Depuis l’avènement des antibiotiques, la tuberculose a cessé d’enflammer l’imagination des écrivains et journalistes, et à remplir les cimetières de victimes en pleine jeunesse. Quelques-unes de ses plus célèbres victimes surnageaient dans la mémoire, mais l’épouvantail ne faisait plus peur. Au point de relâcher lutte acharnée et vigilance draconienne. Aujourd’hui, le réveil est brutal. Cinquante millions d’individus sont à l’heure actuelle infectés par des bacilles de cette maladie mutlirésistants aux remèdes très performants jusqu’à présent. Cette maladie, considérée du passé, fait 1,7 à 3 millions de victimes annuellement. Les migrations vers les pays industrialisés, l’émigration, les déplacements de réfugiés qui viennent grossir les populations vulnérables ramènent ce fléau d’autrefois aux portes du monde actuel. Ces nouvelles alarmantes et les risques de la menace viennent d’être dévoilés par une communication signée de sept experts publiée dans la revue European Respiratory Journal. Un cri d’alarme qui n’a pas manqué de mobiliser les cercles scientifiques. La nouvelle, en fait, n’en est pas une, puisque les Nations unies et le Fonds mondial de la santé avaient déjà sonné l’alarme, le 27 juin 2001, en se mettant à la récolte de 10 milliards de dollars nécessaires à la lutte contre ce fléau. L’OMS et la Banque mondiale ont lancé de leur côté une vaste campagne avec l’objectif d’éliminer la tuberculose en tant que problème de santé mondiale dans les cinquante ans à venir. Par ailleurs, le 24 mars a été mondialement décrété Journée de la tuberculose. Le rapport des sept experts de l’OMS, dont on vient de faire mention, semble indiquer que ces mesures ne sont pas suffisantes. D’où l’appel qu’ils lancent au changement radical des pratiques appliquées jusqu’à présent. Ils appellent à une coordination effective des efforts et une rationalisation, à l’échelle non plus des pays mais de la planète entière. Il semble que, déjà, les recommandations publiées par le journal médical européen European Respiratory Journal sont admises et agréées par l’Organisation mondiale de la santé et l’Union internationale contre la tuberculose et les maladies pulmonaires. De quoi faire peur Dans quelle mesure cette panique générale est-elle justifiée ? En l’an 2000, Georges Bush dixit, 1,7 million de morts devaient leur trépas à cette maladie tandis qu’il existe actuellement 50 millions de tuberculeux dans le monde, la peur est plus que justifiée. Une raison supplémentaire de sérieuse préoccupation réside dans le fait que les pays démunis sont en train de créer de multiples résistances du bacille, responsable de la maladie, aux antibiotiques les plus efficaces auparavant contre la tuberculose... Or, dans certains pays, le tiers de la population en est atteint ou porteur de cette affection. C’est le cas pour le Congo, en Afrique. Au Vietnam, chaque année 145 000 nouveaux cas viennent s’ajouter aux anciens. Selon les évaluations de la Banque mondiale, au cours des vingt premières années du siècle (2000-2020), un milliard d’êtres seront infectés et 200 millions développeront la maladie, qui fera 35 millions de morts si rien ne sera fait pour renforcer la lutte. Les pays avancés ne sont pas mieux protégés. Car la tuberculose, de nos jours, est une ancienne maladie «oubliée»... En Suède, en Allemagne, en France, l’incidence va de 5 à 12 pour 100 000 habitants. En République tchèque en revanche, l’incidence monte à 17,6 et 34,4 en Pologne. Il semblerait que les taux sont effrayants en Estonie (57,21) ou en Russie (82,7) et franchement catastrophiques en Lettonie : 90. L’immigration de plus en plus importante, le relâchement, le démantèlement ou l’abandon des anciennes mesures de lutte ne sont pas sans lien avec cette recrudescence. Les signatures de l’appel insistent sur le fait que même dans les pays à faible incidence, il faut impérativement établir des programmes de lutte : dépistage, diagnostic, traitement, interruption de chaînes de transmission, identification de foyers. Les prisons, les institutions d’accueil, les foyers sociaux doivent faire l’objet d’une surveillance vigilante. Le Liban se doit de ne pas rester sourd à cet avertissement. Les groupes à risque sont présents dans toutes les sociétés. Si on ne prend pas de mesures préventives à temps et on gère convenablement les risques par une politique d’élimination de cette maladie, on risque des catastrophes futures. Selon les experts, l’établissement d’un cadre légal à cette activité est le seul moyen efficace pour faire face à cette priorité inattendue... Deux à trois millions de décès annuels La lumière sur un vieux fléau Maladie infectieuse causée par un bacille, la tuberculose est très souvent localisée aux poumons mais elle revêt également des formes extrapulmonaires, telles que la méningite tuberculeuse. N’importe quel individu peut être touché par ce bacille sans forcément développer la maladie. Le système immunitaire se défend et maîtrise l’infection dans 90 % des cas. Mais le bacille peut parfois rester inactif dans les poumons et se réactiver de nombreuses années plus tard lorsque, pour une raison ou une autre, l’immunité de l’organisme accuse une baisse (immunodépression). Par voie aérienne L’infection s’opère par la transmission du bacille par voie aérienne (toux, éternuement) d’un malade à une personne saine. Projetées dans l’air, les minuscules gouttelettes de salive contenant des bacilles sont inhalées par l’entourage. En espace confiné et dans de mauvaises conditions d’hygiène, l’infection se trouve favorisée. Une grande partie des tuberculeux (50 %) sont porteurs de bacilles (bacillifères) présents dans leurs expectorations. Ce qui implique qu’ils peuvent contaminer plusieurs (jusqu’à dix) personnes par an. Le vaccin par BCG (Bacille de Calmette et Guerini) protège efficacement contre toute forme extrapulmonaire. Il réduit de 50 % les infections pulmonaires. Le traitement consiste à l’association de quatre antibiotiques. Il est d’une durée de six mois à un an pour certaines formes extrapulmonaires. En abandonnant le traitement en route, les bacilles résistants aux antibiotiques peuvent réapparaître. Le sujet devient ainsi porteur d’un bacille multirésistant, ce qui rend tout traitement problématique ou très difficile. Les symptômes de la tuberculose sont plus ou moins connus. Une toux persistante accompagnée parfois d’expectorations sanguinolentes, perte de poids, fatigue, fièvre, sueurs nocturnes et essoufflement signent les formes pulmonaires. Mais tous les symptômes ne surviennent pas ensemble chez tous les malades. Quant aux symptômes spécifiques, ils dépendent de l’organe touché. La tuberculose est la cinquième cause mondiale de décès. Éducation Vérité, rien que la vérité Toute vérité est-elle bonne à dire? Surtout aux enfants? Jusqu’où peut-on pousser la vérité? Sans encourager les parents à mentir à tout propos, il semblerait que toute vérité nue et crue, est rarement bonne à assener. Surtout à un enfant. Sans encourager le mensonge, on rappelera que toute vérité n’est pas toujours bonne à dire. Surtout systématiquement. Les psychologues avouent qu’il y a des vérités qui n’ont pas besoin d’être dites. Avouer à un petit qu’il n’a pas été désiré, expliquer à sa fille qu’on ne l’aime pas autant que son petit frère risquent d’entraîner des désastres qui marqueront des vies. Il semble bon de se rappeler que le mensonge «romance» la réalité, comme la littérature le fait de la vie, suscitant ainsi la capacité à supporter la réalité. On peut «romancer» parfois une réalité sordide pour épargner des détails douloureux à une jeune âme peu propice à pareille épreuve. Une souffrance parentale a-t-elle besoin d’être partagée par l’enfant? Un beau mensonge n’est-il pas parfois plus réconfortant, plus conciliant que la vérité dans toute sa cruauté? Un enfant a-t-il besoin de savoir qu’il n’a pas été désiré? N’oublions pas que les petits sont friands de secrets. Il n’y a vraiment aucune raison valable de les frustrer en leur servant des réalités qu’ils ne sont pas en mesure d’assumer ou de comprendre. Mieux vaut les laisser partir sur leur propre rythme à la conquête de l’univers adulte. Ils feront leur expérience et, petit à petit, leur apprentissage. Ils sauront un jour mentir à leur tour sans culpabiliser les parents. Il faut admettre que leur fragilité et leurs failles ne sont pas transmissibles. Plus tard, une fois le petit devenu adulte, le secret d’antan peut devenir pretexte à une vraie et belle rencontre entre deux grandes personnes... La vérité aussi a droit à des moments de prédilection. Café, stress et anxiété Stimulant, réconfortant, le petit noir-bien-serré n’est pas tout miel, tout sucre. Le café, puisque c’est bien de lui qu’il s’agit, a ses revers et bon nombre de travers qu’il vaut mieux garder en tête pour protéger sa santé. Potassium, calcium, phosphore, sodium... Ces éléments bénéfiques se trouvent dans une tasse de café. Ami et ennemi, selon l’usage qu’on en fait et la quantité avalée. Stimulant par la caféine présente dans ses grains, il augmente la vivacité intellectuelle, allonge la durée de la vigilance, retarde les signes de la fatigue. Il améliore la perception visuelle en diminuant le temps de réaction, tout en facilitant les activités de coordination (conduite automobile, manipulation d’appareils). Pris en excès, toutefois, il accroît l’anxiété et stimule le stress. Excellent pour les sportifs, il a des propriétés vasodilatatrices qui améliorent les performances dans les activités d’endurance. Mais pris en excès avant une performance, il hausse le taux de caféine soigneusement vérifié en cas d’épreuve sportive contrôlée. Source de minéraux En moyenne, une tasse de café instantané contient 80 mg de potassium, 3 mg de calcium, 7 mg de phosphore et 1 mg de sodium. Présents également dans le breuvage: fer, cuivre et zinc, mais en moindre quantité. Mais il est riche en vitamines du groupe B. Peut-on ignorer les palpitations qu’il entraîne? L’excès de café entraîne une accélération du rythme cardiaque et, en conséquence, des palpitations. Consommé avec modération (deux à trois tasses par 24h), il n’a que des effets bénéfiques sur les vaisseaux comme sur le cœur... Les amateurs, toutefois, souffrant de troubles du rythme cardiaque se doivent de choisir des mélanges faibles en caféine, en se limitant à une seule tasse par jour. L’après repas Servie après un repas, une tasse de café facilite la digestion et stimule la sécrétion des enzymes digestives ainsi que de la bile. En revanche, le café au lait n’a nullement de vertus digestives. La protéine du lait et les tanins du lait, une fois dans l’estomac, ne font pas bon ménage... Certains individus tolèrent cette dissension, d’autres s’en incommodent. Caféine et médicaments La caféine intervient dans l’absorption de certains médicaments. Elle peut, ainsi, augmenter la toxicité de leurs effets. C’est le cas pour la théophylline et de certains antiflammatoires. En cas de traitement contre l’anxiété ou l’asthme, une consommation importante est déconseillée. Ainsi qu’en cas de traitement contre la dépression. Gare à la dépendance La dépendance à la caféine est loin d’être un mythe. D’autant plus qu’elle peut apparaître à des doses faibles (une tasse de café fort ou trois Coca-Cola par jour). Privés brutalement de caféine, les «caféiomanes» éprouvent une sensation de manque accompagnée de somnolence, fatigue, maux de tête, ou même nausées et léger tremblement. Ces malaises s’évanouissent dès que la consommation a lieu. Il a été scientifiquement démontré que les nourrissons dont les mères étaient grandes consommatrices de café pendant leur grossesse présentaient des comportements inhabituels: irritabilité, émotivité exagérée, vomissements. Mais il faut signaler que ces traits disparaissaient quelques jours après leur naissance.
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