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Les fermes de Chebaa, un territoire syrien occupé, affirme le délégué d’Annan Harb souligne les dangers que court le Liban

14/01/2002
Jusqu’à hier soir, Beyrouth n’avait pas réagi aux propos du coordonnateur spécial de l’Onu pour le Proche-Orient, Terjé Roed-Larsen, sur l’appartenance des hameaux de Chebaa – revendiqués par le Liban – à la Syrie. De sources officielles, on s’est contenté de démentir des informations de presse selon lesquelles le responsable onusien aurait déclaré devant les dirigeants libanais que «la résistance nationale au Liban n’a aucune légitimité pour qu’on la distingue du terrorisme». Pas un mot cependant sur la déclaration de M. Roed-Larsen sur Chebaa et qui pourrait être lourde de conséquences pour le Liban, comme l’a relevé, samedi, M. Boutros Harb, député de Batroun. «Le Conseil de sécurité avait statué sur l’appartenance des hameaux de Chebaa à la Syrie et non au Liban. Ce n’est pas une position personnelle. L’Onu a décidé que les fermes étaient des territoires syriens occupés – c’est la Fnuod qui est en charge de ce secteur – et tous ceux qui respectent la légalité internationale ne peuvent pas contredire ce fait», avait déclaré vendredi M. Roed-Larsen, au cours d’une visite de quarante-huit heures au Liban, où ses entretiens avaient principalement porté sur le plan visant à réduire encore les effectifs de la Finul, décidé après le retrait israélien du sud du pays, en mai 2000. Il n’a pas dit que les opérations du Hezbollah dans cette région sont illégales, mais c’est ce que ses propos sous-entendent et c’est ce point que M. Harb a principalement relevé dans sa déclaration, tout en prenant à partie violemment l’État libanais. «La prise de position de l’Onu selon laquelle les fermes de Chebaa ne sont pas libanaises signifie, en pratique, que toute opération militaire dans ce secteur, menée par la Résistance libanaise, est considérée comme étant une attaque contre Israël et non pas comme un acte de résistance, du moment que les opérations de résistance émanent d’un peuple qui souhaite libérer son territoire et non pas le territoire d’un autre», a affirmé M. Harb. Il a souligné que ce problème ne se serait pas posé si les autorités libanaises avaient suivi les conseils de tous ceux qui les invitaient à trancher avec la Syrie la question du tracé des frontières. «Nous avions à plusieurs reprises attiré l’attention du gouvernement sur la nécessité de signer avec le gouvernement syrien un procès-verbal sur le tracé des frontières libano-syriennes, notamment à Chebaa, pour confirmer l’appartenance des hameaux de cette région au Liban et pour montrer que ces villages se situent dans le secteur couvert par la résolution 425 de l’Onu. Nous avions aussi demandé qu’une copie de ce procès-verbal soit remise à l’Onu, mais les autorités se sont toujours soustraites à cette responsabilité pour des raisons injustifiées, comme le fait de prétendre qu’un tracé des frontières commande une présence sur le terrain, qui, dans le cas de Chebaa, s’avère être un terrain occupé. Il faut dire que cette explication ne tient pas en raison des nouvelles technologies modernes qui permettent de tracer des frontières par le biais des satellites», a ajouté le député, qui a de nouveau invité le gouvernement à régler une fois pour toutes avec la Syrie, carte à l’appui, l’affaire de Chebaa, en mettant en garde contre les conséquences de tout laisser-aller à ce niveau. «Si ce procès-verbal n’est pas signé, le sort des hameaux de Chebaa sera lié au dossier palestinien et à son règlement général, sans compter les dangers qui menaceront immanquablement le Liban, en cas de poursuite des opérations de résistance dans cette région et en cas de conflit à ce sujet avec les Nations unies», a-t-il dit avant de juger que «le Liban n’est pas en mesure de supporter une telle situation en raison des circonstances difficiles et de la crise qu’il traverse». Appel à la démission du gouvernement Et d’enchaîner : «En tout état de cause, c’est le gouvernement qui assume la responsabilité de cette situation», avant de critiquer violemment l’Exécutif, appelant à la démission de l’équipe Hariri. «Ce gouvernement, a-t-il déclaré, a été incapable de résoudre les problèmes qui se posent au pays, à commencer par celui de l’électricité, en passant par le dossier des nominations et de la crise socio-économique sans oublier les dangers qui menacent d’effondrement l’économie nationale, au moment où les pôles du pouvoir se distraient avec leurs conflits futiles qui n’ont rien à voir avec les besoins et les problèmes de la population». M. Harb a en outre vivement reproché à l’équipe Hariri de n’avoir pas réussi à préserver les libertés et jugé impératif un changement de la mentalité et du style d’action des dirigeants «pour que les Libanais puissent de nouveau avoir confiance» en eux. «Le règlement de la crise économique et sociale commande le recours à des mesures pénibles que la population ne pourra accepter que si elle est persuadée que ceux qui les imposeront servent l’intérêt du pays et du citoyen et non pas celui des pôles influents dans le but de consacrer leur autorité et leurs richesses au détriment du peuple». Pour en revenir à la visite de M. Roed-Larsen au Liban, M. Nasser Kandil, député de Beyrouth, a estimé en susbtance que son objectif est de négocier un projet de retrait israélien des hameaux de Chebaa, en contrepartie de la suspension des opérations de résistance dans ce secteur. M. Kandil a tenu ces propos lors d’un meeting oratoire au cours duquel il représentait le président de la Chambre, Nabih Berry, à Kabrikha. M. Roed-Larsen, qui a conféré vendredi avec M. Berry ainsi qu’avec les chefs de l’État et du gouvernement, le général Émile Lahoud et M. Rafic Hariri, s’est rendu samedi à Naqoura où il s’est entretenu avec le commandant de la Finul, le général Lalit Mohan Tewari, et les officiers supérieurs de la force intérimaire de paix, de la nature de sa mission et de la réduction de ses effectifs. Rappelons que le mandat de la Finul doit être prorogé à la fin de ce mois et que la prolongation est décidée par le Conseil de sécurité sur base d’une recommandation en ce sens du secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan.

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