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La saga qui a révolutionné les échanges musicaux

En l’espace de quelques mois, ce qui n’était au départ qu’un simple site personnel va révolutionner le marché de la distribution musicale. Retour sur un des grands phénomènes de la jeune histoire de l’Internet. Septembre 1998 : Shawn Fanning, un étudiant américain de 18 ans de l’université Nord-Est de Boston (Massachussets), décide de créer un logiciel afin d’échanger des fichiers MP3 sur le Net avec des amis. Pour concevoir ce logiciel, qui reprend les grands principes du moteur de recherche, Shawn Fanning va bénéficier de l’aide de Sean Parker et de Jordan Ritter, deux autres étudiants qu’il a rencontrés via IRC (Internet Relay Chat). Avec l’appui de son oncle, John Fanning, Shawn Fanning finalise, un an plus tard, son logiciel. Pour le tester, il décide de l’installer sur un serveur et de le distribuer confidentiellement à une trentaine d’internautes rencontrés sur des «chat rooms». Les premiers testeurs, sous le charme, divulguent l’existence du logiciel à des amis. En une semaine, le logiciel est téléchargé par 15 000 internautes. Parallèlement, John Fanning réussit à lever 2 millions de dollars auprès de plusieurs «business angels» dont Joe Kraus, le fondateur d’Excite. Dopés par le nombre de téléchargements effectués sur le logiciel, Shawn Fanning et Sean Parker partent alors pour la Californie. Ils y fondent la société Napster, nom du pseudonyme IRC de Shawn Fanning. Eileen Richardson, qui bénéficie de dix années d’expérience dans le capital-risque, devient présidente de la société. Fin 1999, Napster est proposé en téléchargement sur la plupart des grands portails américains et se propage à grande vitesse parmi les internautes. Alors que la société tente de trouver un terrain d’entente avec les maisons de disques, la RIAA (Recording Industry Association of America) décide de porter plainte contre Napster pour violation sur les droits d’auteur. Le feuilleton juridique À ce stade, Napster compte jusqu’à 700 000 utilisateurs simultanés. Le rappeur Dr Dre et le groupe Metallica décident de porter directement plainte contre la société pour piratage. Les producteurs de Metallica déposent au siège de Napster une liste de 317 377 utilisateurs qui ont téléchargé illégalement un ou plusieurs morceaux du groupe. Metallica souhaite que ces utilisateurs soient interdits de séjour sur Napster. Dr Dre fournira de son côté une liste de 935 500 utilisateurs. Le procès aura donc lieu. Pour s’y préparer, Hank Barry devient le nouveau président de la société. Ce juriste de formation a été nommé par Hummer Winblad, un fonds de capital-risque qui injecte 13 millions de dollars dans Napster. En juillet 2000, Napster compte 23 millions d’utilisateurs inscrits dans le monde. Dans une première injonction contre la société, la juge Marilyn Hall Patel ordonne alors la fermeture du service sous trois jours en attendant l’ouverture du procès avec la RIAA. Napster fait appel. La cour suspend la décision de fermeture. Deux mois plus tard, le département de la Justice du gouvernement fédéral soutient la procédure juridique lancée par la RIAA. La cour d’appel maintient la suspension concernant la fermeture de Napster en attendant que le procès ait lieu. Dans le même temps, sous la pression de l’avocat du rappeur Dr Dre et du groupe Metallica, un tiers des universités et des écoles américaines ont interdit l’utilisation de Napster par les étudiants. Après avoir signé fin octobre un accord de licence avec Bertelsmann Music Group (BMG), Napster confirme, un mois plus tard, que la major allemande a pris le contrôle de son capital. Pour 50 millions de dollars, BMG détient désormais 58% de Napster. Avec ce montant, le groupe allemand souhaite que Napster développe une version sécurisée de son système de distribution musicale. Une histoire de filtre Malgré les actions de Bertelsmann pour trouver un terrain d’entente avec les autres majors, la cour d’appel de San Francisco confirme l’activité illégale de Napster et la nécessaire fermeture des serveurs. Mais l’avocat de Napster, David Boies, joue sa botte secrète en pleine audition devant le tribunal : le déploiement immédiat d’un filtre antipiratage empêchant la circulation des morceaux sous le coup de droits d’auteur. Néanmoins, la première version du filtre, plutôt rudimentaire, peut être contournée en faisant des fautes d’orthographe volontaires sur le nom des artistes. Napster prend une nouvelle fois à contre-pied la RIAA et demande alors aux maisons de disques de lui fournir la liste des artistes et des chansons à bloquer. Peu à peu le filtrage fait malgré tout son effet : à la fin du mois de mars 2001, selon Webnoize, le nombre de fichiers de musique disponibles sur Napster a diminué de 60%. Les 51 millions d’utilisateurs de Napster commencent à migrer vers d’autres systèmes d’échange de fichiers MP3. En juin 2001, Napster décide finalement de fermer son service afin de mettre en place un nouveau système de filtrage. Bertelsmann, qui apporte 50 millions de dollars supplémentaires à la société, en profite pour dévoiler ce que sera le nouveau service de musique en ligne. Napster doit passer sous modèle payant pour un tarif compris, selon la formule, entre 3 et 10 dollars par mois.
En l’espace de quelques mois, ce qui n’était au départ qu’un simple site personnel va révolutionner le marché de la distribution musicale. Retour sur un des grands phénomènes de la jeune histoire de l’Internet. Septembre 1998 : Shawn Fanning, un étudiant américain de 18 ans de l’université Nord-Est de Boston (Massachussets), décide de créer un logiciel afin d’échanger des fichiers MP3 sur le Net avec des amis. Pour concevoir ce logiciel, qui reprend les grands principes du moteur de recherche, Shawn Fanning va bénéficier de l’aide de Sean Parker et de Jordan Ritter, deux autres étudiants qu’il a rencontrés via IRC (Internet Relay Chat). Avec l’appui de son oncle, John Fanning, Shawn Fanning finalise, un an plus tard, son logiciel. Pour le tester, il décide de l’installer sur un serveur et de le...