Rechercher
Rechercher

Actualités

L’Asie, nouvelle frontière du football ?

Il y a eu les incontournables problèmes de billetterie, de grosses erreurs d’arbitrage, un football souvent médiocre et une météo peu clémente. Mais quiconque en tirerait la conclusion que la première Coupe du monde en Asie a été un ratage se tromperait sans doute. Contrairement à ce qu’annonçaient les plus sceptiques des observateurs, le Mondial 2002 n’a pas été un désastre. En fin de compte, cette Coupe du monde s’est déroulée sans violence et les formidables obstacles posés par l’organisation de 64 matches dans deux pays différents, avec un million de visiteurs à la clé, ont été surmontés sans grandes difficultés. Plus important peut-être, l’enthousiasme pour le ballon rond affiché par les supporters japonais et surtout coréens a permis au football de repousser sans encombre une nouvelle frontière. « C’est un sport mondial. Il est venu en Asie et ça a marché. Je pense qu’il n’y a aucun doute là-dessus », a commenté Keith Cooper, porte-parole de la Fédération internationale de football (Fifa). La vision de millions de Coréens jubilant dans leurs tee-shirts rouges pour célébrer l’ascension fulgurante de leur équipe, arrivée en demi-finale, restera l’une des images marquantes de la compétition. Tout comme celle des Japonais saluant avec autant d’allant les joueurs de l’équipe nationale que ceux de l’Angleterre, de l’Italie, du Brésil ou du Sénégal. « Nous avons eu un public merveilleux. Le public a créé une ambiance si positive dans les stades que nous avons vu les joueurs démontrer beaucoup de fair-play », a estimé le président de la Fifa, Sepp Blatter. Certes, la fièvre du football retombera très vite dans deux pays qui se passionnent d’abord pour le base-ball. Il faudra quelque temps pour être sûr que le sport a réellement pris au Japon et en Corée. Un seul accroc Les détracteurs du Mondial asiatique verront aussi davantage de nationalisme que d’amour du football dans l’enthousiasme manifesté par les « Diables rouges », les supporters de Corée. Mais certains signes sont prometteurs. L’Asie réclame déjà une place supplémentaire au Mondial 2006 en Allemagne, tandis que le président sud-coréen Kim Dae-jung soutient l’idée d’un rapprochement footballistique entre Corée, Japon et Chine. Il faudra aussi du temps pour voir si les millions de dollars investis dans la construction de nouveaux stades porteront leurs fruits. Les économistes doutent que le tournoi apporte des bénéfices hormis le passage, éphémère, de plusieurs milliers de visiteurs étrangers. Sur le plan diplomatique en revanche, l’organisation du Mondial s’est avérée exempte de tout reproche entre le Japon et la Corée qu’il a colonisée entre 1910 et 1945. Les rumeurs de dissensions entre les deux comités organisateurs n’ont jamais été clairement vérifiées. Pour Keith Cooper, il s’agissait tout bonnement d’une invention des médias et la coopération entre les deux pays a été « brillante ». « Bien sûr, de temps en temps, ils n’ont pas été d’accord. Mais dans quatre ans (au Mondial allemand), on se retrouvera sans doute avec un désaccord entre Hambourg et Francfort, entre Stuttgart et Berlin ou quelque chose dans le genre... » Le seul véritable accroc dans l’organisation s’est produit à mi-chemin du tournoi, lorsque les deux pays ont pris pour cible le fournisseur officiel de billets de la Fifa, la société britannique Byrom, à propos des milliers de sièges vacants dans les premiers matches. La Fifa a répondu que les comités d’organisation n’avaient pas fourni suffisamment d’informations sur les 20 stades, dans les délais. Hormis cet incident, le tournoi s’est vite focalisé sur les éliminations d’équipes jugées favorites et sur l’arbitrage. La Corée et le Japon ont prouvé, quant à eux, qu’ils pouvaient organiser un tournoi à deux pays. Même s’il n’est pas possible d’affirmer que cette cogestion est chose facile, elle pourrait donner des idées à bien des pays qui n’ont pas les moyens à eux seuls d’accueillir un des événements sportifs les plus médiatisés de la planète. En tout cas, Sepp Blatter a d’ores et déjà fait savoir que la Fifa ne s’opposerait pas à de nouvelles expériences de ce genre – par exemple dès 2010 en Afrique.
Il y a eu les incontournables problèmes de billetterie, de grosses erreurs d’arbitrage, un football souvent médiocre et une météo peu clémente. Mais quiconque en tirerait la conclusion que la première Coupe du monde en Asie a été un ratage se tromperait sans doute. Contrairement à ce qu’annonçaient les plus sceptiques des observateurs, le Mondial 2002 n’a pas été un désastre. En fin de compte, cette Coupe du monde s’est déroulée sans violence et les formidables obstacles posés par l’organisation de 64 matches dans deux pays différents, avec un million de visiteurs à la clé, ont été surmontés sans grandes difficultés. Plus important peut-être, l’enthousiasme pour le ballon rond affiché par les supporters japonais et surtout coréens a permis au football de repousser sans encombre une nouvelle...