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Actualités - Chronologie

NATIONS UNIES Une Commission des droits de l’homme au goût amer

La 58e session de la Commission des droits de l’homme de l’Onu s’achève aujourd’hui avec un goût amer, Moscou et Pékin ayant échappé à toute condamnation, la lutte antiterroriste servant de justification aux répressions et le Proche-Orient ayant donné lieu à des débats envenimés et sans résultat. Les États-Unis, qui avaient pour la première fois un statut d’observateur à la Commission et ne pouvaient voter les résolutions, ont choisi de jouer un rôle très en retrait, ne déposant pas de résolution sur la répression des droits de l’homme en Chine et n’intervenant pas dans les tractations sur la condamnation de la politique russe en Tchétchénie. Les années précédentes, si la Chine avait réussi à échapper à une condamnation grâce à un artifice de procédure, le débat lancé par les États-Unis avait au moins permis de mettre Pékin sur le banc des accusés. La Russie, pour la répression de ses forces en Tchétchénie, a aussi échappé à une condamnation, contrairement aux deux années précédentes, la résolution présentée par l’Union européenne ayant été repoussée à une voix près. L’argument de la lutte internationale antiterroriste a joué à fond, l’Inde, la Chine et d’autres États du Sud apportant leur soutien à Moscou, au nom de ce combat, de la défense de l’intégrité territoriale et de la non-ingérence. Les États-Unis se sont cependant mobilisés contre Cuba, leur cheval de bataille traditionnel. Ils ont fait une campagne intense auprès des pays latino-américains. Finalement, un texte très modéré, présenté par l’Uruguay, demandant à La Havane un progrès politique égal aux progrès sociaux, a été adopté. Les Américains se sont aussi battus en coulisse pour émousser des textes présentés sur les mesures antiterroristes prises aux États-Unis et ailleurs après le 11 septembre. La Haut-Commissaire Mary Robinson avait mis en garde contre les violations des droits à l’occasion de la détention et des procès des suspects, ainsi que de ceux des immigrés et exilés. La Russie n’a pas été seule à échapper à une condamnation. Cela a également été le cas de l’Iran qui, de plus, a été définitivement retiré de l’examen annuel de la Commission, ainsi que du Zimbabwe. L’UE a en effet tenté de faire condamner le régime de Robert Mugabe, mal réélu, mais s’est heurtée au bloc des pays africains et d’autres États du Sud ayant opposé «l’ingérence» des Occidentaux «donneurs de leçons». Les Africains ont aussi obtenu qu’il n’y ait plus d’enquêteur de la Commission en Guinée équatoriale, et que le Togo soit retiré de l’examen régulier de cette commission. L’impression d’échec a été enfin particulièrement ressentie sur le conflit israélo-palestinien, qui a mobilisé la moitié des débats. La Commission avait soutenu le projet de Mary Robinson de se rendre dans les Territoires et en Israël pour y enquêter sur les violences. Mais, faute de feu vert israélien, Mme Robinson en a été réduite à présenter un rapport compilant des données des ONG et des agences de l’Onu. Israël a été condamné à plusieurs reprises, à l’issue de longues batailles opposant pays islamiques et pays occidentaux qui voulaient retirer les mots les plus offensifs des projets de résolutions. «Aucun autre pays du monde n’a été aussi diabolisé et diffamé» à la Commission, a accusé son ambassadeur, Yaakov Levy. Une résolution des pays islamiques évoquant de «tueries massives» perpétrées par les forces israéliennes, mais aussi condamnant les actes de «terreur», a été approuvée, avec le soutien de la plupart des Européens. Des ONG ont dénoncé le blocage de plus en plus pesant des travaux de la Commission par une vingtaine de pays violateurs, se présentant comme des «parangons de vertu», de l’Algérie à l’Arabie saoudite, du Soudan à la Libye. Human Rights Watch relève que des gouvernements blâmés jadis par la Commission ont réussi à y obtenir un siège. «Ce facteur, combiné au franc-parler amoindri de l’Occident, conduit à la crise» à la Commission, estime-t-elle.
La 58e session de la Commission des droits de l’homme de l’Onu s’achève aujourd’hui avec un goût amer, Moscou et Pékin ayant échappé à toute condamnation, la lutte antiterroriste servant de justification aux répressions et le Proche-Orient ayant donné lieu à des débats envenimés et sans résultat. Les États-Unis, qui avaient pour la première fois un statut d’observateur à la Commission et ne pouvaient voter les résolutions, ont choisi de jouer un rôle très en retrait, ne déposant pas de résolution sur la répression des droits de l’homme en Chine et n’intervenant pas dans les tractations sur la condamnation de la politique russe en Tchétchénie. Les années précédentes, si la Chine avait réussi à échapper à une condamnation grâce à un artifice de procédure, le débat lancé par les États-Unis...