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Actualités - Opinion

HOMMAGE Négib Taleb, éternel premier

Ce témoignage vécu se veut un raccourci objectif, un « abstract », de ce que fut le parcours médical du regretté professeur Négib Taleb, un parcours long d’un demi-siècle, émaillé de multiples réussites universitaires, académiques et professionnelles. Premier au concours d’admission, à la faculté française de médecine en 1942, premier au concours d’internat de l’Hôtel-Dieu en 1946, le Dr Taleb fut un des premiers hématologistes libanais, formé à l’école de Jean Bernard, et le fondateur de la première banque de sang au Liban. Il devient, en novembre 1976, le premier doyen libanais de la Faculté de médecine de l’USJ, après sa restructuration. Il avait longtemps présidé, en alternance avec Philip Salem, la Société libanaise du cancer, dont il était devenu le président d’honneur. Ceux qui ont eu l’occasion de le côtoyer durant cette longue carrière ont apprécié chez lui deux qualités, constamment retrouvées dans ses comportements. D’abord, une fidélité indéfectible à ses amitiés, une franchise souvent brutale qui lui a, d’ailleurs valu d’être agressé à un barrage de miliciens. Mais il n’avait pas que des amis. Ses inimitiés étaient la conséquence inéluctable de sa franchise et de la possession inhabituelle d’une tête bien pleine et d’une tête bien faite. Son cerveau était farci d’érudition, bourré d’une somme énorme de connaissances encyclopédiques, médicales et parfois potinières et triviales dont ne débordait, pragmatiquement, que l’essentiel dans ses entretiens, et surtout dans son enseignement académique empreint de clarté et de simplicité. Pourquoi n’a-t-il pas écrit ses mémoires ? La question soulevée par M. Ghassan Tuéni, dans an-Nahar du dimanche 7 juillet 2002, je la lui avais posée il y a un an. Sa réponse était que le monde souffrait d’un excès d’information, que le « moi est haïssable » et qu’il voulait épargner à ses amis des lectures immanquablement subjectives. Sa sérénité, en fin de vie, étonnait ses visiteurs. Elle s’expliquait par sa familiarité avec sa maladie dont il connaissait parfaitement les symptômes, le déroulement et l’échéance. Cette dernière satisfaction de sa très connue curiosité scientifique le consolait en quelque sorte. Elle était, néanmoins, tempérée par un doute sur le rôle que l’exposition intempestive aux radiations aurait pu avoir dans le développement de sa maladie. Il était plus torturé par l’absence de réponse à ce doute que par sa connaissance profonde de l’imminence de sa fin. Rarement personne aura autant vécu sa mort. Professeur Antoine GHOSSAIN
Ce témoignage vécu se veut un raccourci objectif, un « abstract », de ce que fut le parcours médical du regretté professeur Négib Taleb, un parcours long d’un demi-siècle, émaillé de multiples réussites universitaires, académiques et professionnelles. Premier au concours d’admission, à la faculté française de médecine en 1942, premier au concours d’internat de l’Hôtel-Dieu en 1946, le Dr Taleb fut un des premiers hématologistes libanais, formé à l’école de Jean Bernard, et le fondateur de la première banque de sang au Liban. Il devient, en novembre 1976, le premier doyen libanais de la Faculté de médecine de l’USJ, après sa restructuration. Il avait longtemps présidé, en alternance avec Philip Salem, la Société libanaise du cancer, dont il était devenu le président d’honneur. Ceux qui ont eu...