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Actualités - Opinion

HOMMAGE Un grand homme s’en va

Ce n’est pas uniquement le souvenir du professeur Négib Taleb, éminent hématologue et oncologue de renommée nationale et internationale, que j’évoque en ces mots, mais celui du grand homme qu’il fut ; habitué dès son jeune âge à occuper la première place dans les différents concours, à être le pionnier de nombreuses réalisations jugées alors audacieuses (banque du sang, société libanaise du cancer…), ses compétences médicales l’ont toujours catapulté au sommet, et mon témoignage, dans ce domaine, ne sera qu’un de plus dans une liste sans fin. Ce sont les qualités humaines du professeur que je me permets de rappeler : homme d’une culture exceptionnelle, il a toujours su allier médecine, art et histoire, non sans ajouter un zeste d’humour qui l’a toujours caractérisé. Homme à poigne, il a constamment pris les décisions qu’il fallait lors des moments critiques ; qui ne se souvient du doyen Taleb s’opposant, contre vents et marées, au début des événements fâcheux du Liban, à la fermeture de la faculté française de médecine de Beyrouth, et apparaissant comme le principal artisan de la renaissance de cette institution de ses cendres. Homme de franchise, il a toujours dit les choses en face d’une manière sans équivoque ou louvoiement, au prix même de certaines inimitiés. Homme de courage enfin, il a constamment affronté les vicissitudes de la vie de manière héroïque, voire stoïque, à commencer par la balle qui lui a transpércé le poumon au début des années 80, puis par la rupture de son anévrisme cérébral il y a 5 ans, enfin par sa lutte courageuse contre le mal qu’il a combattu toute sa vie durant, lutte qu’il a su occulter à tous ses proches jusqu’au stade terminal. Lors de notre dernière rencontre deux jours avant son départ, il m’a paru serein, parfaitement conscient de l’issue inexorable de sa maladie, mais prêt à l’affronter ; j’ai été particulièrement impressionné par sa lucidité sans faille et par sa capacité d’argumentation, qualités qu’il a conservées jusqu’à la dernière minute. Paul Valéry a écrit : « Les grands hommes meurent deux fois, une fois comme hommes, et une fois comme grands. » Ce souvenir du grand homme restera gravé à jamais dans la mémoire de sa famille, de ses amis et collaborateurs, de ses élèves dont j’ai l’honneur de faire partie et surtout de ses patients, ô combien nombreux, sauvés de ce mal dit incurable. Il s’agit là d’une maigre consolation !… Prof. Roland KASSAB
Ce n’est pas uniquement le souvenir du professeur Négib Taleb, éminent hématologue et oncologue de renommée nationale et internationale, que j’évoque en ces mots, mais celui du grand homme qu’il fut ; habitué dès son jeune âge à occuper la première place dans les différents concours, à être le pionnier de nombreuses réalisations jugées alors audacieuses (banque du sang, société libanaise du cancer…), ses compétences médicales l’ont toujours catapulté au sommet, et mon témoignage, dans ce domaine, ne sera qu’un de plus dans une liste sans fin. Ce sont les qualités humaines du professeur que je me permets de rappeler : homme d’une culture exceptionnelle, il a toujours su allier médecine, art et histoire, non sans ajouter un zeste d’humour qui l’a toujours caractérisé. Homme à poigne, il a...