Religion L’Église orthodoxe russe accuse le Vatican de « prosélytisme »
le 03 avril 2002 à 00h00
Le métropolite Kirill, chargé des relations extérieures du patriarcat orthodoxe russe, a réitéré en des termes durs ses critiques envers le Vatican accusé de «prosélytisme» dans une interview parue hier à Rome. «La perspective d’une visite du pape à Moscou apparaît aujourd’hui encore plus incertaine qu’avant que le Vatican ne prenne la décision de créer quatre diocèses en Russie», a-t-il déclaré au quotidien Corriere della Sera. En février, le Saint-Siège a élevé au rang de diocèses quatre administrations apostoliques (structures provisoires) de Russie, provoquant la colère du patriarcat orthodoxe. «Il ne s’agit pas de changements administratifs mais de la création d’une tête de pont pour le déroulement d’une activité missionnaire à l’intérieur d’un pays qui a reçu le baptême il y a mille ans», a fustigé le métropolite Kirill. «Il est clair que de telles actions ne peuvent être considérées autrement que dans le cadre d’une pratique de prosélytisme complètement inadmissible entre Églises», a-t-il ajouté. Il a répété que le patriarcat était prêt à discuter des tensions avec le Vatican, notamment la question des uniates, catholiques de rite oriental. Mais «pour le moment, je ne vois aucun désir effectif du Vatican à surmonter les divergences et ne pas en créer d’autres», a reproché Kirill. «Dans ces conditions, il y a un risque que le voyage du pape en Russie se transforme en une initiative qui ne justifie pas les espérances placées en lui», a-t-il poursuivi. Le métropolite Kirill a par ailleurs défendu la supériorité de l’Église orthodoxe en Russie. «Les deux tiers des Russes sont indissolublement liés à l’orthodoxie par choix religieux ou par leur enracinement dans la culture russe chrétienne-orthodoxe», a-t-il dit. «L’égalité évidente de toutes les confessions face à la loi n’élimine pas les différences entre leur contribution au destin historique de la Russie. On ne peut donc pas refuser à la société le droit à un partenariat social prioritaire avec les confessions traditionnelles», a-t-il estimé. Les uniates sont accusés par le patriarche de Moscou Alexis II d’avoir pris le contrôle par la force au lendemain de l’indépendance de l’Ukraine en 1991 de quelque 2 500 paroisses en Ukraine occidentale.
Le métropolite Kirill, chargé des relations extérieures du patriarcat orthodoxe russe, a réitéré en des termes durs ses critiques envers le Vatican accusé de «prosélytisme» dans une interview parue hier à Rome. «La perspective d’une visite du pape à Moscou apparaît aujourd’hui encore plus incertaine qu’avant que le Vatican ne prenne la décision de créer quatre diocèses en Russie», a-t-il déclaré au quotidien Corriere della Sera. En février, le Saint-Siège a élevé au rang de diocèses quatre administrations apostoliques (structures provisoires) de Russie, provoquant la colère du patriarcat orthodoxe. «Il ne s’agit pas de changements administratifs mais de la création d’une tête de pont pour le déroulement d’une activité missionnaire à l’intérieur d’un pays qui a reçu le baptême il y a...
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