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Actualités - Opinion

Bloc-notes Vieillesses, rire, et mon chat

Est-ce la photo en couleur de Jeanne Moreau jouant le rôle de Marguerite Duras dans Cet amour-là, le film de Josée Dayan qui vient de sortir en France, est-ce le souvenir d’une autre photo, celle-là en noir et blanc, de la Danoise Karen Blixen, parue dans les années soixante, visage d’une vieille dame au visage rayonnant de beauté et d’intelligence sous ses boucles impeccablement blanches ? À l’abord du troisième âge, une femme surtout pense à son apparence : rester «éternellement jeune», avec les possibilités de la chirurgie esthétique, ou laisser faire la nature ? Deux tentations également valables, entre lesquelles j’ai à peine le temps d’hésiter, tant il s’agit d’une dernière option. On attend à Beyrouth (pour quand ?) Jeanne Moreau, 73 ans, cette grande actrice qui ne le fut jamais autant peut-être qu’au théâtre dans le rôle que lui donna l’occasion de tenir le metteur en scène du Récit de la servante Zerline, pièce à un personnage où elle se dépassait entièrement. • Puissance du rire, cette libération dont des clowns ont fait une thérapie à l’adresse des enfants malades des hôpitaux, en France, avec l’assentiment de la médecine qui montre ici son aspect le plus libéral. Il existe, c’est vrai, des qualités différentes du rire, vulgaire, comme au premier degré, aristocratique et génial comme chez Raymond Devos. Quoi qu’il en soit, cette rupture de sens, cet «inattendu» qui provoque le rire est de tous les temps, de tous les pays, «propre de l’homme», quel qu’il soit. • Feuilleté, à la faveur d’un rangement de livres, le Journal de Gide et, le lendemain, celui de Virginia Woolf. Quasiment aucune ressemblance, à part de forme, entre les préoccupations de la grande romancière anglaise et celles de l’écrivain français qui eut une telle influence sur toute une génération. Peut-être, en partie, parce que l’une est douée d’un plein tempérament d’«artiste», alors que l’autre nous sature de son intelligence. Étrange besoin que celui de tout noter de ses journées, y compris l’achat de persil ou, chez Gide, les effets de son hypocondrie. Chez tous deux, anecdotique, certes, mais significative d’un temps pas si lointain, la conviction qu’à 50 ans chez l’un et 43 chez l’autre intervient la «vieillesse». Où l’on revient à la médecine et à ses progrès aujourd’hui. Au Liban même, des opérations chirurgicales majeures se font sans difficultés, alors qu’il y a vingt ans encore, on prenait l’avion pour l’Europe ou les États-Unis, le cœur battant. Au moment où les inquiétudes régionales se cristallisent de plus en plus sur la Palestine, on mesure les chances d’évolution de notre pays en temps de paix. Sur cette note optimiste, je m’apprête à rentrer voir mon chat. Amal NACCACHE
Est-ce la photo en couleur de Jeanne Moreau jouant le rôle de Marguerite Duras dans Cet amour-là, le film de Josée Dayan qui vient de sortir en France, est-ce le souvenir d’une autre photo, celle-là en noir et blanc, de la Danoise Karen Blixen, parue dans les années soixante, visage d’une vieille dame au visage rayonnant de beauté et d’intelligence sous ses boucles impeccablement blanches ? À l’abord du troisième âge, une femme surtout pense à son apparence : rester «éternellement jeune», avec les possibilités de la chirurgie esthétique, ou laisser faire la nature ? Deux tentations également valables, entre lesquelles j’ai à peine le temps d’hésiter, tant il s’agit d’une dernière option. On attend à Beyrouth (pour quand ?) Jeanne Moreau, 73 ans, cette grande actrice qui ne le fut jamais autant...