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Actualités - Chronologies

La difficile mission des forces de sécurité palestiniennes

Symbole d’indépendance nationale pour les uns, force de collaboration avec Israël pour les autres : les services de sécurité palestiniens suscitent des sentiments partagés au sein de sa population. «La police fait partie de nous, elle fait partie de notre peuple». Raji Surani, directeur du Centre palestinien pour les droits de l’homme, explique ainsi le soutien populaire dont bénéficient les responsables de la sécurité. Dans le même temps, d’autres estiment qu’elle «est aux ordres des Israéliens» à l’instar de l’Armée du Liban-Sud (ALS), estime Husam Khader, député palestinien en Cisjordanie. Les forces du président palestinien Yasser Arafat sont en première ligne depuis le début de cette intifada, tantôt chargées de mener une politique répressive contre les auteurs d’attentats anti-israéliens, tantôt bombardées par l’armée israélienne qui l’accuse de prendre part à certaines attaques. Un sondage publié jeudi dernier montrait que 76 % des Palestiniens étaient opposés à l’arrestation d’extrémistes. Un officier de haut rang, qui a requis l’anonymat, confie néanmoins que la population soutient davantage les forces de sécurité qu’au début de l’intifada, notamment dans sa lutte contre les groupes islamistes. Ce changement est survenu après les raids israéliens dans les territoires en représailles aux attentats suicide anti-israéliens commis par le mouvement islamiste Hamas début décembre. Sous la pression cumulée d’Israël et de la communauté internationale, Yasser Arafat a lancé un appel au cessez-le-feu le 16 décembre et expliqué à sa population que ces attentats donnaient à Israël un prétexte pour les attaquer. «Avant, les gens croyaient que nous étions contre la résistance, indique l’officier palestinien. Après les bombardements, ils ont accepté nos décisions». Plus de 200 activistes de l’opposition palestinienne, principalement des membres des mouvements islamistes, ont été incarcérés depuis l’appel au cessez-le-feu de M. Arafat. Il s’agit des premières mesures répressives de l’Autorité palestinienne depuis le début de l’intifada, en septembre 2000, et les plus musclées depuis 1996. Les forces de sécurité palestiniennes avaient alors lancé une campagne contre les mouvements islamistes, après une vague d’attentats-suicide en Israël. Outre les militants islamistes, la police a également interpellé huit membres des forces de sécurité, accusés d’avoir commis des attaques contre des colons israéliens, a indiqué l’officier. Mais pour l’analyste politique Ghassan Khatib, l’image de la police palestinienne reste relativement négative. «Pour la population, les forces de sécurité sont l’émanation d’un accord très largement impopulaire», explique-t-il, en faisant allusion aux accords d’Oslo, signés en 1993, sur l’autonomie des territoires palestiniens, qui n’ont pas abouti à la création d’un État palestinien comme ils le prévoyaient. Ces accords prévoyaient la création d’une autorité sécuritaire palestinienne divisée en cinq branches : une police civile, un service de renseignement, une défense civile, une sécurité préventive et des forces de sécurité nationale. Les forces de la sécurité nationale rassemblent la police des frontières, la marine, la police militaire, les renseignements militaires, la police des douanes et la garde personnelle de M. Arafat, la Force 17. Or, la multiplication de ces départements, directement contrôlés par M. Arafat, mène souvent à la cacophonie lors des réunions hebdomadaires au haut conseil de sécurité. «Il n’y a pas de coopération ni de coordination. Tout le monde veut être un héros et ça influe sur le travail. Il devrait n’y avoir qu’une seule police et qu’une seule division de la sécurité nationale qui, un jour, deviendra l’armée», a estimé un responsable de la sécurité, parlant sous couvert d’anonymat.
Symbole d’indépendance nationale pour les uns, force de collaboration avec Israël pour les autres : les services de sécurité palestiniens suscitent des sentiments partagés au sein de sa population. «La police fait partie de nous, elle fait partie de notre peuple». Raji Surani, directeur du Centre palestinien pour les droits de l’homme, explique ainsi le soutien populaire dont bénéficient les responsables de la sécurité. Dans le même temps, d’autres estiment qu’elle «est aux ordres des Israéliens» à l’instar de l’Armée du Liban-Sud (ALS), estime Husam Khader, député palestinien en Cisjordanie. Les forces du président palestinien Yasser Arafat sont en première ligne depuis le début de cette intifada, tantôt chargées de mener une politique répressive contre les auteurs d’attentats anti-israéliens,...