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Actualités - Opinion

Hommage Un homme d’exception

Ce témoignage se veut une évocation de ce que furent les dernières années du regretté professeur Béchir Saadé. Il émane de ceux qui ont eu le douloureux privilège d’être auprès de lui, dès le début de son mal, et de l’accompagner jusqu’au bout. Conscient de ne pouvoir, désormais, ajouter des années à sa vie, Béchir a su imprégner de vie les années qui lui restaient. Très vite, après une chirurgie lourde et une convalescence écourtée, il s’est replongé dans le travail, comme avant, plus qu’avant, opérant avec dextérité coutumière les patients aux cas complexes qu’on lui réservait d’habitude, leur prodiguant la vie et le bien-être dont il allait lui-même être bientôt privé. Les anesthésistes et les assistants qui l’ont côtoyé ces derniers temps nous ont confié leur émerveillement devant sa persistante maîtrise des techniques les plus compliquées de la chirurgie thoracique. Le répit gagné lui a permis de rester fidèle à son image faite d’un mélange exceptionnel de rigueur professionnelle et d’un certain esthétisme pour les mille autres facettes de la vie. Suivant la même logique, il épargna à sa famille l’angoisse liée à la révélation intempestive de son mal. Bien plus et soucieux de ne laisser naître aucun vide dans l’esprit de ses proches, il avait l’art d’entretenir autour d’eux l’agréable illusion de la santé récupérée. Il posa, par là, un épineux problème de bioéthique à ses médecins en leur défendant d’informer ses proches, situation inhabituelle dans le contexte psychosocial de notre pays où, d’ordinaire, la vérité est dissimulée au malade et largement dévoilée à sa famille. Exceptionnel, Béchir, toute sa vie et en fin de vie... Comme il est difficile de lui ressembler ! Professeur Antoine GHOSSAIN
Ce témoignage se veut une évocation de ce que furent les dernières années du regretté professeur Béchir Saadé. Il émane de ceux qui ont eu le douloureux privilège d’être auprès de lui, dès le début de son mal, et de l’accompagner jusqu’au bout. Conscient de ne pouvoir, désormais, ajouter des années à sa vie, Béchir a su imprégner de vie les années qui lui restaient. Très vite, après une chirurgie lourde et une convalescence écourtée, il s’est replongé dans le travail, comme avant, plus qu’avant, opérant avec dextérité coutumière les patients aux cas complexes qu’on lui réservait d’habitude, leur prodiguant la vie et le bien-être dont il allait lui-même être bientôt privé. Les anesthésistes et les assistants qui l’ont côtoyé ces derniers temps nous ont confié leur émerveillement...