Rechercher
Rechercher

Actualités - Analyse

La physionomie des marchés Essoufflement de l’euro après de bons chiffres américains

L’euro a éprouvé le besoin de souffler face au dollar hier sur les marchés des changes internationaux, après la publication des chiffres de la croissance américaine au quatrième trimestre 2001, meilleurs que prévu, et la révision à la hausse des déficits publics en Allemagne l’année dernière. La monnaie unique européenne, qui était restée stable dans la matinée, a décroché après que le département du Commerce eut annoncé une hausse de 0,2 % du produit intérieur brut (PIB) américain au quatrième trimestre 2001, selon une estimation préliminaire, alors que les analystes s’attendaient à un recul de 0,9 %, contre une contraction de 1,3 % au troisième trimestre. Cela d’autant que cette amélioration a résulté de la forte progression de 5,4 % des dépenses de consommation des Américains et de 9,2 % de celles des administrations publiques, alors que l’indice des prix lié au PIB diminuait de 0,3 % contre une hausse de 2,3 % pendant la même période. Cela est venu confirmer que l’économie américaine a passé son point bas au quatrième trimestre et qu’elle est sur la voie de la reprise, selon le secrétaire au Trésor Paul O’Neill. Commentant cette progression surprise du PIB américain, M. O’Neill a prédi hier que la croissance économique aux États-Unis sera encore plus positive au premier trimestre 2002, affirmant que l’adoption du nouveau programme de relance envisagé par le président George W. Bush, lors de son discours sur l’état de l’Union, assurerait une reprise plus rapide de l’activité économique. Ces données et d’autres indicateurs économiques américains contrastent fortement avec ce qui se passe dans la zone euro. À cet égard, les investisseurs ont été sensibilisés par l’avertissement lancé hier par la Commission européenne à l’Allemagne, la mettant en garde contre le dérapage de ses déficits publics, après la révision à la hausse par le ministère allemand des Finances de ses prévisions de déficit public de 2 % à 2,5 %, voire même à 2,7 %, selon certaines sources gouvernementales, du PIB allemand l’an dernier. Cela a montré, selon les analystes, que la zone euro n’a pas encore mis en ordre sa maison, comme elle aurait dû le faire au cours des dernières années de croissance. Et d’ajouter que cette zone, qui devrait relancer la croissance avec des mesures fiscales, ne le peut pas. Eu égard à toutes ces considérations en provenance des deux côtés de l’Atlantique, et compte tenu aussi du maintien par la Fed de sa politique monétaire en l’état à l’issue de la réunion de deux jours de son comité de l’open market, le dollar s’est négocié à New York comme suit : – 0,8615 pour une euro contre 0,8655, la veille – 1,4140 pour un sterling contre 1,4135 – 1,7095 FS contre 1,6990 – 132,85 yens contre 133,35 – 1,5890 dollar canadien contre 1,5945. Volatilité des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont différemment réagi aux bons chiffres sur la croissance américaine au quatrième trimestre, avant et après la décision de la Fed d’observer un statu quo monétaire, témoignant du redémarrage de l’activité aux États-Unis. À cela auraient contribué les inquiétudes sur les méthodes comptables utilisées par certaines entreprises américaines et leurs répercussions sur la véracité de leurs résultats financiers. Après avoir brièvement applaudi à l’ouverture l’annonce surprise d’une progression inattendue de 0,2 % du PIB américain au quatrième trimestre 2001, les opérateurs ont recommencé à vendre sur le marché boursier, sur des nouvelles faisant état que le groupe Tyco aurait commis des irrégularités en raison de ses méthodes comptables. Le New York Times a affirmé que le PDG de ce groupe, Dennis Kozolowski, a revendu à la société pour environ 70 millions de dollars d’actions à Tyco et le directeur financier, Mark Swartz, pour 35 millions, sans révéler ces transactions. De plus, les détenteurs de portefeuille ont prudemment analysé le discours prononcé tard dans la nuit de mardi par le président George W. Bush à la nation, prévenant les Américains que la guerre contre le terrorisme ne faisait que commencer en lançant un avertissement à l’Irak, l’Iran et la Corée du Nord, faisant apparaître le spectre d’une guerre contre ces pays. Certes, les investisseurs ont donc préféré la prudence, même après le statut quo monétaire de la Fed face à la multiplication des signes de reprise économique aux États-Unis. Dans l’actualité boursière, les titres de la défense ont progressé après une nouvelle proposition du président américain d’augmenter les dépenses militaires. En revanche, les pétrolières ont été affectées par des nouvelles selon lesquelles Anadarko Petroleum a procédé à des méthodes comptables douteuses. Le secteur de la haute technologie a été affecté par la chute de WorldCom en raison de rumeurs selon lesquelles le groupe de télécommunications aurait des problèmes de liquidités. Cela étant, l’indice composite Nasdaq est resté sous le seuil des 1 900 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus bas à 9 529,48 points et un plus haut à 9 741,34 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 9 712,83 points, en hausse de 94,59 points sur la veille, et ce dans un marché très volatil. Rechute des Bourses européennes avec les médias Les marchés d’actions européens ont terminé globalement en baisse, mercredi, après avoir déjà fini sur une note très négative la veille, et malgré une hausse inattendue du produit intérieur brut américain (PIB). À la clôture des Bourses sur le Vieux continent, l’indice paneuropéen FTSE Eurotop 300 a perdu 1,18 % à 1 220,02 points, tandis que l’indice limité aux valeurs de la zone euro DJ Euro Stoxx 50 a abandonné 1,55 % à 3 627,41 points. «Les marchés sont de plus en plus volatils, ce qui n’est pas bon signe, car cela implique qu’ils vont baisser encore davantage, mais nous aurons probablement d’une manière ou d’une autre un soutien à ces niveaux-là», a estimé Robert Sellar de Aberdeen Asset Management. À la Bourse de Paris, l’indice CAC 40 a enregistré une baisse du même ordre de grandeur qu’à l’échelle européenne, puisqu’il a clôturé en repli de 1,54 % à 4 407,27 points. La Bourse de Londres a fait un peu mieux et l’indice FTSE 100 a terminé sur un recul de 0,82 % à 5 089,3 points. La baisse a touché la plupart des secteurs et notamment celui des médias, dont l’indice DJ Stoxx a perdu 2,06 %, entraîné par le géant français Vivendi Universal qui a terminé en retrait de 4,93 % à 51,10 euros. Tokyo : le Nikkei sous 10 000 points L’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a terminé la séance de mercredi en baisse de 1,1 %, passant sous le seuil symbolique de 10 000 points dans le sillage de la forte baisse de Wall Street et dans un contexte de confusion politique après le départ de la ministre japonaise des Affaires étrangères Makiko Tanaka, ont indiqué des courtiers. L’indice Nikkei a clôturé en baisse de 106,55 points à 9 919,48 points, passant sous la barre des 10 000 points pour la première fois depuis le 13 novembre. Ajoutant à l’ambiance déjà troublée, l’indice élargi Topix a chuté de 13,99 points à 964,75 points, son plus bas niveau depuis avril 1985, où il était tombé à 961,86 points. «La fébrilité à la vente devrait se poursuivre, au moins tant que les facteurs négatifs s’accumulent», a estimé Hiroshi Sato, de chez Cosmo Securities. «L’indice Nikkei devrait continuer sa chute jusqu’au seuil des 9 500 points, tandis que le Topix pourrait descendre jusqu’à 920 points à moyen ou à court terme», a ajouté M. Sato. Par ailleurs, le départ de la ministre japonaise des Affaires étrangères Makiko Tanaka a aussi affecté le marché, selon des courtiers. «Des investisseurs ont certainement accueilli cette information comme une mauvaise nouvelle», a commenté Shunichi Umeda, de chez Tokai Tokyo Research Center. «Mais il ne faut pas trop prendre cette démission du mauvais côté, car la ministre des Affaires étrangères a été un élément perturbateur de l’Administration Koizumi», a-t-il ajouté. Des préoccupations concernant le montant de la dette du Japon ont aussi plombé le marché, après que les constructeurs Hazama, Toshishima et Sato Kogyo eurent annoncé avoir entamé des pourparlers en vue de leur restructuration. Le détaillant en difficulté Daiei a obtenu un renflouement de 3,2 milliards de dollars de ses créanciers. Mizuho, la principale banque de Hazama, Toshishima et Sato Kogyo ont perdu 13 000 yen, soit 5,4 % à 228 000 yens. MTFG a aussi perdu 26 000 yens, soit 3,3 % à 759 000, et SMBC a cédé 16 yens à 473.
L’euro a éprouvé le besoin de souffler face au dollar hier sur les marchés des changes internationaux, après la publication des chiffres de la croissance américaine au quatrième trimestre 2001, meilleurs que prévu, et la révision à la hausse des déficits publics en Allemagne l’année dernière. La monnaie unique européenne, qui était restée stable dans la matinée, a décroché après que le département du Commerce eut annoncé une hausse de 0,2 % du produit intérieur brut (PIB) américain au quatrième trimestre 2001, selon une estimation préliminaire, alors que les analystes s’attendaient à un recul de 0,9 %, contre une contraction de 1,3 % au troisième trimestre. Cela d’autant que cette amélioration a résulté de la forte progression de 5,4 % des dépenses de consommation des Américains et de 9,2 % de...