médicamenteux pour sa famille ». Aussitôt après cette arrestation, des enquêteurs de la police judiciaire de Lyon se sont rendus à Paris pour tenter d’entendre tous les membres de l’équipe Lampre mais la plupart avaient déjà regagné l’Italie par avion. Néanmoins, sur la route de Paris, les hommes du SRPJ ont croisé un minibus de l’équipe qui a été immédiatement pris en filature, selon le communiqué du parquet. Ses six passagers – un chauffeur, deux mécaniciens et trois masseurs – ont été interpellés lundi matin à Mâcon puis relâchés après une journée de garde à vue.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le coureur cycliste lituanien Raimondas Rumsas, fortement soupçonné de dopage, a reporté sa venue à Lyon, où il devait s’expliquer devant les enquêteurs, dans l’attente d’une démarche diplomatique sur le sort de sa femme incarcérée depuis mardi en France, a annoncé son avocat. « Il ne viendra pas aujourd’hui. L’affaire s’est déplacée sur le plan diplomatique », a déclaré hier à Reuters Me Pierre-Louis Piloix. Raimondas Rumsas, qui se trouve actuellement en Italie, a fait savoir qu’il attendait, pour faire le voyage à Lyon, que l’ambassadrice de Lituanie en France ait rencontré sa femme, a précisé l’avocat. Cette visite est théoriquement prévue aujourd’hui à Bonneville (Haute-Savoie) où l’épouse du coureur, Edita, a été placée en détention provisoire, a-t-il poursuivi. Pendant toute la...