Le président russe Vladimir Poutine a affirmé vendredi que la Russie n’avait « pas l’intention d’adhérer à l’Otan » après la conclusion d’un accord récent sur le rapprochement entre Moscou et l’Alliance atlantique. « La Russie n’a pas l’intention de rejoindre l’Otan », a déclaré Vladimir Poutine, réaffirmant une position déjà connue, cité par Itar-Tass. Il a en revanche souligné que la Russie « menait un dialogue constructif avec l’Otan » pour créer une structure à 20 où chaque pays aura une voix, selon les agences. Il a rappelé que toutes les décisions du nouveau conseil Russie-Otan devaient être prises « sans consultations préalables entre les pays », lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue ukrainien Leonid Koutchma à Sotchi (mer Noire). Le nouveau conseil prendra des décisions « sur la base d’un consensus » contrairement au précédent qui n’était qu’un « organe consultatif », avait auparavant affirmé le ministre russe des Affaires étrangères Igor Ivanov. Concernant l’Ukraine, Vladimir Poutine a estimé que cette ex-république soviétique avait « sa propre relation avec l’Otan » et que leur coopération relevait de leurs seules décisions. Le président Koutchma a pour sa part déclaré que l’accord Russie-Otan annoncé mardi à Reykjavik « ferait date » et que l’Ukraine « prendrait la même route », sans davantage de précisions. « C’est la reconnaissance de la fin de la guerre froide et la preuve que la Russie n’est pas un ennemi mais un partenaire de coopération globale », a déclaré M. Koutchma, cité par Interfax. L’Otan contribue à la stabilité en Europe et « il est impossible de l’ignorer », a-t-il conclu. Lors de la réunion de Reykjavik, l’Otan et l’Ukraine ont décidé d’accroître leur coopération, parallèlement à la création du nouveau forum Otan-Russie. L’accord Russie-Otan, censé symboliser le rapprochement de Moscou avec les Occidentaux après les attentats du 11 septembre, doit être signé lors d’un sommet le 28 mai à Rome. L’accord de désarmement russo-américain laisse le champ libre à Washington L’accord de désarmement nucléaire auquel sont parvenus cette semaine Américains et Russes laisse le Pentagone libre de poursuivre une stratégie de coupes drastiques, mais réversibles, dans son arsenal nucléaire, soulignent des experts américains. Le document de trois pages engage les deux pays à réduire des deux tiers d’ici à 2012 leurs arsenaux nucléaires stratégiques, qui passeraient de 6 000 têtes à une fourchette située entre 1 700 et 2 200. Le traité doit être signé ce mois-ci par les présidents américain George W. Bush et russe Vladimir Poutine lors de leur sommet à Moscou. Mais l’accord ne spécifie pas à quel rythme doivent être menées les réductions, disant seulement qu’elles doivent être réalisées pour 2012 et qu’elles sont réversibles. En théorie, les coupes peuvent donc être faites le dernier jour avant la date fixée, et les têtes peuvent être remises en service le lendemain si le traité n’est pas prorogé. « Fondamentalement, il s’agit d’un traité qui vous permet de faire tout ce que vous voulez », note Robert S. Norris, un expert sur le contrôle des armements nucléaires au Conseil de défense des ressources naturelles (NRDC) à Washington. Dans la philosophie de l’Administration Bush « Cela va dans le sens de la philosophie de l’Administration Bush de ne pas être entravé par quoi que ce soit et de pouvoir faire les choses de manière unilatérale », souligne-t-il. Préserver un maximum de souplesse était un objectif clé des négociations avec Moscou, qui a pour sa part recherché un accord de réduction des armements plus traditionnel, avec des coupes plus équilibrées et irréversibles. Moscou, qui n’est plus capable d’assumer un arsenal de plus de 1 500 armes nucléaires, se retrouve donc pour sa part avec un accord sur des réductions auxquelles la Russie ne pourrait de toute manière pas échapper. « Mais ce qui est plus important, c’est que (les Russes) obtiennent des fondations sur lesquelles ils peuvent construire une relation de coopération avec les États-Unis comme jamais auparavant », souligne pour sa part Jack Spencer, analyste à la Heritage Foundation, un institut de recherche conservateur. Un des premiers fruits de cette coopération a pu être aperçu en Islande cette semaine, avec l’accord conclu pour un nouveau Conseil Otan-Russie destiné à mieux intégrer Moscou aux travaux de l’Alliance atlantique sur le terrorisme ou la prolifération nucléaire. Une période de grâce de 10 ans L’Administration Bush a ainsi gagné une période de grâce de 10 ans pour recalibrer ses forces nucléaires au moment ou plusieurs nations hostiles à Washington cherchent à se doter de missiles à longue portée. « Il s’agit d’une souplesse qui permettra de mettre en place une dissuasion plus adaptée au monde moderne », note Jack Spencer. Une idée du jeu joué par Washington peut être trouvée dans l’étude sur la position nucléaire des États-Unis publiée en début d’année par le Pentagone. Elle prévoit une réduction des têtes nucléaires à 3 800 d’ici à l’année budgétaire 2007, et ensuite à un nombre situé entre 1 700 et 2 200. L’Administration a déjà annoncé le démantèlement de ses missiles intercontinentaux MX et la conversion de quatre sous-marins Trident lanceurs de missiles nucléaires qui seraient dotés de missiles de croisière conventionnels. Mais plutôt que de désactiver ou de détruire les têtes nucléaires prélevées sur les missiles, le Pentagone a l’intention d’en garder un certain nombre en réserve pour pouvoir rétablir rapidement l’arsenal nucléaire si le besoin s’en faisait sentir. De même, il est envisagé, entre autres, de pouvoir remettre en fonction les capacités de production d’armes nucléaires et les centres de recherche sur ce type d’armements. La réduction de la force nucléaire sera enfin compensée par une plus grande précision des armes conventionnelles et par des outils de renseignement et de communication plus intelligents et plus puissants, permettant de viser avec plus de flexibilité différentes cibles.
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