Le nouveau Conseil Otan-Russie permettra aux deux parties de prendre des décisions communes dans un certain nombre de domaines, selon la Déclaration de Rome signée par le président russe Vladimir Poutine et ses 19 homologues de l’Otan. « Nous vivons dans un monde nouveau (...) où des menaces et des défis nouveaux, sans précédent, exigent des réponses de plus en plus unies. C’est pourquoi nous, les États membres de l’Otan et la Fédération de Russie, ouvrons aujourd’hui un nouveau chapitre dans nos relations », ont affirmé les chefs d’État et de gouvernement en préambule de la déclaration intitulée : « Les relations Otan-Russie : une qualité nouvelle ». « Les États membres de l’Otan et la Russie œuvreront en tant que partenaires égaux dans des domaines d’intérêt commun. Le Conseil Otan-Russie constituera (...) un mécanisme de consultation, d’établissement de consensus, de coopération, de décision conjointe et d’action conjointe sur toute une gamme de questions de sécurité dans la région euro-atlantique », ajoute la déclaration. Le nouveau forum « appliquera le principe du consensus ». Il « sera présidé par le secrétaire général de l’Otan » et « se réunira au niveau des ministres des Affaires étrangères et au niveau des ministres de la Défense deux fois par an, et à celui des chefs d’État et de gouvernement comme il conviendra », selon le texte de la déclaration. « Les réunions du Conseil Otan-Russie au niveau des ambassadeurs se tiendront au moins une fois par mois, des réunions plus fréquentes pouvant avoir lieu selon les besoins », ajoute-t-il. Le nouveau forum remplacera l’actuel Conseil permanent conjoint Otan-Russie, créé en 1997 et qui est resté un organe de consultations formel. La Russie avait suspendu sa participation pendant un an pour protester contre la campagne du Kosovo en 1999. Les domaines où des décisions communes pourront être prises sont les suivants : lutte contre le terrorisme, gestion des crises, non-prolifération, maîtrise des armements et mesures de confiance, défense contre les missiles de théâtre, recherche et sauvetage en mer, coopération entre militaires et plans civils d’urgence. « Les membres du conseil Otan-Russie s’emploieront également à identifier d’autres domaines de coopération », ajoute le texte de la déclaration, qui « prend effet à la date de la signature ». Dans un communiqué joint à la déclaration, les chefs d’État et de gouvernement de l’Otan et de la Russie ont assuré qu’ils étaient « résolus » à faire du nouveau Conseil conjoint « un forum efficace d’établissement de consensus, de consultation, de décision conjointe et d’action conjointe ». L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord Le 4 avril 1949, douze pays signent à Washington le traité de l’Atlantique Nord, fondateur de l’Otan. L’Alliance compte aujourd’hui 19 pays membres. En avril 1949, la Belgique, le Danemark, la France, la Grande-Bretagne, l’Islande (qui n’a pas d’armée), l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, le Canada et les États-Unis avaient créé l’Alliance atlantique pour prévoir un système de défense collective face aux menaces représentées, selon eux, par l’Union soviétique. Trois ans plus tard, en février 1952, la Turquie et la Grèce rejoignent l’Alliance et, en mai 1955, c’est au tour de la République fédérale d’Allemagne du chancelier Konrad Adenauer d’y entrer. L’Espagne devient, en mai 1982, le seizième membre de l’Alliance. En 1966, le général de Gaulle fait une distinction entre le traité de Washington et l’organisation, qui met en œuvre ce traité. La France décide alors de se retirer de l’organisation militaire intégrée de l’Alliance et demande le départ des forces étrangères (essentiellement américaines) et des quartiers généraux. Le siège de l’Alliance, qui était passé de Londres à Paris, est alors transféré à Bruxelles. La France déclare toutefois rester liée par le traité de Washington et donc engagée par les obligations réciproques en cas d’agression. Elle cesse toutefois d’être représentée dans la structure militaire intégrée de l’Alliance. Le 10 avril 1994, en Bosnie-Herzégovine, une première frappe aérienne est lancée sous l’autorité du Conseil de sécurité des Nations unies contre des objectifs serbes afin d’empêcher l’étranglement de Sarajevo et des zones de sécurité menacées. Les attaques se prolongent à intervalles jusqu’en octobre 1995. En décembre de la même année, l’Otan lance une première « opération de paix » en Bosnie également, terrestre cette fois-ci, en déployant 60 000 militaires avec l’Ifor, devenue Sfor fin 1996. Du 24 mars au 10 juin 1999, l’alliance militaire occidentale, dirigée par les États-Unis, entame une nouvelle série de frappes aériennes contre des objectifs serbes pour forcer Belgrade à cesser la répression au Kosovo et à accepter le plan de paix international. C’est la première fois que l’Otan engage une action militaire sans autorisation du Conseil de sécurité, qui a pourtant, selon la Charte de l’Onu, « la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationale ». L’Otan, qui s’est élargie le 12 mars 1999 à trois anciens membres du pacte de Varsovie, compte 19 membres (États-Unis, Belgique, Canada, Danemark, France, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni et Islande, Grèce, Turquie, Espagne, Pologne, République tchèque, Hongrie et Allemagne) auxquels s’associe mardi la Russie. En novembre 2002, l’Otan doit se prononcer sur la candidature de neuf pays d’Europe de l’Est (Lituanie, Lettonie, Estonie, Slovaquie, Slovénie, Albanie, Macédoine, Bulgarie, Roumanie). Moscou est opposé à cet élargissement. Le 3 octobre 2001, l’article 5 de la Charte de l’Otan sur la solidarité mutuelle entre États membres est activé pour la première fois dans l’histoire après les attentats terroristes à New York et à Washington, le 11 septembre. Le 27 mai 2002, l’Otan inaugure sa première mission militaire à Moscou, cinq ans jour pour jour après la création d’un premier Conseil entre la Russie et l’Alliance, le 27 mai 1997.
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