L’homme d’affaires franco-libanais Iskandar Safa va porter plainte en diffamation, a annoncé hier à Beyrouth son avocat. «Nous avons deux chefs d’accusation contre notre client : l’un pour détournement de fonds, l’autre pour trafic d’influence. Nous allons porter plainte en diffamation en France sur ces deux points», a déclaré Me Maroun Haddad. «Je vous affirme que M. Safa n’a eu vent d’aucune rançon payée par le gouvernement français ou par qui que ce soit d’autre et que M. Safa n’a notamment pas acheté sa nationalité française en 1999 en usant de trafic d’influence», a ajouté l’avocat. Pour Me Haddad, «le calendrier de cette affaire est intrigant». «La note de la Direction de la surveillance du territoire (DST, contre-espionnage français) mettant en cause mon client est de janvier 2001 et l’instruction a été ouverte en juin. Or, M. Safa a séjourné en permanence à Paris de juin au 8 décembre, et personne, curieusement, ne l’a interrogé», observe l’avocat. «Alors que M. Safa est parti négocier un contrat vital pour son groupe dans le Golfe, on lui téléphone de son bureau en France pour lui dire que la Brigade financière, agissant sur commission rogatoire, veut lui parler», poursuit Me Haddad. «Le 11 décembre, il téléphone du Golfe à la Brigade financière, qui lui demande de rentrer le jour même. Il demande alors à son avocat français d’aller voir la juge Isabelle Prévost-Desprez pour lui dire que son client s’engage à venir. Or, c’est par la presse française que nous apprenons le 28 décembre qu’un mandat d’arrêt international a été lancé contre lui», a-t-il dit. «Tout cela nous fait craindre pour la sérénité de l’enquête et que M. Safa, au lieu d’être remercié pour avoir contribué à la libération des otages à l’époque, ne devienne lui-même l’otage d’une affaire de politique intérieure ou électorale qui ne le concerne pas», ajoute Me Haddad. «C’est une honte de diffamer quelqu’un qui n’a pas nui aux intérêts de la France, au contraire», a affirmé l’avocat, soulignant qu’«outre son rôle dans la libération des otages en 1988, M. Safa est un chef d’entreprise qui a un millier d’employés en France». M. Safa, 46 ans, est à la tête d’un groupe dont le chiffre d’affaires est supérieur à 200 millions d’euros. En 1993, il a racheté les Chantiers navals de Normandie (CNM) et vendu depuis des corvettes à Koweït et à Oman et il est en train de négocier un contrat du même type avec les Émirats arabes unis (EAU), d’où ses allers-retours entre Beyrouth et Abou Dhabi, a indiqué son avocat. Iskandar Safa a rencontré la semaine dernière le procureur général de la République libanaise Adnan Addoum pour lui indiquer «qu’il ne fuyait pas et qu’il était “à sa disposition”», a précisé Me Haddad.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’homme d’affaires franco-libanais Iskandar Safa va porter plainte en diffamation, a annoncé hier à Beyrouth son avocat. «Nous avons deux chefs d’accusation contre notre client : l’un pour détournement de fonds, l’autre pour trafic d’influence. Nous allons porter plainte en diffamation en France sur ces deux points», a déclaré Me Maroun Haddad. «Je vous affirme que M. Safa n’a eu vent d’aucune rançon payée par le gouvernement français ou par qui que ce soit d’autre et que M. Safa n’a notamment pas acheté sa nationalité française en 1999 en usant de trafic d’influence», a ajouté l’avocat. Pour Me Haddad, «le calendrier de cette affaire est intrigant». «La note de la Direction de la surveillance du territoire (DST, contre-espionnage français) mettant en cause mon client est de janvier 2001 et...