Banque La Société Générale mise en cause dans une affaire de blanchiment
le 11 janvier 2002 à 00h00
La Société Générale est directement mise en cause par la justice dans une affaire de blanchiment instruite à Paris dans laquelle d’autres établissements bancaires français de moindre importance tels que la Bred ou la SMC font déjà l’objet de poursuites judiciaires. Après la mise en examen fin décembre de son responsable de la lutte contre le blanchiment et du chef du service central de traitement et de compensation des chèques, c’est le responsable des opérations internationales qui a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire mercredi soir. Le directeur des «affaires contentieuses», qui avait été placé en garde à vue lundi, a pour sa part été entendu comme témoin assisté et n’a pas été mis en examen. Plusieurs autres cadres, notamment des membres du comité de direction du groupe, étaient toujours en garde à vue jeudi. Plusieurs perquisitions ont par ailleurs été effectuées au cours des dernières semaines au siège de la banque, à La Défense (Hauts-de-Seine). «Ni la Société Générale ni ses collaborateurs n’ont sciemment ou intentionnellement participé à une quelconque opération de blanchiment», a réagi hier la banque, soulignant qu’elle renouvelait «toute sa confiance aux personnes mises en cause». La banque est soupçonnée d’avoir participé à un circuit de blanchiment en ne procédant pas à des contrôles préalables avant de traiter des chèques présentés par des banques étrangères pour encaissement auprès des banques françaises. Plus de 80 personnes sont poursuivies dans cette enquête sur ce vaste réseau de blanchiment entre la France et Israël, fonctionnant essentiellement par le biais d’associations juives. Plusieurs rabbins ont été mis en examen, et certains placés en détention provisoire. Interrogé hier matin sur Radio Classique, le président de la Société Générale, Daniel Bouton, a estimé que les enquêteurs mettaient en cause «la fonction des banques en tant que gare de triage». «À un moment donné, les chèques reviennent de l’étranger chez nous afin d’être débités en France sur les comptes de la banque du client final. Je crois que ce que nous disent les enquêteurs, c’est que notre fonction dans la gare de triage devrait être de vérifier y compris les wagons», a expliqué M. Bouton. «Les banquiers ne sont pas en mesure de faire un travail d’investigation tel que celui qui a été fait par les magistrats et les policiers pendant trois ans», estimait pour sa part Pierre-François Veil, avocat de la filiale française de la banque israélienne Leumi, dont le directeur général a été mis en examen mercredi. Lors des premières mises en examen d’établissements bancaires, fin 2000, l’Association française des banques (AFB) avait de son côté fait valoir que les banques n’avaient pas les moyens, en terme de délais comme de coûts, de contrôler systématiquement les 5 milliards de chèques traités annuellement en France.
La Société Générale est directement mise en cause par la justice dans une affaire de blanchiment instruite à Paris dans laquelle d’autres établissements bancaires français de moindre importance tels que la Bred ou la SMC font déjà l’objet de poursuites judiciaires. Après la mise en examen fin décembre de son responsable de la lutte contre le blanchiment et du chef du service central de traitement et de compensation des chèques, c’est le responsable des opérations internationales qui a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire mercredi soir. Le directeur des «affaires contentieuses», qui avait été placé en garde à vue lundi, a pour sa part été entendu comme témoin assisté et n’a pas été mis en examen. Plusieurs autres cadres, notamment des membres du comité de direction du groupe, étaient...
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