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Actualités - Opinion

Bloc-notes À propos d’héroïsme

Plus il est humilié, plus il est populaire. Il s’agit bien sûr de Arafat. Comparaison n’est pas raison, mais pensons au délire des Égyptiens le soir et le lendemain de la démission de Gamal Abdel Nasser le 10 juin 1967 pour cause de (terrible) défaite ; les peuples ne s’attachent pas qu’aux héros gagnants, et point n’est besoin d’aller chercher René Girard pour tomber dans les désirs mimétiques et les victimes expiatoires ni rappeler que les Arabes sont des sentimentaux, plus sensibles au drame que d’autres peuples (et encore, faudrait-il nuancer). Toujours est-il que le Proche-Orient palestino-israélien vient de nous réserver des semaines tragiques et que l’entrée en jeu des Américains ne bouleversera pas la donne. Mauvais esprit pour accueillir ces faux sauveurs et vraies tortues («ils prennent leur temps pour permettre à Sharon de peaufiner son travail»), et, vous verrez, comme on reparlera de l’endémique complot américano-sioniste dans les cafés du commerce… En un mot, nous sommes cernés, et par la guerre et par le sang tous les jours renouvelé, par les hommes ivres de Dieu, et par les médias qui en rendent compte, et nous manifestons, et des bêtises se sont à la frontière, enfin, vous en connaissez et l’air et la chanson. Alors, «terrorisme», «contre-terrorisme», «Autorité palestinienne» (en voie de caducité). Du sang, des mots, du sang, des insultes. Et moi, moi qui, si on me sondait, révélerais une profonde indifférence doublée d’une inquiétude tout aussi profonde, moi, Libanaise sous occupation, qui vins en aide à la «cause palestinienne» et qui renifle sans plaisir aujourd’hui les avant-projets d’implantation, (que voulez-vous, c’est humain), eh bien moi, ça n’a pas d’importance. Pour finir, ce souvenir cocasse d’une finale de football qui donna à la France deux buts sur trois, score honorable, oui, mais bon. Eh bien, l’équipe française perdante accueillie le lendemain en triomphatrice sur les Champs-Élysées… Ça c’était pour redire un mot des héros applaudis dans le malheur, de ces choses infiniment obscures, infiniment humaines. Amal NACCACHE
Plus il est humilié, plus il est populaire. Il s’agit bien sûr de Arafat. Comparaison n’est pas raison, mais pensons au délire des Égyptiens le soir et le lendemain de la démission de Gamal Abdel Nasser le 10 juin 1967 pour cause de (terrible) défaite ; les peuples ne s’attachent pas qu’aux héros gagnants, et point n’est besoin d’aller chercher René Girard pour tomber dans les désirs mimétiques et les victimes expiatoires ni rappeler que les Arabes sont des sentimentaux, plus sensibles au drame que d’autres peuples (et encore, faudrait-il nuancer). Toujours est-il que le Proche-Orient palestino-israélien vient de nous réserver des semaines tragiques et que l’entrée en jeu des Américains ne bouleversera pas la donne. Mauvais esprit pour accueillir ces faux sauveurs et vraies tortues («ils prennent leur temps...